‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 380 sur 396 · Delichères p · texte numérisé non relu

Delichères p

2. Fonis Mazon chron. T. 22. Lettre de Mazon d'Antraigues, beau-frère de Gleizal, du 20 messidor III.

3. Delichères donne de nombreux renseignements sur la progression des prix à Aubenas, aux divers mois de l'an [IT et de l'an IV. Cf) aussi les notes d’Espic et Teissier d'Aubenas, publiées par Vaschalde dans ses « Notes sur le Vivarais » In 0, 1079 1E Ve

4. Fonds Mazon chron. T. 22. Lettre de Pontonnier de Thueyts à Gleizal du 21 messidor II.

9. Arch. nat. Dur 14 Co Arch. Ard. L211. Lettre du département, 25 ventôse, au Comité de législation. >

LA si

bétail et rendre l'exploitation impossible. Un fermage qui, en 1790, correspondait à la valeur de 100 setiers de blé ne permet même plus à présent d'en acquérir deux !.

La loi du 15 germinal sur les baux à cheptel et celle du 2 thermidor sur le paiement partiel en grains atténuent ces injustices, mais rien ne vient remédier à la ruine des petits rentiers. Beaucoup de vieilles gens, qui vivaient parcimonieusemeni d’un petit revenu péniblement acquis, se débattent dans la plus noire misère. Le sort de l'artisan et de l’ouvrier est presque aussi désastreux. Le prix des journées de travail n’a suivi que de loin la progression. des denrées, et le chômage est de plus en plus fréquent. « On ne bâtit plus, constate Delichères, on ne fait plus d'amélioration, la terre, elle-même, n'est plus travaillée comme auparavant » 2. Il n'est pas jusqu'aux gendarmes qui ne soient dans l'impossibilité d'entretenir leurs chevaux et de subsister eux-mêmes avec leur maigre solde #. Les fonctionnaires, à leur tour, et les commis négligent leur travail ou désertent en masse l'administration qui ne leur assure plus les moyens de vivre honorabiement .

Le mécontentement est général. Chacun murmure contre la république, crie contre les patriotes et maudit un régime qui affame le pays. Les plus ardents à incriminer le gouvernement, ce sont les réquisitionnaires. Exposés à toutes les rigueurs de la mauvaise saison, mal nourris, mal habillés, ils sont astreints à des déplacements pénibles et à de lourds travaux. En cas de blessure ou de maladie, ils ne trouvent pas dans les hôpitaux les soins indispensables et, lorsque leur santé est délabrée et qu'ils sont incapables de gagner leur vie, on les renvoie sans secours dans leurs familles. Tels sont, du moins, les prétextes qu'ils allèguent pour se soustraire aux dangers de la guerre, rentrer dans leurs foyers et refuser de rejoindre leurs régiments ?.

1. Fonds Mazon chron. T. 22. Lettre de Malmazet à Gleizal, 25 floréal.

Page 1