Ibidem
3. Dubois. À ses concitoyens p. 8. Enl’an VI, Gleizal reprochera à Boisset de n'avoir destitué Dumonts que « pour seconder le ressentiment de son beaufrère Dubois. » Réponse du citoyen Gleizal à un écrit... sur les opérations de l’assemblée électorale de l'Ardèche, 32 p. s. d. B.A. p. 12,
4. Lettre de Boisset au Comité de Salut public du 14 brumaire an II. Arch. nat. À Fu 185, Cf) aussi procès-verbal du directoire du Tanargue du 30 brumaire &Ilest aussi prétendu que Dumonts fit acheter deux charges de bas de laine qui lui coûtèrenttrois livres et qu’on fit payer 5 et 6 livres. » Arch. Ard. L 862.
5. Lettre de Boisset à Gleizal, le 2 octobre. Fonds Mazon Chr. 18.
:- 6. Arrêté de Boisset, du 16 octobre, cité dans le procès-verbal du directoire. du 18 octobre. Arch. Ard. L 128. k
frondeuse n'étaitpas de nature à incliner à la clémence un représentant infatué de son pouvoir !. Il ne daigne même pas répondre au directoire qui s'efforce d'apaiser sa sévérité en invoquant les circonstances atlénuantes.
Les amis et les complices de Dumonts sont à la veille d’être englobés dans la même disgrace ?, quand Boisset est obligé de quitter l'Ardèche pour l'Hérault. Ce départ ne leur procure qu'un sursis de courte durée, car, Dubois, assisté de Tourette, a réussi déjà à capter la confiance ae Reynaud qui, à son tour, va se faire l’exécuteur des vengeances des modérés. Le 19 brumaire, en effet.les administrateurs du Tanargue, Thoulouze, Pavin et Meynier, ainsi que Cousin, du directoire du département, sont destitués,« à raison des dilapidations considérables qu'ils se sont permises sur les fonds de la répubiique » *. Tourrette et Gimbert ont mission de s'assurer de leurs personnes et de mettre les scellés sur leurs papiers.
Cet arrêté rigoureux, divulgué le 30 brumaiïre, fit sensation à Joyeuse, où les passions politiques restaient très vives et les partis très tranchés #. Si les patriotes sont attérrés, les anciens partisans de Bournetapplaudissent à une mesure qu'ils considèrent comme une juste revanche *. La municipalité,exaspérée,se concerte aussitôt avec la société populaire pour empêcher l'exécution de cet ordre. Le comité de surveillance, poussé par Dussargues et Maigron, lance
mêmeun mandat d'arrêt contre les agents de Reynaud. S'il n'ose pas le faire exécuter 6, il soulève, du moins, une partie notable de
1. Boisset ne se déplaçait qu'escorté d’une troupe nombreuse de gendarmes et de soldats. Cf) les plaintes de Bouzon contre « ce prince d’ancien régime » dans ses lettres à Gleizal, 18 octobre, 8 et 19 novembre. Fonds Mazon. Chr. 18.
2. Lettre de Boisset à Gleizal du 6° jour du 2° mois de l’an II. « J'ai, en attendant mieux, destitué Dumonts.. » Fonds Mazon. Chr. 18.
3. Arrêté de Reynaud, du 19 brumaire, inséré dans le procès-verbal du directoire du Tanargue du 30 brumaire an I[ Arch. Ard. L 862.
4. Quelques jours auparavant, le 22 brumaire, une émeute avaït déjà failli éclater à Joyeuse, à l’annonce que la société populaire se disposait à tenir ses séances à l’église. On parle de couper la tête à ceux qui oseront se rallier à cette proposition sacrilège et plusieurs déclarèrent,le lendemain, que si le transfert avait eu lieu, les clubistes auraient été reçus à coups de fusil. Enquête de Chabal du 24 brumaire au 2 frimaire. Fonds Mazon. Chr. 19.
5. Thoulouze avait remplacé Bournet comme procureur syndic et l'avait poursuivi comme contre-révolutionnaire. Cf) sa lettre du 23 mai 1793 à Gleizal où il lui demande où en est le jugement du © fameux Bournet cadet ». Fonds Mazon, Chr:20:
6. Lettre de Meynier à Gleizal du 4 frimaire : «Si le comité de surveillance trop pusillamine avait fait tout son devoir, comme il en avait eu l’idée, en Île faisant séquestrer (Tourette).... tout cela ne serait pas arrivé ». Fonds Mazon.
