‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 38 sur 396 · Procès-verbal p · texte numérisé non relu

Procès-verbal p

4. Léorat Picansel. Annales d’Annonay. Copie de Darnaud p. 2. Manuscrit de la bibliothèque d'Annonay.

5. Adhésions de Vogüé pour ses 4 baronnies de Vogüé, Aubenas, Montlor et Joyeuse de la Tour Maubourg, de la Tourrette, de Rochemaure. Procès-verbal p- 136-138.

6. Note de la page 138 du procès-verbal. [1 ne manque au Vivarais que l’adhésion des héritiers de M. de Soubise pour les baronnies de Tournon, Annonay, Lavoulte, dont l'intention ne peut être manifestée qu'après le partage qui aura déterminé les lots respectifs.

La campagne à bout de souffle dans le Vivarais continue sur un autre terrain. Jls'agit maintenant de tirer parti en haut lieu de cette unanimité pour faire pression sur le gouvernement au nom de l'opinion publique. C'est à Versailles,auprès de la cour,des ministres et duroi de quidépend la réalisation du programme de Privas,que l'action va se poursuivre. C’est là qu’il importe de contrebalancer l'influence des adversaires qui, eux non plus, ne restent pas inactifs et de se concilier l'appui des personnages influents dans les conseils du gouvernement.

Déjà, les Etats particuliers du Vivarais, dès le mois d'octobre, avaient chargé le comte de Rochemaure{ d'agir auprès des ministres et des notables pour la défense des droits du pays. Et Rochemaure avait fait preuve d’une activité méritoire. C’est lui qui, dans la première période de l'agitation, transmet les délibérations, les mémoires et les arrêtés des assemblées locales. Il tient un bureau de renseignements qui fournit aux chefs des arguments et des précisions utiles pour l'issue dela campagne ?. D'Antraigues de son côté, bien que brouillé avec son oncle St-Priest, à la suite de son premier mémoire, et mal vu de la cour* et des notables, à cause de ses attaques furibondes contre l’ancien régime, a conservé de nombreux amis dans les ministères. {1 est l’inspirateur et le confident de tous les réformateurs et partisans des idées nouvelles. Depuis longtemps lié avec Necker, il intervient fréquemment auprès de lui en faveur de ses compatriotes et appuie lears demandes avec d'autant plus de zèle qu'elles sont l'expression fidèle de ses propres désirs.

C'est à lui et au Vicomte de Monteil, qui vient d'être nommé sénéchal d'épée du Vivarais, { que songe l'Assemblée de Privas le 18 décembre pour défendre en haut lieu le bien fondé de ses revendications. Le lendemain, elle se ravise et devant l'importance pri-

1. Ce nom est orthographié dans les pièces manuscrites ou imprimées, tantôt Rochemore, Rochemure, Rochemaure ou Rochemeure.

2. Pièces justificatives à l'appui du mémoire du pays du Vivarais. Impr. 20 p. in-4° Bourg-St Andéol. Guillet 1788 «M. le Comte de Rochemaure,nommé parles derniers états particuliers pour aller à Paris, et qui dans ce moment s'y trouve, sera prié d'y séjourner durant l'assemblée des notables et de solliciter de toutes ses forces le maintien du droit du pays pour la députation aux Etats duroyaume ». Délibération dela Com. interm. du 22 octobre 1788. À. N. Ba 14.

3 cf) Pingaud. Un agent secret sous la Révolution et l'Empire. Le comte d'Antraigues, in-8 2e édition 1894 p. 55

4. Nommé le 13 décembre 1788, mais la nouvelle n’en était pas encore parvenue à l'assemblée de Privas. Histoire générale de Languedoc continuée par Ros-

chad T. XIII p. 128.

mordiale de la question, elle juge opportun de renforcer l'influence de ses avocats naturels par l'envoi d'une délégation directe composée du membre le plus représentatif de chaque ordre : l'abbé de Pampelonne, Satillieu et Boissy d'Angles. !

Tous ces efforts ne furent pas inutiles. Quelques jours après la réunion de Privas, le pays avait la satisfaction d'apprendre que le Roi, malgré l'avis des notables et sur le conseii de Necker, venait par son arrêté du 27 décembre ? de faire droit à l’une de ses plus ardentes réclamations. Le doublement du tiers étaitacquis. C'était la réalisation, quoique avec des modalités différentes *, d'un des articles Les plus importants de l'arrêté de Privas. Ce premier succès en présageait d'autres. C'était déjà une première infraction à l'usage de 1614, la première brèche au dogme tyrannique du précédent. Le Vivarais l’accueille comme la préface d’autres modifications qui l'intéressent plus directement.

D'ailleurs, les nouvelles reçues de Versailles sont encourageantes et, en janvier, le pays voit croître ses espérances. Necker et St Priest dans leurs réponses {aux délibérations et aux arrêtés, sans avoir qualité pour trancher les difficultés, laissent entrevoir à leurs correspondants qu'ils obtiendront satisfaction. C’est du moins ainsi que le public interprète la moindre parole banale d'intérêt ou les multiples accusés de réception. Déjà, la nomination d'un sénéchal d'épée du Vivarais fait bien augurer de l'avenir et, par les indiscrétions des bureaux, indiscrétions fidèlement transmises par la députation, on croit savoir que le roi s'est arrêté à la convocation par sénéchaussée.

Enfin, les lettres de convocation * paraissent le 24 janvier. Sans régler encore la question dans les pays d'Etats comme le Languedoc, elles prescrivent dans le reste du royaume une élection par bail-

1. Procès-verbal de l'assemblée des 3 ordres à Privas p. 91. «On foucnit aux frais de la députation par une contribution volontaire dans toutes les communes. L'’excédent servit aux frais d'impression du procès-verbal. » CF) Manuscrit de Delichères p. 5. Les dépenses faites par Satillieu,Boissy d'Anglas et Pampelonne s’élevèrent à 3.389 |. cf) compte rendu du directoire pour 1790. Arch. Ard. L350.

2. A.N. Ba 1. Délibération d'Annonay du 31 janvier 1789 pour exprimer sa reconnaissance au sujet du résultat du conseil du 27 déc. 1788. Arch. Nat. Ba 89.

3. Les arrêtés de Privas demandaient une proportion de 1/6 pour le clergé, 1/3 pour la noblesse et 1/2 pour letiers. Pour réduire chaque députation à 4 membres, l'arrêté du 27 décembre avait adopté la proportion de 1/4 pour le clergé, 1/4 pour la noblesse, 1/2 pour le tiers.

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