‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 192 sur 396 · Ibidem.... Séance du 2 décembre · texte numérisé non relu

Ibidem.... Séance du 2 décembre

discussions du 29 novembre à l’Assemblée nationale. Sous couleur de préciser le mode d'application d’un décret explicatif de la loi du 7 mai 1791,! l'Assemblée venait d'enlever purement et simplement aux réfractaires le droit de se prévaloir de toutes les dispositions libérales qu'elle contenait.

Les Annonéens reviennent néanmoins à la charge et, sur le refus du maire de leur louer une église, ils s'adressent, le 20 janvier 1792, au ministre de l’intérieur. Mais la municipalité, malgré la réponse conciliante du ministre, ? refusa de revenir sur sa décision et fit avorter ce projet d'organisation légale d’une Eglise libre.

Cet échec toutefois, s’il entrave les intentions pacifiques des modérés, n’entraîne pas un changement d’attitude à l'égard des non- -conformistes. Devant le manque de sujets pour les remplacer, le directoire du département ne demande qu’à les ignorer. Même lorsque leur insoumission est flagrante, il n'intervient, durant l'hiver 1792, pour leur interdire toutes fonctions curiales, qu'en cas de dénonciation ou de plaintes formelles de la part des municipalités.

Avec le printemps cependant, cette juxtaposition des deux culles rivaux provoque de nouveaux soubresauts dans quelques centres plus importants. Sous l'influence des clubs et des journaux, les patriotes deviennent de plus en plus soupçonneux et agressifs. A Annonay, les meneurs de la société populaire rééditent et répandent dans le public les pamphlets les plus virulents contre les réfractaires. Au mois de mars, *? avec l'appui d'un petit groupe d'étrangers et de protestants, ils fondent un journal local, «le Babillard », qui s’évertue à imiter le langage et à reproduire les arguments de l’Ami du peuple de Marat. Il ne vit que quelques semaines, mais il mêne une Campagne acharnée contre Léorat Picansel et ses partisans. Chassés de l’église paroissiale, le curé réfractaire et ses vicaires ont conservé, jusqu'alors, l'usage des oratoires des diverses confréries et les chapelles des religieuses. Les fidèles assistent en masse à leurs offices, pendant que les cérémonies de l'intrus sont de plus en plus désertées.

Cette constatation met en rage le Babillard qui poursuit, de ses sarcasmes, ces prêtres qui € profitent de la stupidité du peuple

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