Chr. 21. Cf) aussi lettre de Pavin à \Gleizal du 1er frimaire. Fonds Mazon.Chr.18.
la populace contre Tourrette et Gimbert et les contraint à fuir, au plus vite, sous les huées, les insultes et les menaces !. Enfin Thoulouze et Pavin qui avaient élé appréhendés sont remis en liberté.
C'était un véritable défi porté à l'autorité du représentant. La vanité blessée du proconsul ne pouvait laisser un pareil affront impuni. La vengeance fut éclatante. Le 6 frimaire, Reynaud suspend la municipalité coupable et attribue ses pouvoirs au conseil général de la commune ; il supprime le comité de surveillance et ses agents confisquent les registres de la société populaire. Blachère, qui a donné l’ordre au capitaine de gendarmerie de relàcher les administrateurs, est décrélé d'accusation, ainsi que Dussargues et Maigron, et la ville de Joyeuse paie de son titre de chef-lieu dedistrict sa tentative d'insurrectior. L'administration du Tanargue est transférée au bourg de Jaujac?. à
Cette décapitation de la principale forteresse jacobine‘de la région donnait toute sa signification au triomphe de la faction modérée. Quelques montagnards, comme Bouzon *, sont découragés, abandonnent la lutte etcherchent à se ménager une autresituation. La plupart, cependant, ne veulent pas s'avouer vaincus et réagissent vigoureuse ment contre ces coups du sort.
Pendant que les administrateurs du Tanargue et le maire de Joyeuse #, à l'exemple de Dumonts, se réfugient à Paris et font intervenir Gleizal et Couthon auprès de la Convention, leurs amis mènent une vive campagne dans le pays. Les clubs de Bourg-sur-Phône, de Villeneuve-de-Berg, de Largentière multiplient les adresses en faveur des victimes de Boisset et de Reynaud et accusent les représentants de favoriser les ennemis de la république et de persécuter les patriotes . L'assemblée des 82 sociétés populaires réunies à Valence
1. Procès-verbal de Gimbert et Tourrette. Arch. nat. À Fir 186.
2. Arrêté de Reynaud du 6 frimaire, cité dans le procès verbal du directoire du 12 frimaire. Arch. Ard. L 128. Cf) aussi rapport de Châteauneuf Randon. Arch.nat. Dr 36:
S. Lettres de Bouzon à Gleizal en frimaire et nivôse an II. Fonds Mazon, papiers Gleizal. Chr. 18 et 26. Procès-verbal du directoire du 5pluviôse. Arch. AL 1298
4. Délibération du ronseil général de Joyeuse du 14 frimaire. Fonds Mazon. F 12:
5. Arch. nat. F 7 4606. Plaintes de Boisset contre les sociétés populaires. En brumaire eten nivôse, nombreuses dénonciations du Comité de surveillance de Bourg-sur-Rhône contre Boisset. Arch. Ard. L 1084, 1085, 1088. Cf) encore réponse de Pourret p. 23. Lettres de Bouzonà Gleizal traitant Boisset de despote et l'accusant de se laisser circonvenir. Fonds Mazon Chr. 18. Adresse de la société populaire de Largentière à la Convention du 20 octobre 1793. Arch. Ard. L 1052.
les 21 et 22 frimaire, dénonce l'Ardèche comme un foyer de modérantisme . « Les fédéralistes y dominent avec impudeur », tandis que « les patriotes gémissent sous le joug avilissant de l'oppression » 2 A l'instigation de Cousin, juge au tribunal militaire de Commune affranchie, une délégation de Valence vient solliciter des représentants Fouché, Albitte et Laporte l’en voi d'une mission patriotique dans l'Ardèche pour épurer les autorités et faire rendre justice aux Jacobins opprimés *. Cette agitation ne tarde pas à porter ses fruits Boisset, déjà inquiet des attaques des sociétés populaires, se rend compte, au cours d'un voyage à Paris, des influences qui s’exercent en faveur de Damonts auprès des principaux membres de la Convention. Comme il ne veut pas s’aliéner les sympathies de ses redoutables collègues, il s'empresse de déférer aux sollicitations de Gleizal et, le 5 frimaire, il rapporte les sanctions prises contre Dumonts #,
La prudence l'avait bien inspiré. Quelques jours plus tard, en effet, le Comité de Salut public, sans préavis, suspend les mesures de Reynaud 5 contre Cousin et les administrateurs du Tanargue, et marque au représentant sa désapprobation et son méccatentement par le silence obstiné qu'il garde désormais à son endroit. 5 En même temps, il confie à Châteauneuf-Randon le soin de veiller à l'application de cette décision provisoire et le charge d’une enquête approfondie sur cette affaire, en vue d’un jugement définitif.
