Delichères p
3. Ils demandent,au moins, à recevoir en nature le pain, la viande et le fourrage. Procès-verbal du département, 5 ventôse, 15 floréal et 14 prairial L134-
4. En prairial, les ingénieurs se plaignent de recevoir 13 livres par jour, alors. qu’un maçon est payé 30 livres. L135. Les commis, après plusieurs demandes infructueuses, obtiennent enfin, en fructidor III et en brumaire IV, d’être payés en grains. L136. Les cantonniers refusent de continuer leur service. 12 thermidor. L136.
5. Delichères p. 205. Lettre de l'agent national de Payzac au Tanargue, en pluviôse L894. Cf) aussi les nombreux rapports du capitaine de gendarmerie Bru-
nel. Arch. Ard. 1449.
Cette plaie de la désertion, déjà si grave en 1794, dépeuple les armées, au cours de l'an IIL, et toutes les communes de l’Ardèche regorgent d'insoumis ‘. « Toutes nos routes de traverse, écrit le procureur syndic du Mézenc, le 9 messidor, sont pratiquées par des auxiliaires qui abandonnent leurs corps en troupe et avec leurs armes ». Les soldats suivent leur bataillon jusqu'à proximité du pays natal et profitent de la première occasion favorable pour gagner la montagne. Le général Perrin, qui commande les troupes des Pyrénées Orientales qui se dirigent sur l'Italie, constate qu'à chaque étape les rangs sont plus clairsemés. € Si le mal persiste, il n'amènera que bien peu d'hommes à destination » 2. Un détachement de 400 recrues perd la moitié de son effectif dans le court trajet du Puy à Joyeuse *. Dès le 28 floréal, Kellermann déclare que la désertion sévit d’une manière particulièrement intense dans les bataillons de l'Ardèche. « Si cela continue, il n’y aura plus aux drapeaux que les officiers » #. Tous les généraux pressent les divers corps constitués de prendre des dispositions énergiques pour contraindre les fugitifs à rentrer dans le devoir.
L'administration multiplie les arrêtés etles sommations, ? mais le succès ne récompense guère sa bonne volonté. « Les volontaires, écrit le Tanargue, en pluviôse, refusent de rejoindre leurs régiments. Je les ai menacés, tout a été inutile. » 5 Les paysans les protègent et les municipalités sont plus ou moins complices. Elles plaident les circonstances atténuantes et cherchent à endormir l’autorité supérieure. «€ Les uns sont dans le plus triste état, écrit Largentière, les autres ont promis de se mettre en route, quelques-uns sont déjà partis, les autres sont en fuite. » * Beaucoup n'osent pas les dénoncer, elles redoutent leur vengeance et ces appréhensions ne sont pas toujours illusoires. Forts de leur nombre et de lappui
1. Proclamation des représentants du peuple près l’armée des Pyrénées Orientales aux défenseurs de la patrie absents de leur corps et aux jeunes gens de la première réquisitior qui n'ont pas satisfait à la loi. Procès-verbal du département du 10 floréal. L135. Cf) aussi L882, 3m° décade de nivôse et L250, volumineuse correspondance au sujet des déserteurs. Cf) encore Arch. nat. F1 Ci Ardèche 6.
2, Arch. Ard. L449.
3. Comptes décadaires du Tanargue, 1'° décade de vendémiaire III. L882
4. Lettre transcrite au procès-verbal du département du 8 prairial. L135. Nouvelle lettre de Kellermann, le 17 prairial. 1,202.
5. Arrêtés et circulaires du département, 11 floréal, 20 messidor, 6 thermidor et 26 fructidor. L 134, 135, 136.