Arch. nat. F
7. Arch. nat. F 7 3652 1. Arrêté de la municipalité des Vans du 17 janvier 1792. :
8. Lettres du 3 mars du lieutenant Roger et de Corenfustier au colonel Durand. Fonds Mazon Chr. 13.
active à la force armée : 3 soldats sont blessés et les gendarmes, qui avaient mission d'arrêter Pellet, sont contraints de s'nf ui eu plus vite !. Aux Vans, à Berrias, on débauche les soldats, qui vont grossir l’armée contre-révolutionnaire, organisée en secret dans la région de Villefort ?.
Mais le centre de ralliemment des malveillants est la paroisse et le château de Bannes. A toute heure du jour et de la nuit, des inconnus, dont plusieurs «reçoivent le titre de comte ou de baron », tiennent de mystérieux conciliabules dans la maison d'Anjolras, officier municipal. A la fin janvier, trois émissaires d'Arles se sont arrêtés à Bannes, ont visité le château et ont exhorté les habitants « à être fidèles à la bonne cause, » s’engageant à fournir au moment venu 5 à 600.000 livres *. En attendant, les divers rapports du lieutenant Roger et du colonel Durand signalent d'inquiétants préparatifs de guerre civile. Vingt quintaux de poudre auraient été déposés, dès le mois de septembre 1791, dans les caves du château par Perrochon. Sept, ou huit petits canons, connus sous le nom de -«vits de mulet », viennent d’y arriver, dissimulés dans des bottes de paille. Un particulier des Vans a reçu commission d'y transporter 60 quintaux d'eau-de-vie. Le grand prieur d'Arles a offert 130.000 livres au sieur Crégut pour enrôler des volontaires ; Moutet THabillat est parti pour Arles et doit en rapporter encore de l’argent et de la poudre. Il est constant enfin que les aristocrates, pour conserver un point d'appui aussi précieux, ont levé une petite garnison de 50 hommes, à la solde journalière « de 15 sols » #,
La situation est grave. QIl est impossible, écrit Boissy d’Anglas à Dalmas, qu'une explosion ne se fasse pas sentir dans les contrées qui vous ont donné tant d'inquiétudes, il y a un an. On y prèche publiquement la contre-révolution, on y fait des amas d’armes et de munitions. Les étrangers qui y passent avec la cocarde nationale y sont outragés et courent le risque de leur vie. » II est très difficile d'ailleurs de se procurer des renseignements précis
1. Arch. nat. F 7 3652 1. Procès-verbal de la municipalité de Gravières du 15 janvier 1792.
2. Ibidem. Lettre du directoire du 20 janvier 1792 au ministre de l’intérieur.
3. Ibidem. Procès verbal de Durand du 30 janv. 1792 et lettre de Roger du 3 mars 1792.
4. Arch. nat. F7 3552 1. Cf) aussi Boissy d’Anglas. Conspiration de Saillans PO:
5. Lettre de Boissy d'Anglas à Dalmas, député de l'Ardèche à l’Assemblée législative. Réimpr. du Moniteur T. 11 p. 554, séance du 5 mars 1:92.
sur les agissements des contre-révolutionnaires. Le lieutenant Roger reconnait € qu'il ne faut pas s'attendre à des dénonciations, tant qu'on n'aura pas des forces imposantes pour rassurer ceux qui pourraient en faire. » ! « Les patriotes alarmés, écrira plus tard le procureur général syndic, n'osaient rendre compte des faits dont ils. étaient instruits, les municipalités séduites gardaient un coupable silence, les officiers de police, intimidés eux-mêmes, n'agissaient point, ou, s'ils agissaient, ils n'obtenaient aucune déposition, à. cause de la terreur qu'inspiraient les rebelles, » ?
D'autre part, faute de troupes régulières, le directoire est impuissant à assurer efficacement la défense du pays. C'est à peine: s'il a à sa disposition quelques faibles détachements, isolés et dispersés dans tout le département. Et déjà la plupart ont été circonvenus, au moins dans leurs éléments les plus actifs, par les ennemis de la Constitution. Les désertions se multiplient et l'attitude des officiers est souvent suspecte. ?
À tout instant, le directoire clame ses appréhensions et réitère ses demandes de troupes. « Nous n'avons pas encore pu obtenir, malgré trois mois de sollicitations journalières, d'y faire placer le plus petit détachement. On nous promet, on nous renvoie et le temps se passe, sans que la moindre promesse s'effectue... Quand: on songe que le salut de l'Etat tient peut-être à ce que trois compagnies soient placées à Bannes, on frémit de ne pouvoir les ob- THAT. » # Tous ses appels, toutes ses réclamations auprès du pou-voir exécutif, du ministre de l'intérieur, du ministre de la guerre ou des généraux de la région restent sans résultat. Cette incompréhension de la situation et cette impuissance du gouvernement à défendre les conquêtes de la Révolution exaspèrent les patriotes. Ils y voient un crime de lèse-nation et accusent l'autorité de capituler devant les bravades des contre-révolutionnaires.
C'est alors que, pour faire diversion aux complots qui se trament, les plus intransigeants et les plus exaltés tentent, de leur côté, de soulever l'opinion populaire contre les ennemis de la Révo-. Jution, en agitant de nouveau, aux yeux des masses, l'épouvantail: des droits féodaux.
1. Arch. nat. F 7 3652 1. Procès-verbal de Roger du 30 janvier 1792.
2, Boissy d’Anglas. Conspiration de Saillans p. 7. |
3. Arch. nat. F 7 8652 1. Lettres du directoire du 3 et 6 février 1792.