Dans le courant de nivôse, Toulouze et Cousin arrivaient à Florac et transmettaient à Châteauneuf, avec les lettres du Comité,
1. Rapport du comitésecret des 82 sociétés populaires,cité dans le « rapport... de la société populaire de Tournon,30 pluviôse an III » 117 pages, Tournon.B A. p. 17-20.
2 Adresse de la société populaire de Valence en nivôse anlIl, citée dans le rapport... de Tournon.p. 20.
3. Arch. nat. À F n 87. Commission du {1 nivôse an Il, donnée aux commissaires Guyon et Delau.
4. Arrêté du 5frimaire, daté de Paris, cité dans le procès-verbal du conseil général de l'Ardèche du 12 frimaire. Arch. Ard. L 116. Malgré de nouvelles interventions du directoire, Boisset maintient la destitution de Teyssonnier. Lettre du directoire à Boisset du 17 frimaire. Areh. Ard. L 201.
5. Reynaud depuis quelque temps est inquiet. Le 19 frimaire, il écrit au Comité de Salut public : « J’ai tout lieu de croire que la Convention ne désavouera pas les mesures que j'ai prises et Je ne crains pas de dire qu'elles sont nécessaires ». Arch. nat. À F11 186. Le 3 et le 17 nivôse, il insiste encore pour que la Convention ne se laisse pas séduire par les administrateurs du Tanargue qui cherchent à l’égarer.
6. Plaintes de Reynaud au sujet du silence du Comité, lettres du 14 nivôse et du 15 plusiôse. Arch. nat. AF n 186.
un long mémoire iustificatif de leur conduite pour éclairer sa religion. Châteauneuf comprend aussitôt ce qu'en haut lieu on attend de sa perspicacité et de son zèle. Dès Je lendemain,il envôie Cousin auprès du directoire de l'Ardèche, pour faire enregistrer l'arrêté du 23 frimaire, et il expédie copie des pièces diverses à Reynaud, en l'engageant à suivre l'exemple de Boisset 1.
Mais Reynaud, moins diplomate, ne veut pas convenir de som erreur. Son amour-propre froissé se refuse à tout accommodement. Malgré une entrevue avec son collègue et une confrontation avec Thoulouze et Cousin, il maintient ses accusations. Châteauneuf revient, à plusieurs reprises, à la charge et essaie vainement de faire comprendre à Reynaud l'intérêt d’une concession opportune ?.
Devant cette obstination, Châteauneuf se rend à Largentière, le 9 pluviôse, sollicite des renseignements auprès des sociétés populaires et des autorilés compétentes, fait comparaitre les dénonciateurs, les témoins et les accusés et, après plusieurs jours de débats contradictoires, par politique au moins autant que par conviction, il déclare que des intrigants ont surpris la bonne foi de son collègue et que les inculpés sont victimes des machinations criminelles de quelques misérables aristocrates, qui cherchent à avilir les patriotes *. Thoulouze, Cousin, Meynier et Pavin sont donc renvoyés à leurs fonctions. Le district du Tanargue est rendu à Joyeuse ; la municipalité, la société populaire et le comité de surveillance de cette ville sont rétablis dans leurs droits. C'était un brillant succès pour les Jacobins. {
Si élogieux, toutefois, que parût le témoignage de Châteauneuf, il ne semble pas qu'il ait suffi à retourner l'opinion en leur faveur et c'est précisément parce qu'ils sentent leur honorabilité encore discutée qu'ils ne se soucient guère de reprendre leurs fonctions. Thoulouze, «qui a été fortement vexé, écrit un de ses amis, ÿ a don-
1. Arch. nat. Dr 1 36. Ce dossier ne comprend pas moins de 45 pièces relatives à la destitution des administrateurs du Tanargue et à des renseignements sur Thoulouze.
2. Rapport de Châteauneuf sur l'affaire des administrateurs du Tanargue. Arch. nat. Dr 1 36.
3. Toutes déclarent que les accusés « sont dans les vrais principes ». Lettre:
du directoire à Châteauneuf, le 12 pluviôse an IL. Arch. Ard. L 211. Cf) rapport de Châteauneuf et sa correspondance avec le Comité.
