‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 39 sur 396 · A. N. B: 14, Bi · texte numérisé non relu

A. N. B: 14, Bi

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lage ou sénéchaussée. Il ne paraissait guère vraisemblable que les 12 sénéchaussées du Tanguedoc soient exclues d’un droit reconnu aux autres. La question fut définitivement tranchée le 7 février 1789 et cette fois « le règlement fait par le roi pour l'exécution des lettres de convocation » donnait satisfaction à l'ardente campagne des trois ordres du Vivarais : « Sa Majesté a reconnu que depuis l'année 1483, les lettres de convocation ont toujours été adressées aux Sénéchaux de cette province, que les cahiers, les doléances et le choix des députés aux Etats-Généraux ont été faits constamment par sénéchaussée et que, dans les listes des représentants du Languedoc aux précédents états, on voit indistinctement des membres des Etats de la province et des personnes qui n'en faisaient pas partie. Sa Majesté est donc -persuadée qu'elle ne porte aucune atteinte aux droits réels des Etats... ; en conséquence, (elle) ordonne que les lettres de convocation du 24 janvier soient incessamment envoyées au gouverneur de la province de Languedoc qui les fera passer aux sénéchaux de la provinceet, en leur absence, à leurs lieutenants pour être exécutées suivant leur forme et teneur dans toutes les sénéchaussées indiquées par l'état annexé au présent règlement.» {

Et l'état, par ordre alphabétique, porte bien Annonay et Villeneuve-de-Berg, Annonay avec une députation, et deux à Villeneuvede-Berg, ce qui correspondait à l'importance relative des deux sénéchaussées.

La cause des Etats de Languedoc était définitivement perdue. Pour toute consolation, on leur laissait entrevoir la possibilité, dans un avenir incertain, d'examiner leur désir d'envoyer quelques députés choisis parmi les Barons de la province. Pour adoucir la déception de Nimes, on finit par lui concéder une quatrième députation. ?

Le Vivarais était satisfait. Il obtenait enfin cette représentation directe librement élue par les trois ordres réunis dans ses deux sénéchaussées. Sans doute, il n'était question dans les lettres de convocation ni de l'intégralité de la petite province, ni de la présidialité des deux sénéchaussées, ni du vote par tête aux Etats-Généraux, mais si ces questions restaient en suspens, elles n'étaient du moins pas tranchées contre son vœu. Outre que les lettres de convocation pouvaient difficilement régler tous ces points de détail, le pays

IPFAPENPAP TEE 2. Par ordonnance du 8 mars.1789. Arch. nat... Ba 1,

avait désormais le moyen de poursuivre leur réalisation. Ce serait la lâche de ses députés aux Etats-Généraux que de continuer la lutte sur ce terrain et nul ne croyait qu'après ce premier triomphe Île succès püt faire le moindre doute. Un enthousiasme ardent pénètre toutes les âmes et passe dans tous les cœurs. On se croit à la veille de l’âge d'or. Les illusions les plus naïves, comme les espoirs les plus fous, hantent tous les esprits. El c'est dans cette exaltation de la victoire que la bourgeoisie et le peuple vont préparer la campagne électorale et faire les élections des députés dans les deux sénéchaussées du Vivarais.

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