‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 215 sur 396 · Arch. Ard. L · texte numérisé non relu

Arch. Ard. L

8. Discours de Boissy d’Anglas du 16 novembre 1791, p. 17 et lettres du procureur général syndic du Mézenc du 23 et 27 décembre 1791. Arch. Ard. L 283.

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livres, en 1788, se sont élevés à 1.834.000,en 1791, et à près de deux millions, en 1792. ! Boissy d’Anglas a beau lui expliquer que, si « le despotisme peut gouverner à meilleur marché que la liberté, » le peuple, avec des charges minimes, reste pauvre € tandis que, sous le régime de la liberté, si le peuple paie davantage, il est florissant et riche, » ? le paysan écoute ces développements oratoires d'une oreille distraite et n'entrouvre pas les cordons de sa bourse.

Malgré les efforts méritoires du département et des districts, une lettre de Tarbé du 21 février 1792 constate que le département de l'Ardèche, qui aurait dû verser un acomple de 647.865 livres. avant le 30 septembre 1791, n'a encore payé, le 1°" février 1792, que 234.064 livres. Le 1 octobre 1792, le déficit, pour l'année 1790, est de 15.138 livres et s'élève à près de 800.000 pour 1791. t

Les prétextes, d’ailleurs; ne manquent pas pour s'exonérer de l'impôt. Malgré la suppression de la gabelle, de la dime et dela plupart des droits seigneuriaux, malgré le développement de Ja propriété paysanne et bourgeoise qui résulte de l'achat des biens nationaux, l’agriculture, l'industrie et le commerce subissent une crise sévère.

. Les fléaux naturels et les intempéries des saisons, grêle et gelées tardives, sécheresse et inondations, se sont acharnces sur le pays. Les autorités le reconnaissent et, en de nombreux mémoires, font écho aux plaintes des agriculteurs *. Les deux premiers états partiels, envoyés par le département à l'Assemblée nationale à la fin de janvier 1792, évaluent les pertes à 5.942.321 livres 6. Les derniers renseignements reçus avant le 11 mai permettent de les porter à 6.951.680 livres 7. Encore que les exagérations soient toujours de mise en pareille circonstance, il faut reconnaitre que la récolte de 1791 en blé, vin et cocons a été mauvaise et plus déficitaire que

celle de 1790 8.

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