4.Délibérations du conseil général de Joyeuse des 20 pluviôse an II, et 4 ventôse. Les frais de la mission de Dusserre, maire de Joyeuse, à Paris s'élèvent à 1.000 livres, Fonds Mazon, F 12.
9. Lettre de Tournaire à Gleizal du 2 ventôse. Fonds Mazon, papiers Gleizal,
Chr. 20.
né sa démission. » Dès le 19 pluviôse, il quitte Largentière pour revenir à Paris briguer le siège de Gamon, exclu de la Convention. ! Cousin, absent depuis de longs mois, ne fait une courte apparition au directoire du département que pour réclamer un congé pour ses affaires ? et il décline la charge d'agent national du Tanargue « jusqu'à ce qu'on ait prononcé sur les dénonciations calomnieuses portées contre lui. » *? Dumonts reste à Paris, où la recommandation de Gleizal lui ménage une place de secrétaire de Couthon. # Pavin abandonne toute fonction administrative pour réserver toute son activité civique au comité de surveillance de Joyeuse. ÿ Seul, Meynier reparait au directoire au district.
Mais, avec la démission de Tourrette et Gimbert et la perte de nombreux papiers et registres, au cours des deux translations du district, 6 c'est toute l'administration du Tanargue qui est à réorganiser. Ce sera l'œuvre de Guyardin. 7 Dèsles premiers jours de ventôse, il nomme de nouveaux administrateurs et se préoccupe de recueillir des renseignements sur la valeur morale et politique des. divers fonctionnaires du pays. Modérés et Jacobins rivalisent de: prévenances à son égard. Tout un réseau d'intrigues se noue autour de lui. Chacun s'efforce de l'accaparer pour faire pencher la. balance de son côté.
Mais Guyardin est distant. S'il accueille les témoignages les plus opposés, il se garde de toute influence qui pourrait porter atteinte à son indépendance de jugement. Il observe, il examine et pe peut se défendre d’une impression fâcheuse. Il est surpris des fréquentes absences des divers administrateurs et choqué de leurs intervertions inopportunes dans des objets qui ne sont pas de leur ressort. Le désordre de leurs archives et les lacunes de leurs registres révèlent de coupables négligences et leur goût pour les commissions lucratives parait incompatible avecla pratique d’une saine administration. *
1. Le 18 ventôse, Thoulouze se présente au Comité des décrets dela Convention pour remplacer Gamon. 11 ne sera admis que le 24 fructidor. Arch. rat. Di1136:
2. Procès-verbal du directoire du 25 pluviôse. Arch. Ard. L 129.
3. Procès-verbal dudirectoire du Tanargue du 25 pluviôse. Arch. Ard. L 863.
4. Sur les opérations électorales du département de l'Ardèche de l'an VI. 23p.s.1.n.d, B.A.p.12et 15.
5. Procès-verbal du directoire du Tanargue du 18 pluviôse. Arch. Ard. L 862.
6. Ibidem. 11 ventôse. L 863. Cf. aussi Arch. nat. D.IV bis 40,
7. Guyardin est à Tournon, le 17 pluviôse, et, le 22, à Privas. Procès-verbal du directoire du 22 pluviôse. Arch. Ard. L 129.
8. Dubois. À ses concitoyens p. 8. Diverses lettres de Guyardin au Comité de Salut public. Arch. nat. À Fn 190,191,193,195....
Dèsle 20 pluviôse, il écrit au Comité de Salut public : « Je crois apercevoir encore quelques intrigants et ambitieux, entre les mains desquels l'autorité est dangereuse. Je consulte l'opinion dans les sociétés populaires ». !
Les observations recueillies, au cours de nombreuses séances épuratives ?, viennent confirmer ses premiers soupcons, préciser les accusations de Pourret, Dubois et Tourette et justifier, à ses yeux, les décisions de Boisset et de Reynaud. Le désintéressement des administrateurs est si peu à l'abri de la critique que le conseil général du département, malgré toutes ses sympathies, s'est vu dans l'obligation de refuser sa sanction à de multiples dépenses injustifiées, qui lui € paraissent devoir être bannies d'un régime républicain »°. Les plaintes contre Malleval, surtout, sont siexplicites que Guyardin, dans le courant de ventôse, n'hésite plus à lancer un mandat d'arrêt contre lui.
