Boissy d'Anglas. Conspiration de Saillans p. 9 et
foi dans le triomphe de ses idées et sa mâle éloquence captive l'esprit et entraîne l'adhésion de ses auditeurs. Depuis plusieurs mois, il ne ménage ni son temps ni sa peine, pour régler les détails de la nouvelle insurrection. Au début de février, il se rend lui même à Coblentz pour soumettre à l'approbation des princes un plan de soulèvement ! et leur demander, avec de l’argent, le concours d'officiers résolus et énergiques. Le 22 février, à une grande réunion tenue àla Bastide, il rend compte de l'accueil bienveillant qu'ont rencontré ses propositions dans le milieu des émigrés. Le comte de Provence et le comte d'Artois ont promisunappui sans réserve, si les principaux organisateurs prennent l'engagement d'honneur de se tenir prêts à marcher, au jour fixé, avec les catholiques de leurs paroisses. Dominique Allier, le frère du prieur, remettait, quelques jours plus tard à Coblentz, cette déclaration signée par plus de 60 royalistes notables de la région ?.
La réponse des princes ne se fait pas attendre. Le 4 mars, ils désignent Conway, officier d'origine irlandaise au service de la France, pour prendre le commandement en chef c'e l’armée du midi. En attendant l’arrivée d’un prince du sang, il aura toute autorité pour décider « en leur nom des opérations qu'il jugera possibles ». Pour l'aider dans cette tâche, on lui adjoint le comte de Saillans *, officier actifet courageux qui connaît bien le pays. Il a lenu garnison à Largentière ‘et, en 1791, lors de la seconde fédération de Jalès, il avaitsous ses ordres un bataillon de Roussillon dans le Gard. La défiance qu'inspiraient déjà ses sentiments au colonel Des Ours de Mandajors ÿ ne lui permit pas de jouer un rôle dans cette affaire. On le retrouve, au mois de décembre, à Perpignan, où il essaie de soulever son régiment. Déjà décrété d'accusation, le 3 janvier 1792, par l'Assemblée nationale 6, il vient d'arriver à Coblentz, lorsqu'il est nommé commandant en second des forces royalistes du Vivarais Velay et Gévaudan, sous les ordres de Conway. |
1. Lettre de Claude Allier à son frère Dominique, citée par Boissin. Les -camps de Jalès p. 85 ; cf) aussi pièces justificatives n° 6 et 52; cf) encore lettre de Perrochon du 18 mars 1792 «Votre mémoire est approuvé par tous nos amis». Pièce justificative n° 63.