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Procès-verbal du 9 nivôse. Arch. Ard, L

Debry, à son tour, « pour étouffer, dès leur naissance, ces germes oubliés de superstition », lance une proclamation sévère contre les fanatiques & qui réclament la liberté des cultes ! ». Il dénonce les ennemis du peuple qui, «devenus tout à coup dévots, relèvent nuitamment des croix, disent des psaumes aux vieilles. femmes et chantent des messes de maîtres d'école ? ». Le 30 nivôse, il prescrit de nouvelles mesures contre les rassemblements provoqués. par les prêtres et les religieuses ?. à

Le décret du 3ventôse, rendu sur le rapport de Boissy d'Anglast, bien qu'il ne prévoie aucun local officiel, ni pour le culte, ni pour le logement des ministres, et qu'il persiste à proscrire tout signe: extérieur, est considéré comme un succès par les catholiques. « La. loi sur la liberté des cultes, écrit le Tanargue, a été reçue avec enthousiasme par les habitants de ce district, mais le début de l’éxécution fournit ici aux malveillants uneoccasion nouvelle de tourmenter l'opinion. »

Le 20 ventôse, à Aubenas, on commence à dire la messe pu-bliquement dans quelques sanctuaires improvisés.La foule s’y porte en masse de la ville et des paroisses voisines. Les oratoires sont trop exigus pour accueillir une affluence aussi inattendue. Il faut ouvrir portes et fenêtres pour que les fidèles quin'ont pu pénétrer à l'inté-. rieur puissent suivre les cérémonies du dehors. Le 30 ventôse, pour satisfaire le peuple, Dalmas cède la grande salle de l'hôpital qui. est encore insuffisante. Le 2 et le 5 germinal, dans plus de dix maisons différentes, on célèbre les offices, grand'messe et vêpres, et, au: témoignage de Delichères, tout se passe fort tranquillement. Le 13 germinal, qui correspondau Jeudi-Saint, la population se presse plus nombreuse encore dans les diverses chapelles. Partout, on organise des reposoirs que des mains pieuses se plaisent à orner avec un luxe inoui. Argenterie, étoffes précieuses, candélabres, luminaire et verdure, tout est à profusion. Le soir, dans tous les oraloires,on chanteen grande solennité le Stabat.5 C'est vraiment, après une éclipse de 18. mois, une véritable résurrection du culte catholique.

1. Proclamation du 12 nivôse de Debry, insérée dans le procès-verbal du département du 18 nivôse. L 134.

2. Lettre de Debry du 16 nivôse au Comité de Salut public. Arch. nat. C 331 1490.

3. Arrêté de Debry du 30 nivôse, Le département en ordonne la réimpres-sion, le 22 pluviôse. L 134.

4. Reimpression du Moniteur T. 23, p. 527, 528. 5. Comptes décadaires du Tanargue, L 882. 3ne décade de ventôse, 6. Manuscrit de Delichères p. 178, 174 et 176.

A Joyeuse, la municipalité tient à assister en corps à la messe qui se dit, le 25 ventôse, dans la maison du citoyen Lafcrest. ! A Annonay, « les saints Mystères, écrit l'abbé Filhol, furent offerts ostensiblement, le dimanche des Rameaux, dans le culte Dumas, el tous les prêtres qui ne s'étaient pas encore montrés parurent en public, le Samedi-Saint ou le jour de Pâques, » ? pour préparer les fidèles à la communion pascale.

A la fin de floréal, le rétablissement du culte est à peu près général dans toutes les paroisses. Le Tanargue reconnait l'impossibilité de corriger le peuple de ses habitudes religieuses et il propose, pour arrêter les progrès du fanatisme, de louer ou de vendre les églises, ?

Cette solution est envisagée sérieusement dans les villes par les fidèles eux-mêmes comme un moyen de rentrer dans la légalité et de ramener l’ordre, la tranquillité et labonne harmonie entre les citoyens. À Annonay, dès la fin de germinal, quelques citoyens zélés qui ont acquis de la nation l'église de Tranchin, la rendent à l'exercice du culte. À Aubenas, le maire Teissier propose, le 20 ventôse, à la société populaire d'acheter l'église paroissiale et indique la procédure à suivre. On nomme un commissaire pour faire les démarches nécessaires auprès du district. #

Dans les campagnes, le paysan ne s'embarrasse pas de scrupules légaux. Il veut ignorer de parti pris les restrictions du décret du 3 ventôse. Pour lui, il n’y a qu'un local propice au culte : c’est l'église et une résidence pour le curé : c'est le presbytère. Il ne songe pas à les acquérir à prix d'argent. Il ne s’agit que de les rendre à leur destination. Ce sont les femmes et les jeunes filles qui, d'ordinaire, prennent l'initiative de forcer la porte des églises et de ramener le curé au presbytère. Dans la plupart des communes, les municipalités ferment les yeux et l'ouverture des églises se fait sans bruit et sans agitation. Des scènes de violence et de désordre éclatent quand l'autorité, par souci de la légalité, essaie de s’y opposer.

Le 26 ventôse, à Gluiras, devant les tergiversations du maire

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