Procès-verbal p
. 6. Cf) Sa lettre à Tauriers le 5 décembre 1788. Arch. Ard. B145.
rations soulèvent des tonnerres d’applaudissements. L'Assemblée, dans un élan de sympathie, va jusqu'à lui offrir une couronne civique que sa finesse et un sens très éveillé du ridicule plus que sa modestie lui font prudemment refuser. !
Et ainsi à toutes les séances la cordialité la plus communicative règne parmi les assistants. On n'y entend ni réclamation, ni protestation. Les réserves même les plus timides sembleraient de mauvais goût. Les gentilshommes, saturés d’éloges et de compliments, entraînés par la surexcitation du milieu, font assaut d'abnégation et de dévouement. La réunion de Privas est vraiment pour la noblesse Vivaroise une anticipation de la puit du 4 août. Non seulement, elle accepte l'égalité de l’impôt,mais le doublement du tiers et le vote par tête lui paraissent presque insuffisants. Elle réclame elle-même la suppression de toutes les inégalités, de tous les privilèges. Elle se grise de concessions, Dans l'enthousiasme, elle promet beaucoup plus qu’elle ne sera décidée à tenir une fois le calme et le sang-froid revenus. ? Si, à présent, elle ne songe guère à calculer ses intérêts, dans quelques jours, elle s’apercevra avec stupeur qu'elle a tout cédé, tout abandonné, sans autre compensation que de bonnes paroles. Jamais la bourgeoisie n'aurait pu rêver un pareil triomphe pour ses idées.
Avec le doublement du tiers.et le vote par tête, l'assemblée reprend dans ses arrêtés les diverses revendications qui ont alimenté la campagne des derniers mois. Elle ne se borne pas à renouveler les vigoureuses protestations de d’Antraigues contre les prétentions des Etats de Languedoc ; à l’unanimité, elle supplie le roi de transformer cecorps «illégal dans son principe, abusif dans son organisation, illusoire dans ses effets * ». Elle condamne les ambitions de Nîmes, réclame la présidialité pour les deux établissements judiciaires du diocèse, demande le rattachement au Vivarais des paroisses qui relèvent du Puy, et, une fois de plus, revendique pour le pays une députation libre, prise dans son sein en raison de son importance et élue par les trois ordres réunis au chef-lieu de leurs sénéchaussées. Et l'assemblée clôt ses séances en déclarant «que les. trois ordres du Vivarais inséparablement unis dans leurs droits