Pièce justificative n
3. Pièce justificative n° 65. Lettre du 5 juin de Montpellier signée Daumas.
laise occupaient les principaux postes du Gévaudan, que six bataillons d'autres troupes nationales devaient arriver incessamment, que les protestants de la Gardonnenque, du Vaunage et des Cévennes faisaient, chaque jour, des préparatifs effrayants, qu'il était à craindre que les contrées fédérées...ne pussent agir au mo- ‘mert où les princes le désireraient, qu'il est instant de profiter du moment favorable.» Les éléments les plus modérés suggèrent un compromis. L'assemblée délèguera Pierre Séran de Montpellier à Conway, « pour le supplier de se rendre sous huit jours dans la contrée de Jaiès.…., pour juger par lui-même et ordonner ce qui serait convenable. sans quoi le pays prendra le parti que lui commanderont les circonstances. »! C'était un véritable ultimatum.
À mesure que le terme fatal approchait,les conjurés devenaient de plus en plus nerveux et impatients.Leurs arguments font une impression d'autant plus forte sur l'esprit de Saillans que le prieur Allier se porte garant de la levée immédiate d’une armée de 15 à 25.000 hommes ?. Des forces aussi considérables n'auraient pas de peine à déconcerter les dispositions des patriotes et à faire triompher la bonne cause dans les provinces du midi. Le succès paraît si certain que Saillans voit mollir ses hésitations. Son courage et sa vanité le poussent à tenter l'aventure. Il lui semble glorieux de prendre l'initiative de l'insurrection et d'avoir l'honneur, en brisant la puissance de la Révolution, de rétablir «la religion catholique et les prérogatives de la couronne », et d'assurer « Je bien des peuples et la délivrance du roi ». C'est alors qu'il rédige et fait imprimer cette habile proclamation qui est un appel vibrant aux catholiques et aux royalistes du pays #?.
Le 29 juin, malgré de nombreux avertissements de ne rien précipiter, Saïllans, cédant enfin aux folles instances de son entourage, se décide brusquement, puisque Convay se dérobe, à assumer la responsabilité de la guerre civile. Elle éclatera,dans la nuit du 8 au 9 juillet, dans toute la région montagneuse du Vivarais, Velay et Gévaudan, Le même jour, à la même heure, on détruira partout la Constitution,on réduira à l'impuissance les autorités constituées, on se saisira des évêques el curés constitutionnels, et tous les prêtres
1. Pièce justificative n°53. Le voyage de Pierre Séran lui fut payé 8 louis d’or par le chevalier de Melon. Cf) pièce justificative n° 23.
2. Pièce justificative n° 53. Dans sa proclamation, Saillans parle de deux armées qu’il a à sa disposition, l’une de 45.000 hommes « dans le pays des montagnes », l’autre de 25.000 hommes « dans le bas Languedoc ».