Arch. nat. F
2. Arch. Ard. L 554. Perbost abdique le 21 frimaire an 2et livre ses lettres de prêtrise, le 7 pluviôse suivant, en annonçant qu’il va se marier.
3. Lettre apologétiques p. 13, note. « Lorsque le métier ne valut plus rien, il prit une femme et, quand la femme lui eut donné des enfants, il prétendit qu'il était très inutile de les faire baptiser ».
4. Lettre de Mgr. l'evêque de Vivers à MM. les curés, vicaires et autres fonctionnaires publics... impr. 14 p.in-8 s. L. n. d. avant propos. Fonds Vivarois.
tent un effort de conciliation pour ramener la paix et la bonne harmonie entre les citoyens. Dès le mois d'octobre, les habitants de Prades demandent au Tanargue l'autorisation de faire célébrer, dimanches et fêtes, une « messe privée », en dehors de l'église paroissiale, dans la chapelle du Calvaire. Ils possèdent des ornements et des vases sacrés, ils auront leur aumônier particulier et exerceront leur culte sans troubler le ministère du curé constitutionnel. Le district, le 1° novembre, « considérant que nul ne peut être inquiété pour ses opinions religieuses, » accueille favorablement leur requête, tout en exigeant la suppression de toute sonnerie de cloches. Ce libéralisme n’est pas du goût de la municipalité qui s'oppose à l'exécution de l'arrêté, ni du curé instrus qui en appelleau département. Il soutient que, si les protestants sont en droit de se prévaloir de la liberté, pour organiser leur culte à leur guise, les catholiques ne sauraient prétendre aux mêmes facilités. !
Le directoire hésitait à trancher la difficulté lorsque les catholiques d'Annonay, dans une longue pétition appuyée de plusieurs centaines de signatures, portèrent officiellement la question devant l'assemblée administrative. Ils réclament l'usage d’un édifice particulier réservé à leur culte, avec une inscription qui en indiquera la destination. Les prêtres non-conformistes seront autorisés à &y exercer librement toutes les fonctions de leur communion », comme la célébration des divers offices, la prédication de la parole de Dieu et l'administration publique de tous les sacrements. Les signataires s'engagent à « veiller avec soin à ce qu'il n'y ait rien dans leurs dis-. cours qui contienne des provocations directes contre la constitution et, er particulier, contre la Constitution civile du clergé ». Pour éviter toute contestation, ils offrent « d'acquérir à leurs frais un cimetière spécial hors de la ville. » ?
Ce premier essai de séparation de l'Eglise et de l'Etat ne pouvait que recueillir l'adhésion des esprits pondérés des deux partis, des patriotes, qui entendent conserver les bénéfices de la Révolution sans violenter les consciences, et des catholiques, qui plaçaient les intérêts vitaux de la religion au-dessus des contingences politiques. Si l'organisation prévue n'était pas l'idéal, elle pouvait, du moins, par ses résultats, préparer la voie à une large tolérance. À tout prendre, c'était un compromis qui, par des concessions réciproques, per-
1. Fonds Mazon. Chr. 13, cf) Pétition des habitants de Prades. 2. Arch. Ardèche L 107, pétition d’Annonay citée dans le procès-verbal de: l'assemblée administrative du 2 décembre 1791.
mettait de ménager les susceptibilités dés partisans et des adversaires de la Constitution civile du clergé. Le discours modéré de Boissy d'Anglas, le 16 novembre 1791,! qui distingue entre le prêtre qui n'est que prêtre et lui reconnait le droit de refuser un serment qui répugne à sa conscience et le prêtre fonctionnaire publie qui doit se soumettre à la loi, avait encouragé les pétitionnaires et peut-être décidé de leur intervention.
De graves objections, néanmoins, étaient à prévoir de la part des intransigeants. Beaucoup de catholiques, qui étaient persuadés que ce régime de violence et d'oppression touchait à sa fin, auraient vu avec peine et dépit un moyen d'arrondirles angles et d’atténuer les occasions de froissement et de mécontentement, Ils auraient craint que ce geste de conciliation n'habituât les esprits au schisme et ne fût interprêté comme une approbation déguisée de la confiscation des biens de l'Église etune acceptation tacite d’une loi injuste. Il n'est pas douteux que les partisans du pire, plus où moins compromis avec les aristocrateset les contre-révolutionnaires, n'eussent combattu avec la dernière énergie cette tentative de pacification.
Ils n'eurent pas à le faire, car la plupart des clubs et des patriotes exaltés, bien convaincus, eux aussi, du droit absolu du pouvoir civil de légiférer dans tous les domaines, étaient plus hostiles encore que leurs adversaires à une mesure qui, à leurs yeux, consacrait l'échec de la Constitution civile du clergé. Se croyant certains de la capitulation prochaine des réfractaires, ils ne voulaient pas leur ménager une occasion de succès et de triomphe. Mieux valait imposer la loi par la force et briser toute résistance.
Tel était l’état d'esprit lorsque, le 1° décembre 1791, Gacou, ancien maire d'Annonay, se présenta à Privas, ? pour soutenir la pétition de ses concitovens. S'il rencontra un accueil bienveillant de la part du directoire, il ne put décider le conseil général du département à entrer dans ses vues et à accorder l'autorisation demandée. Les administrateurs, malgré l'avis favorable du Mézenc, craignant d’outre passer leurs droits, n'osèrent pas érigeren principe cette liberté des cultes que l'administration tolérait en fait. *
Quelques jours plus tard, ils durent se féliciter de leur réserve et de leur prudence, en lisant dans les journaux le compte rendu des