‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 290 sur 396 · Réponse de Pourret p. 14. Manuscrit de Delichères p · texte numérisé non relu

Réponse de Pourret p. 14. Manuscrit de Delichères p

de Gleizal. ! On nomme une commission pour examiner ces diverses propositions.

A la suite de débats forts longs sttrès touffus, qui occupent toutes les séances des 24 et 25 mai, l'assemblée finit par se ranger à l'avis de son comité. Elle décide Ja levée d'un nouveau bataillon et d'une compagnie de canonniers dont la solde, l'armement et l'entretien seront assurés par une souscription volontaire des gens aisés. Si cette souscription n'a pas produit un million en huit jours, l'excédent sera fourni par un impôt forcé sur les riches, les négociants, les célibataires, « surtout parmi ceux dont le civisme ne s’est pas encore montré » 2. Lelendemain, par souci d'équité et pour atleindre plus sûrement la « richesse », elle arrête une « contribution, à taux progressif, sur les fortunes excédant 100.000 livres ». Le bataillon sera recruté par inscription volontaire et tirage au sort. La voie du scrutin est formellement interdite, « car, au lieu de défenseurs,la patrie aurait à redouter ceux-là même quivonts'armer pour elle »$.

Pourret, qui a été le porte-parole de l'opposition au sein du comité et devant l'assemblée générale, revient vigoureusement à la charge. Il demande qu'il soit sursis à l'exécution de l'arrêté jusqu'au décret d'autorisation de la Convention. Il a, à ce sujet, une vive altercation avec les membres les plus en vue du directoire : Malleval, Chabal, Lespinasse et Dumonts !. Les violences verbales, les allusions personnelles blessantès, qui, de part et d'autre, sont la monnaie courante de ce duel oratoire, devaient laisser de profonds ressentiments dans le cœur des principaux antagonistes et accentuer encore les rivalités et les rancunes des deux groupes qui viennent de s'affronter pour la première fois.5 ;

Partisans et adversaires, toutefois, se meltent un instant d’accord pour rédiger une adresse sévère à la Convention. Cette admonestation, en arrivant au moment des évènements du 31 mai et du 2 juin, ne contribuera pas médiocrement à faire considérer par les vainqueurs du jour l'Ardèche etses administrateurs comme suspects de fédéralisme et entachés d'hostilité à la Convention. « Pourquoi voyons-nous dans nos représentants une diversitéd'opinions, des discussions continuelles, une tendance opiniâtre à Ja division ?.... Quoi ! dans le temps que le sang de nos frères coule sur les frontiè-

1. Discours de Savine. 23 mai 1793, inipr, Guillet, Privas 4 p: in-4 FE. V. 2. Procès-verbal de l'assemblée Séance du :5 mai. 3. Arrêté et Adresse aux citoyens de l'Ardèche, 26 mai 1793. Arch.Ard.[112.

4. Réponse de Pourret, p.13 et 14. Manuscrit de Delichères phases 5. L'arrêté ne fut pas appliqué. Réponse de Pourret p. 14.

res, la Convention nationale ne serait occupée qu'à des dissensions particulières ! le crime triompherait, la vertu serait réduite au silexse ! Avez-vous oublié vos serments ? Craignez-vous le poignard des assassins ? Nous vous l'avons déjà dit, parlez .… et nous sommes à vous … Le peuple est deboutet il aura bientôt dissipé les obstacles que l’on oppose au triomphe de la liberté .…. »!

Par leur diffusion dans le public, ces récriminations ont pour résultat de confirmer les craintes des patriotes et d'accroître les appréhensions qu'avait fait naître, quelques semaines plus tôt, la lettre des députés de l'Ardèche à leurs commettants. Elles font écho aux reproches et aux invectives des départements voisins et, à leur tour, suscitent de nombreuses adresses de municipalités et de sociétés populaires qui, toutes, à la fin du mois de mai et dans les premiers jours de juin, témoignent d'une irritation grandissante. « Vous connaissez bien peu notre souverain mépris pour tous les factieux, écrit Annonay à ses députés, si vous croyez que le jugement de Marat aitpa y porter la plus légère atteinte. Soyez fermes à votre poste, ne vous laissez pasinfluencer par les tribunes. Quatre-vingts départements au moins sont levés ; malheur à qri oserait toucher à la liberté de leurs représentants ! »2 A Viviers, la commune et leclub adressent encore d’ultimes supplications à la Convention : « Ce sont vos divisions, législateurs, qui ont conduit la république sur le penchant de sa ruine … Votre réunion peut encore la sauver .… Nous vous en conjurons donc, représentants … faites à la patrie le généreux sacrifice de vos animositéset de vos haïines. » Le corps municipal de Tournon déclare, lui aussi, le 2 juin, que les passionset les discordes des représentants &« tendent visiblement au désordre et à l'anarchie … Rendez à la Convention cette dignité faute de laquelleellene peut inspirer le respect … Abandonnez Paris .… » La société populaire, le même jour, « voue à l'exécration des générations présentes et futures l'infâme et sanguinaire Marat, tous ses fauteurs et tous les partisans de l'anarchie. » *

Onsent que la colère bouillonne dans l'âme des patriotes contre la veulerie de la Convention, mais tous, néanmoins, restent ardemment fidèles aux conquêtes de la Révolution. Tous sont prêts à

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