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Mémoire de Lachadenède

4. Délibération de la Communauté de Villeneuve-de-Berg 16 nov. 1788. A. N B* 85 ; du 30 nov. avec 120 signatures But 174. Annonay 7 nov. 30 nov. 1788 A. N. Ba 14. Bourg-St-Andéol, 23 décembre. A. N. C#. Vallon, 23 novembre A. N, Bin 174, du 23 décembre B: 85

5. Procès-verbal de l'assemblée des trois ordres à à Privas, impr. Guillet. Bourg--

St-Andéol, 1789, 148 p., p. 96.

inituas

Nimes. La réponse était facile. Après l'érection de la séréchaussée -du Puy, il était constant que les députés du Velay avaient toujours été élus devant leur sénéchal particulier. C'était donc devant le sénéchal du Vivarais et non plus devant celui de Beaucaire et Nîmes -que devaient se réunir les trois ordres du diocèse. Le bon sens, d’ailleurs, à défaut de précédent historique, suffirait à condamner une ‘exigence aussi inconsidérée. Ne serait-ce pas une vexation mesquine et des dépenses superflues que d'imposer inutilement à des citoyens déjà misérables un voyage aussi long et aussi coûteux ? !

Eofin pour parer à la menace de tutelle judiciaire que Nîmes fait planer sur les deux sénéchaussées, les officiers de justice d’Annonav ét de Villeneuve-de-Berg s’empressent de réclamer pour elles d'attribution présidiale avec appel immédiat au parlement de Toulouse ?. Celte initiative était de nature à leur concilier la sympathie du parlement toujours très chatouilleux sur les questions de juridiction et hostile à tout démembrement de son ressort?.

Mais cette campagne en se développant fait apparaître de nouvelles injustices à réparer. Si on conquiert la présidialité, il serait illogique que tout le Vivarais n'en profite pas {. Et ainsi s’amorce la question du rattachement judiciaire des Communautés Vivaroises qui relèvent du Puy. Si cette attribution se concevait lors de la création dela sénéchaussée du Velay pour rapprocher la justice des justiciables, elle ne peut plus se défendre dépuis l'érection des sièges d'Annonay et de Villeneuve-de-Berg. Elle est contraire à la fois aux intérêts particuliers des paroisses séparées du Vivarais et aux intérêts généraux de la pelite province.

L'habileté des chefs est de faire mener cette campagne de réintégration parles communautés mêmes qui font l’objet du débat 5. Elles demandent au moins, comme mesure préliminaire, si la convocation

1. Mémoire de Lachadenède. 2. Délibération de la sénéchaussée de Villeneuve-de-Berg 31 octobre 1788 arch. mat, Bt 85 ; d’Annonay le 20 décembre 1788, arch. nat. Ba 14.

3. L’amipathie contre Nîmes est si forte qu'on est bien décidé, si on ne peut obtenir le droit d'appel à Toulouse, à réclamer Montpellier. Lettre de d'Antraigues à Lachadenède du 12 avril 1789 publiée par Pingaud dans la revue du Vivarais du 15-9 1894 p. 420.

4. Le Vivarais fiscal était beaucoup plus étendu que le Vivarais judiciaire. Une quarantaine de communautés étaient rattachées à la sénéchaussée du Puy.

5. Délibération de Vanosc, 25 février 1789 , de Monestier, 15 mars 1789 ; de St Julien-Vocance du 22 février ; de St Agrève du 16 mars 1789 ; de St Martinde-Valamas..…. etc., qui rappellent des délibérations antérieures. Arch. dép. Ard. 1B 143 bis. Délibération de Villevocance du 1 mars. A. N. Bni 174.

a lieu par sénéchaussée, d'être invitées à Annonay et à Villeneuve— de-Berg pour contribuer avec les autres paroisses du Vivarais au choix de leurs députés aux Etats Généraux. Elles protestent d'avance: contre l'obligation de se rendre au Puy où aucun intérêt ne saurait. les attirer. !

C’est encore au nom de l'intérêt, mais de l'intérêt général de la nation, que la bourgeoisie et les municipalités des grands centres.

font progressivement une part de plus en plus large dans leur pro--

gramme aux revendications générales du tiers. La plupart des délibérations développent longuement toutes les raisons sociales et

philosophiques qui imposent avec la suppression des privilèges le:

doublement du tiers et le vote par tête ? aux Etats-Généraux. D'Antraigues lui-même dans son premier mémoire avait tracé

la voie : « Le Tiers, dit-il, est le peuple, et le peuple est la base de-

l'Etat , il est l'Etat lui-même... » «C’est dans le peuple que réside la toute puissance nationale. » Il faut donc que le nombre de ses députés égale au moins celui des deux autres ordres réunis afin que

& l'intérêt public prédomine toujours dans une assemblée qui cesserait d'être nationale si jamais l'intérêt de quelque ordre que ce.

soit infirmait ou annulait la volonté du peuple. » L'Assemblée na-

tionale devra observer dans sa sagesse «que la forme qui conserve a chaque voix toute sa valeur est la plus populaire et conséquem--

ment la meilleure. » ? Ce sont ces déclarations de d’Antraigues qui font sa popularité.

Au début, la question n'intéressait guère que la bourgeoisie et la noblesse ; peu à peu, le clergé plus réservé finit par s'émouvoir à son tour. Il signe l'arrêté d'Annonay, et c’est surtout par son intermédiaire que le paysan connaît le bruit et l’agitation que soulèvent les réclamations du Vivarais. C’est le curé le plus souvent qui lit et

commente les adresses, arrêtés et pamphlets divers lancés dans le-

public. La population rurale accueille avec sympathie des réformes qui, avec un allègement de ses charges, lui promettent plus d'égalité et plus de justice. Lorsqu'il s’agit de prendre une délibération ou

de donner une adhésion, si elle laisse la plume au bourgeois, elle:

1. Délibération de St Agrève et des communautés du marquisat de la Rivoire Arch. dép. Ard. B 143 bis. cf) leurs réclamations à l'assemblée de Privas. Procès verbal de Privas p. 52 et 63.

2. Villeneuve-de-Berg 30 novembre 1788. A. N. C13. Annonay 2 novembre A. N. Ba 14. Vallon 23 novembre ; Viviers 30 novembre A. N. Bi 174 : Bourg- St-Andéol le 23 décembre 1788. A. N. Ba 85 ; le 30 déc. A. N. Ba 89.

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