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Délibérations du directoire d'Annonay. Arch. Ard. L

2. Cf) Arrêtés du directoire du département. le 23 janvier 1792 et le 22 mars, ordonnant des poursuites. Arch. Ard. L123-124.

3. C'est le prétexte de presque tous les refus de paiement. Cf) mémoire de l'abbé Tardieu. Arch. nat. Dxiv 1 et lettre de la communauté de Jaujac à M. le comte d’Antraigues, impr. s.l. n. d 16 p.p. 4.

4. Arch. Ard. L318. C'est toujours la raison que font valoir les paysans durant la Jacquerie.

5. Arch. Ard. L 318. Lettres des commissaires Bruyère et Gleizal a directoire du département, 28, 29 et 30 mars 1792.

ment, les têtes siexaltées, l'anarchie si complète que la guerre civile semble imminente. Le 11 et le 25 mars !, Jaujae, devant la surexcitation des esprits, supplie le directoire de lui expédier des secours urgents. Toutes les municipalités des cantons de Jaujac, Thueyts, Montpezat, Antraigues,.….. demandent des troupes pour le maintien de l’ordre, de la paix et de la sécurité.

La lutte éclate au milieu de marset prend rapidement de l’extension. Dans les villes, elle reste, en général, sous la direction des patriotes que soutiennent les corps constitués. Elle garde un caractère politique de défense des institutions nouvelles et est exclusivement orientée contre les aristocrates, les réfractaires et les contrerévolutionnaires. Dans les campagnes,le caractère social prédomine et, si elle est dirigée surtout contre les seigneurs et les possesseurs de droits féodaux, nul possédant, quelles que soient ses opinions politiques, ne peut se flatter d'être à l'abri de ses excès ?.

La première manifestalion violente se produit à Villeneuve-de- Berg. La situation de cette ville était critique depuis le mois de novembre dernier. Les patrioles n'avaient pas pardonné au parti adverse leur écrasante défaite aux élections municipales *. [ls accusent le maire d'avoir emporté la place par la corruption et l'argent ; ils lui reprochent de favoriser les suspects et de donner toute sa confiance aux Genton, aux Folacher, aux Barruel et aux Vidal, aristocrates noloires et fougueux adversaires du nouveau régime. Les officiers municipaux sont en rapport étroit avec les partisans de Jalès, d'Arles, de Mende et de Villefort, ils tiennent des propos hostiles à l'Assemblée nationale et protègent les prêtres non-conformistes, qui se sont réfugiés nombreux dans la ville et les environs f.

C'est la rétractation de serment de l'abbé Delent qui déclanche les hostilités et, très vite, ies troubles prennent un caractère d’extrême gravité. Le 11 mars, lesang coule, à la suite d'une rixe entre un patriote et un aristocrate *. Le 14, l'abbé Delent est insulté à

1. Arch. Ard. L 123-121. Procès-verbal du directoire du 14 et 27 mars 1792.

2. Arch. Ard. L 318. Lettres des commissaires Bruyère et Gleizal au directoire 29 et 30 mars 1792.

3. Arch. nat. D xc 6. Cf) Lettre de félicitations de M. de Rochessauve du 21 novembre 1791 à M. Genton de Villeneuve-de Berg, au sujet de l'élection de M.de Malmazet de St Andéol comme maire.

4. Arch. Ard. L 124. Procès-verbal du directoire du 21 mars et Arch. nat. D xe 6. cf) Rapport des commissaires Arnaud-Coste et Teyssonnier, sur les troubles de Villeneuve-de-Berg des 18 et 19 mars 1792.

5. Cf) Mollier. Recherches sur Villeneuve-de Berg p. 328 et arch. Ard. L 123 procès-verbal du directoire du 14 marssignalant la délibération municipale de Villeneuve du 11 mars 1792.

l'église et obligé de descendre de chaire. Le 16 ‘,des malveillants tentent de démolir quelques murs de clôture, sous prétexte d'empiètement sur la voie publique. Le maire renforce la garde, consigne les troupes de ligne et la gendarmerie,prescrit de fréquentes patrouilles, interdit les farandoles et fait fermer les cabarets.

Ces mesures sont efficaces, mais irritent les & Amis de la Constitution » qui, par l'organe de l'accusateur public, Marcou *?, dénoncent l'action contre-révolutionnaire de la municipalité au vice-procureur généralsyndic. Le 17, le directoire délègue Arnand-Coste et Teyssonnier * pour prêcher le calme et faire une enquête sur les causes de l'agitation. Les commissaires, stylés par les patriotes,prennent faitetcause pour les ennemis de l'administration municipale et déclarent vexatoires les mesures prises par le nrocureur de la com-

mune #.

Les deux partis mettent à profit la réorganisation de la garde

nationale pour grouper leurs adhérents. De part et d'autre, -on entend les vropos les plus provocateurs. Les injures alternent avec les menaces. On brandit des pistolets. Un coup de feu, qui part de la demeure de Genton et blesse deux citoyens, donne le signal de l’'émeute. On crie à l'assassinat. Le peuple se précipite à la maison commune pour réclamer des fusils. Plusieurs édifices suspects sont envahis et pillés. On brise les meubles de Julien, procureur de !a commune, et de Genton, et on jette les débris par les fenêtres. Les patriotes exigent des perquisitions dans toutes les maisons des aristocrates où l’on soupçonne des dépôts d'armes et de munitions. Il est impossible de rétablir l'ordre. Les troupes sont insuffisantes et les soldats ne sont pas sûrs. Les gens de la campagne. attirés par l'espoir du pillage, se joignent à la populace de la ville. La garde nationale de Mirabel, alertée par des émissaires intéressés, vient le lendemain prêter main-forte aux fauteurs de désordre. Les aristocrates et les officiers municipaux doivent se cacher ou fuir pour ne pas être massacrés. Les émeutiers achèvent la démolition des murs de clôture de Barruel, Folacher et Genton 5.

1. Arch. Ard. L 124 procès-verbal du directoire du 17 mars sur les délibérations de Villeneuve des 14 et 16 mars.

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