Arch. Ardèche L537. Réponse de Roland le 21 avril
3. Arch. nat. F Ib II Ardèche 1 et arch. Ard. L 123; procès-verbal du directoire du 17 février 1792.
pénible. ! La ville de Bourg-St-Andéol, à son tour, se croit en droit «le désigner elle-même les professeurs de son collège, sans en référer au directoire. ?
Toutefois, ce n'est pas par excès de zèle que pèchent en général les municipalités, au moins dans les campagnes. Devant le nom-
bre toujours croissant des obligations qu'on leur impose et la masse des renseignements qu'on leur réclame sans cesse, elles ont une lendance de plus en plus marquée à se réfugier dans une absolue passivité. La plupart laissent s’'accumuler sans réponse les lettres du département et du district. Elles ne daignent même pas envoyer la moindre note sur les désastres causés sur leur territoire par la grèle, les innondations et autres intempéries, et le directoire se plaint amèrement de ne pouvoir dresser un état général des dommeges, condition cependant indispensable pour obtenir des secours. |
Le Cheylard est la seule ville qui fasse connaître au directoire le chiffre des revenus de son hôpital. Beaucoup de cantons ne prennent même pas la peine de retirer el d'utiliser les fonds qui leur sont alloués pour les ateliers de charité. 5 Le 19 janvier 1792, le procureur général syndic constate que les églises el Jcs presbylères se dégradent et tombent en ruines, sans qu'il soit possible d'y porter remède, par la coupable négligence des paroisses qui ne fournissent ni renseignements, ni dossiers. Si quelques unes se sont laissé intimider par les rappels à l'ordre, elles ont établi des états si manifestement iriéguliers et infidèles que fout le travail est à recommencer. En désespoir de cause, le département nomme des commissaires en enjoignant aux corps municipaux de leur fournir tous les éclaircissements utiles. 7
1. Arch. Ard. L 570. Protestation du Coiron le 6 novembre 1791 et L £60, protestation‘du Tanargue : a Ç .!:, 2: Le d'rectoire, pour maintenir ses droits, casse la nomination faite par Bourg-St-Andéol, mais désigne ensuite le même professeur. Arch. Ard: L 124, procès-verbal du 5 juin 1792. Il sanctionne cependant la nomination faite par la municipalité de Tournon du principal et du préfet du collège. Compte-rendu du directoire à l’assemb'ée administrative, 5 décembre Î 192 Arch Ard. L 109. : 7 3) Arch. Ard. L 283. Plaintes multiples du directoire du département à celuidu Mézenc. e 4 cn : 4) Discours de Boissy d’Anglas le 16 novembre 1791, p. o1. cf.) aussi les lettres du 2 et 16 novembre de Boissy d'Anglas au Mézenc. Arch. Ard:. L<83.. «Le directoire prit un arrêté, le 21 janvier dernier, pour obliger les collecteurs de 1789 et 1790 et les ci-devant officiers municipaux à rendre leurs comptes. Cet arrêté n’a eu azcun succès. » Arch. ard. L109. Compte-rendu du 6 décembre 1792.
5) Discours de Boissy d'Anglas p. 45,
6)-Ibidem. p: 34. ; és :
7) Arch. Ard. L123. Procès-verbal du directoire du 19 janvier 1792.
Beaucoup plus grave est le conflit qui met aux prises l'assemblée départementale et le directoire du Tanargue. C'est un des épisodes les plus significatifs de lalutte,sourde mais tenace,qui persiste entre les deux partis irréconciliables. L'administration de ce district a peu de sympathies pour les idées nouvelles. Presque toas ses membres ont trempé dans les affaires de Jalès. Habiles, prudents et retors, ils savent profiter de leur ascendant et de leur autorité sur les paysans, pour conirecarrer en sous-main l'application des. décrets et ruiner l'influence des patriotes. Tout en évitantavec soin de se compromettre, ils favorisent de leur mieux l’activité des nonconformistes et ferment les yeux sur les menées des contre-révolutionnaires. Cette attitude équivoque exaspère leurs adversaires.