Malleval n’essaie même pas de se disculper. Il s’empresse de chercher un refuge auprès de Gleizal, protecteur-né detous les Jacobins persécutés. Furieux, Guyardinle destitue, le 30 ventôse #. En même temps, il profite de l’absence prolongé: de Cousin, dont l'honorabilité est aussi fort suspecte, pour le remplacer dans le poste d'administrateur 5.
Les autres membres du directoire ne lui inspirent pas plus de confiance. Il ne pardonne pas à Lespinasse d’avoir surpris des dénonciations contre lui dans les sociétés populaires. Chabal 6 et Durepaire lui apparaissent, eux aussi, comme des brouillors perfides, qui ne cherchent qu'à exciter les passions et à propager le trou-
1. Lettre de Guyardin au Comité de Salut public. Arch. nat. AF n 100.
2. Proclamation de Guyardin du 1°" ventôse sur l’épuration à faire dans les trois jours. Arch. Ard. L 255. Résultats de l'épuration. Fonds Mazon. Chr. 19. Dénonciation du Cheylard contre Marcou et Malieval, impr. s. I. n. d. 15p, séance du 15 ventôse. Arch. nat. A D xvr 20.
3. Procès-verbal du conseil général du 9 frimaire, an 11. Arch. Ard. L 116.
4. Procès-verbal du directoire du 30 ventôse an n Arch. Ard. L 129.
5. Cousin avait été nommé. le 10 septembre 1793, commissaire provisoire des guerres. Procès-verbal du directoire du 13 sept. Arch. Ard. L 128. En brumaire, lorsqu'il est destitué par Reynaud, il était membre de la commission militaire de Lyon. Giyardin, dans sa lettre du 25 germinal, écrit en parlant de Cousin : (€ J'ai appris qu'antérieurement il avait déjà manqué de délicatesse, en exerçant les fonctions de commissaire des guerres,que Couthon et Laporte lui avaient confiées ». Arch. nat. À F 11 193. :
6. Chabal, à la suite du décret du 14 frimaire, avait vu son poste de procureur général syndie supprimé. Il avait été rappelé au directoire par les commissaires de Commune affranchie, Guyon et Delau, le 25 nivôse. Arch. Ard. L 129. -
ble et l'anarchie. « Je les ai reconnus de bonne heure, écrit-il, le- 25 germinal, et vous les ai dénoncés. J'allais les frapper, lorsque je me suis aperçu que je pouvais choquer une opinion dont ils avaient eu l'adresse perfide de s'entourer el je vous ai prévenus que je suspendais mes coups». Mais il les surveille de près et attaque vivement leur défenseur et ami, le fédéraliste Gleizal, qui, en juin dernier, a voulu jeter dans la révolte et l'insurrection le département de l'Ardèche, en signant le « Compte-rendu à nos commettants ». Il compte, d'ailleurs, être bientôt en mesure de € mettre à leurs places des patriotes probes qui ne s'occuperont que de l'intérêt public sans ostentation el sans cupidité » !.
Le conflit entre l'administration et le représentant ne tarde pas. à s'envenimer. La société populaire de Privas déclare que Durepaire a perdu sa confiance et le conseil général de Ia commune demande, le 28 germinal, l'inscription de Malleval sur la liste des émigrés. Le département, qui a longtemps abusé de cette arme redoutable contre ses ennemis, est fortembarrassé. Pour gagner du temps, il consulte Guyardin qui, le 17 floréal, le somme d'appliquer la loi. Le directoire, qui, dans l'intervalle, a reçu de Paris des nouvelles rassurantes, brave, cette fois, l'autorité du représentant et, le 21 floréal, refuse de considérer, comme émigré, un patriote zélé comme Malleval et il informe de sa décision le Comité de Salut public ?. Le 25, il écrit à Durepaire de venir rejoindre son poste, sans avoir égard aux dénonciations dont il a été l’objet *. Le directoire ne s’en tient pas là. Comme sa situation est difficile à Privas, au sein d’une population hostile, d'une société populaire et d’un comité de surveillance acquis à ses adversaires, il va reprendre pour la troisième fois, dans un but de représailles, un projet cher aux Jacobins de. Bourg-sur-Rhône.
Il s’agit d'enlever lauministration du département à Privas pour la transporter à Bourg-St-Andéol. Déjà, Durepaire, avant sa nomination au directoire, avait intrigué sans résultat auprès de Boisset pour obtenir ce transfert. Une autretentative avaiteu lieu, quelques semaines plus tard, mais la manœuvre, dévoilée à temps