Pièce justificative n
fidèles, tous les juges et officiers royaux de l’ancien régime reprendront immédiatement leurs fonctions. Grâce à des intelligences ménagées dans la place, les royalistes du Velay, renforcés par des détachements du Vivarais, enlèveront la ville du Puy où l'on trouvera en abondance armes, vivres et munitions !. En attendant, l’armée catholique et royale promise par Claude Allier se concentrera sans bruit à St-André de Cruzières du 1* au 7 juillet 2. Elle constituera la masse de manœuvre à la disposition de Saillans pour réduire les oppositions qui pourraient se manifester et marcher sur Pont-St- Esprit et Nimes.
Le secret avait été bien gardé jusque là. Les palriotes n'avaient encore que de vagues soupçons. Les allées et venues de nombreuses personnes suspectes,les incidents de Berrias où la cocarde tricolore fut foulée aux pieds, le 24 juin, les préoccupent, sans leur ouvrir les yeux. Ce ne fut que le 3 juillet que l'arrestation d'un messager de Saillans vint révéler tous les détails du complot et l'imminence de l'insurrection *.
Ce fâcheux contre-temps oblige Saillans à brusquer les évènements et à ne pas attendre le 9 juillet pour ouvrir les hostilités. Tout en pressant ses lieutenants de lever le plus de troupes possible, dès le 4 juillet, avec les 1500 hommes déjà réunis à St-André de Cruzières, il vient mettre le siège devant le château de Bannes et sommer le petit détachement de Bois Bertrand de vider les lieux. Bois Bertrand déclare fièrement qu'il occupe ce poste au nom du roi et qu'il ne le rendra que sur l'ordre du département. Malheureusement [a faiblesse de la garnison, à court de vivres et de munitions, laissait peu d'espoir d'une résistance sérieuse. Le chevalier de Melon, le 5 et 6 juillet, fait défense, sous peine de mort, à la municipalité de Bannes de laisser pénétrer le moindre ravitaillement au château. Bientôt la disette se fait sentir. Le 7 juillet, Bois Bertrand, n'ayant plus que (deux onces de pain pour chaque homme » et 130 cartouches *, demande une suspension d'armes jusqu’au lendemain 6 heures et, le 8, n'ayant reçu ni approvisionnement,ni renforts, il accepte
1. Arch. nat. C 218etarch. Lozère L 127. Nombreuses lettres, la plupart de Chambéry et de Lyon, saisies à Villefort età Langogne. CF) aussi pièces justificatives n°8 4, 5, 6, 52, 63 et 70.
2. Procès-verbal du siège de Bannes et des faits intérieurs, pièce justificative n° 2.