‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 256 sur 396 · Lettre de St Martin à Th. Chomel · texte numérisé non relu

Lettre de St Martin à Th. Chomel

l'on ne voit qu'égoisme, que brigands, où le crime est encensé et la vertu persécutée ».!

Le contre-coup de tous ces évènements se fait rapidement sentir dans le pays. Les patriotes ne sont plus aussi désireux de conquérir les postes administratifs. Ils les abandonnent volontiers et sous les prétextes les plus futiles pour reprendre leur liberté et leur indépendance. Déjà. aux élections de novembre 1792, beaucoup d'anciens administrateurs du département ou des districts, qui jusqu'alors constituaient l'état-major du parti patriote, ont préféré, comme Delichères, se faire oublier dans leurs places de notaire ou de maire de leur commune ?. A présent, les industriels et les commerçants, pour sortir de l'administration, allèguent le souci de leurs propres affaires ou le désir de se consacrer exclusivement à la grave question des subsistances et du ravitaillement du pays #. Dans certains centres importants, comme aux Vans, on n'arrive même pas à constituer une municipalité, faute de candidats. Tous les élus, les uns après les autres, s'empressent de donner leur démission !. Les clubs eux-mêmes sont désertés, les séances s’espacent ét sont de pure forme. On est las de toutes ces vaines agitations. Si personne ne songe à mettre en cause la république ni même encore à incriminer la Convention, l'enthousiasme disparaît, la confiance s'évanouit.

Le pays, cependant, reste calme et tranquille 6. De juillet 1792 à mars 1793, on ne signale aucune agitation politique sérieuse. Les plus grands crimes de lèse-révolution se bornent à quelaues taillades infligées à d'inoffensifs arbres de la liberté 7. Il semble que l'opposition n'existe plus. Ea mort du roi, en supprimant brutale-

1. Lettre de St Prix du 27 février. Cf) aussi lettre à nos commettants.

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