Arch. Ard. L. 123. Procès-verbal du9 janvier
précialion de la nouvelle monnaie, fixe pour le pain des tarifs*! différents, suivant le mode de paiement. Les percepteurs, de leur côté, hésitent à donner quittance aux contribuables qui se libèrent en assignals 2. Les particuliers, quise voient contraints d'en accepter, s'en débarrassent le plus vite possible, même au prix de pertes sévères.
Les autorités, qui ne peuvent contester cette défiance générale des billets de l'Etat, l’attribuent au manque de petites coupures et aux craintes de falsification. Le 28 août 1791, le club d’'Annonay déclare que, si («l'émission des assignats à sauvé la France, leur forme finira par la ruiner, à cause de la perte qu'on éprouve dans l'échange ». Le 29 janvier et le 2 février 1792, il demande la suppression des coupures au-dessus de 100 livres et leur conversion en billets de 5livres 3. Bouvié; maire de Chomérac, se plaint, lui aussi, dès le 24 août 1791, qu'avec l'instabilité du changeet l'absence de petits assignats toute transaction soit impossible. Les agioteurs € retiennent jusqu'à 12 % dans l'échange de gros assignats et 18 à 20 °/, pour la monnaie métallique et il est impossible d'en avoir » #.
Les administrateurs accueillent avec faveur ces réclamations et souvent en prennent eux-mêmes l'initiative. Ils intiment aus percepteurs l’ordre de recevoir les.assignats. Ils autorisent les particuliers à déposer leurs billets à la mairie et obligent les boulangers à leur fournir du pain, jusqu'à concurrence de leur valeur. ÿ Ils essaient de maintenir une parité impossible entre l'argent et le papier, en proscrivant formellement l'usage des deux prix.
Peu à peu, les assignats de 5 livres, demandés avec tant d'insistance, paraissent dans le pays. Le 23 janvier 1792, le directoire reçoit 90.000 livres de ce nouveau papier monnaie, 264.200 livres le 23 février, 115.000 le 22 juin. Mais, si leur répartition entre les districts et leur diffusion dansles paroisses facilitent les opérations commerciales, elles ne résolvent pas toutes les difficultés d’échange. Pour les petites sommes d'un usage journalier, un numéraire plus léger s'imposait.
1. Fonds Mazon F. 12. Délibération municipale de Joyeuse du 5 février 1792, fixant la livre de pain à 3 sols 9 deniers en argent et à 5 sols 3 deniers en assignats,.
. Arch. Ard. L 123, procès-verbal du 10 janvier 1792.
. Registre du elub d’Annonay, cité par Rostaing p. 267-269. Arch nat DNr22
. Arch. Ard. L123. Procès-verbaux des 9 et 10 janvier 1722. 6, Arch. Ard. L123-124 et L386
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L'Assemblée nationale l'avait déjà décrété. Les cloches des monastères et des paroisses supprimées devaient fournir la matière première à l'émission d'une monnaie de billon. Dans le courant du mois d'août 1791, une lettre du ministre des contributions avait attribué à l'Ardèche le quatre-vingtième de la fabrication de Montpellier. ! Le département n'avait encore rien reçu au mois de novembre. Ses nombreuses interventions auprès du pouvoir exécutif, du directoire de l'Hérault, de la municipalité de Montpellier et du directoire de la monnaie de cette ville étaient restées sans résultat. Ce n'est que le 13 décembre que le directeur de la comptabilité met à la disposition de l'administration la somme dérisoire de 286 livres 18 sols, en pièces de 12 deniers. ? Le 21 du même mois, il est vrai, il fait encore parvenir au Mézenc 480 livres en gros sols et, quelques jours plus tard, un égal contingent au Coiron et au Tanargue. En retour, il réclame des assignats etdéplore la négligence du département de l'Ardèche qui ne lui a pas encore expédié le moindre métal de cloche. Cette petite monnaie est bien accueillie. Tous les cantons en demandent. # Mais, précisément parce qu’elle inspire confiance et qu'elle est rare, elle ne circule guère, elle est vile accaparéeet thésaurisée etle but n'est pas atteint.
C'est alors que se généralise la création par les municipalités d'une monnaie de confiance de 5, 10 et 20 sols, sous le contrôle de l'adiministration départementale. Le 4 mars 1792, Annonay ÿ fait
une première émission, gagée par un dépôt d'assignats. Antraigues, St Pierreville, Burzet, Bannes, Le Cheylard, St Martin de Valamasf s'empressent de suivre cet exemple ; bientôt, malgré les avertissementset les défenses du directoire, de simples yparticuliers de Lavoulle, de St Martin d'Arc, de Serrières 7? ne se font pas scrupule de lancer dans le public des billets sans provision de garantie. De plus,