‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 376 sur 396 · Delichères p · texte numérisé non relu

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4. Fonds Mazon chron. T. 22, « Considérant qu'en me conformant à la loi du 11 prairial, il n'en peut résulter aucune nécessité de communiquer spirituellement et d’avoir des temples communs, soit avec des prêtres qui ont adopté la

Trois jours après la réunion d’Aubenas, le 26 août, il était à Joyeuse, donnant le signal et l'exemple de la soumission. Aussitôt les portes de l’église s'ouvrent, Vernet monte à l'autel,puis en chaire, au milieu d'un concours extraordinaire de peuple. Le lendemain, il écrivait à Avias, curé de Jaujac : « Hâtez-vous de faire votre soumission. Je l'ai faite ici hier matin, tout s'est passé à merveille. On m'a remisles clefs de l’église, j'ai chanté solennellement la messe et prêéché. Jugez si la cérémonie a dû être attendrissante après ce qui s'est passé » !.

Dés la fin août, les déclarations sont nombreuses et l'autorité, en général, ferme les yeux sur des réserves qu'aucune loi ne proscrit. La municipalité d'Aubenas, toutefois, craint de se compromettre *. Les femmes profitent du passage de Chazal, le nouveau représentant

en mission dans le midi, pour faire une démarche auprès de lui.Cha-

zal accueille favorablement leur pétition et leur promet d'autoriser à son retour la formule de soumission. On s’empresse de remettre l'église en état, on fait des quêtes pour restaurer le sanctuaire et tout le monde a à cœur d'y participer *.

Il semble que le passé ne soit plus qu’un mauvais rêve, quand, le 28 fructidor, arrive un nouveau décret de la Convention qui défend toute restriction et interdit même aux réfractaires l'exercice du culte privé. Une peine de 1.000 livres d'amende est prévue à la première infraction et 6 mois de prison en cas de récidive #. Chazal, de retour à Aubenas le 20, ne put tenir sa promesse. La population est consternée, l’anxiété étreint tous les cœurs. On se croirait subitement revenu aux plus mauvais jours de la Terreur.

Ce n'était, cependant, qu'une fausse alerte. Malgré toutes les prescriptions de la loi, Chazal feint d'ignorer la présence des réfrac:

taires ‘et la loi du 20 fructidor va rejoindre dans l'oubli les ar--

rêtés de Goupilleau. Les autres décrets contre le clergé n’ont pas plus de succès. Le 7 vendémiaire an IV, une nouvelle loi prescrivait

soi-disant Constitution civile du clergé, soit avec les ministres d’un autre culte... je déclare que, sous la réserve expresse de tout ce qui concerne la foi, la morale, la discipline et la hiérarchie de l'Eglise catholique, apostolique et romaine, je vis soumis aux lois de la république. » Cf) vie de Vernet p. 92, note.

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