Depuis 18 mois, le maire de Joyeuse mène contre eux une campagne violente, passioñnée et sans répit !. Mais jusqu'alors le département, qui se défie du zèle de Dussargües, a constamment pris fait et cause pour le district. En novembre 1791, les circonstances sont plus favorables. Les élections viennent d'appeler à l’assemblée administrative une majorité de patriotes convaincus avec un procureur général syndic ardent et combattif. Le moment paraît propice pour tenter un assaut décisif contre cette forteresse aristocrate du Tanargue.
Le premier signe d'hostilité fut la décision de l'assemblée départementale de casser l'élection de Durand pour faire entrer au directoire Gimbert, premier suppléant ?. Mais, à elle seule, cette mesure était insuffisante. La majorité * restait entachée d'’aristocratie et l’âme de la résistance était Bournet, le procureur syndic du district. Profitant de ce que l'administration du Tanargue, peu au courant des affaires, débordée par la multitude de ses obligations. et d’ailleurs peu soucieuse de la légalité, s'était laissé entraîner à de graves négligences, le département, le 25 novembre, vote à l’improviste une enquête sur sa gestion et la confie à deux ennemis de Bournet, Chabal et Daizac #.
Le procès-verbal souligne un certain nombre d'irrégularités. d'ordre administratif : écritures mal tenues, registre de correspon-
1. Fonds Mazon F.12. Cf. Délibérations municipales de septembre et octobre 1790 et février 1791.
re Ard. L 107. Séance du 24 novembre 1791.
3 Le directoire comprenait encore trois membres hostiles aux patriotes contre deux qui leur étaient favorables : Thoulouze et Gimbert.
4. Les frais des deux commissaires sont arrêtés le 4 décembre 1791 à 1241. 9s.
dance incomplet, omission de. signatures au bas des actes de vente des biens nationaux, retard dans les poursuites de folle enchère contre les acquéreurs qui n'avaient pas opéré leurs premiers versements, et manque de zèle et de fermeté dans le recouvrement de la - contribution patriotique aussi bien que des autres impôts. Au fond, ce n'était là que peccadilles qui étaient la monnaie courante de la plupart des administrations improvisées de l'époque. Mais l'enquête met en relief d'autres griefs, plus impardonnables aux yeux des patriotes. Les prêtres constitutionnels ne trouvent pas, auprès du directoire, le soutien et les encouragements qu'ils sont en droit d'atiendre et les municipalités ne recoivent pas les décrets de l’Assemblée nationale. L'honorabilité même de Bournet et de Sauveplane est mise en cause. Les comimissaires les accusent d’avoir détourné ou laissé égarer, entre autres objets, un ciboire et un calice provenant des abbayes des Chambons et de Mazan et d’avoir versé, en assignats, une somme qu'ils avaient reçue, en partie, en espèces. Enfin, ils prétendent les rendre responsables du vide de 5000 livres constaté dans la caisse du receveur du district !.
Mais, si bien combinée que fût l'attaque, elle ne réalisa pas les espérances de ses instigateurs. Malgré l'arrêté hostile du 11 décembre, ? l'assemblée administrative n'ose pas prononcer la suspension et Bournet et Sauveplane, flairant le piège, se gardent bien de faire le jeu de leurs adversaires en donnant leur démission. Ils se défendent énergiquement * et, tout en reconnaissant quelques-unes des négligences qu'on leur reproche, ils s'efforcent de réfuter la plupart des allégations des commissaires du département. Prenant même résolument l'offensive, dans un mémoire au roi, ils soulignent l'acharnement et la partialité des délégués et vont jusqu'à accuser de faux Daizac, qui a signé le procès-verbal sans avoir assisté à toute l'enquête, et de mauvaise foi Chabal, qui a refusé de leur donner connaissance de ses conclusions, pour leur enlever tout moyen de justification. Le mémoire conclut ainsi : « S'il vous restait quelque doute, sire, sur la cabale de nos ennemis, cause des calomnies que nous essuyons, nous demandons à prouver, devant Île directoire du département, que, lorsque Chabal et Daizac partaient de Privas, pour se rendre ici, un membre du département dit à Daizac : « Je