‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 193 sur 396 · Réimpr. du Moniteur T. {0 p · texte numérisé non relu

Réimpr. du Moniteur T. {0 p

2. Lettre des citoyens d'Annonay au ministre, le 20 janvier 1792, et réponse du ministre au directoire du département, le 4 février, Arch. nat. F 19 408.

3. Lettre de la municipalité d’Annonay du 12 mai 1792. Arch. nat. F19 403.

4. Journal d'Annonay ou le Babillard, mars-mai 1792. Bibl. d’'Annonay.

pour le museler et tourner sa force contre lui-même ». ! Chaque numéro est rempli d'attaques grossières contre les religieuses et de menaces de représailles contre les dévotes et les réfractaires. Ces. polémiques passionnées ne tardent pas à porter leurs fruits. Des bagarres violentes éclatent le dimanche des Rameaux. Des « picansellistes » sont insultés et malmenés pour avoir refusé de s’associer à la procession de l'intrus. ? Le maire profite deces incidents pour supprimer les processions particulières. Il interdit l’église « de Ste Marie » au public, défend aux non-conformistes l'accès de tous les oratoires des confréries et les contraint à la clandestinité du culte. * Mis en goût par ce succès, quelques exaltés, assistés de gardes nationaux, se rendent, le 10 juin 1792, à Boulieu et, malgré les protestations de la population et l'opposition de la municipalité, ferment la chapelle des Ursulines.

A Tournon, on accuse les insermentés d’avoir fait mourir une malade dans les convulsions par les craintes qu'ils lui ont inspirées. La municipalité dément le fait, mais l'impression était produite ÿ. Au coliège, constitutionnels et réfractaires sont aux prises.ô Les uns et Jes autres se sont ménagés un parti parmi les élèves, au grand dommage de la discipline et du travail. 7 A Largentière, le corps municipal demande le remplacement, avant Pâques, des deux vicaires insermentés, si on veut éviter une insurrection. 5 À Villeneuve-de-Berg, l'abbé Delent, qui a rétracté son serment, est insulté dans l’église par les patriotes et, comme les officiers municipaux veulent prendre sa défense, il y a une véritable émeute qui aboutit à un massacre. * À Antraigues, une religieuse est fouettée et son mobilier saccagé, pour avoir détourné les fidèles d'assister à la messe du vicaire constitutionnel. 10

Cette effervescence oblige beaucoup de réfractaires à abandonner leurs paroisses, à se cacher ou à transférer l'exercice du culte

Page 1