‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 42 sur 396 · ibidem · texte numérisé non relu

ibidem

3. C'est probablement Vacher qui est de Berzème et qui sera élu suppléant du tiers de Villeneuve-de-Berg.

4. On trouve aussi parfois dans certains cahiers des réminiscences ou de vrais extraits des mémoires du Comte d'Antraigues. Ainsi la paroisse d’Antraïgues demande la diminution progressive des troupes, car € les gens de guerre sont les

Faut-il en conclure que ces cahiers n'ont aucune valeur documentaire et ne reflètent nullement les idées et l’état d'esprit des populations rurales ? Il serait inexact de le prétendre même pour ceux, — un tiers environ, - qui ne comportent que des revendications d'ordre général et politique. Ces considérations sans doute laissent bien indifférent le petit cullivateur qui les signe, sans les comprendre, ou du moins sans en voir l'utilité pratique. Mais il faut remarquer cependant que les diverses classes du tiers ont des intérêts communs et que, parmi les vœux qui tiennent le plus à cœurà la bourgeoisie, un certain nombre qu'on retrouve dans presque tous les cahiers, comme l'égalité dans la répartition de l'impôt, le rapprochement de la justice des justiciables, la liberté du commerce, la diminution du prix du sel sant bien accueillis du paysan qui y donne joyeusement son adhésion.

De plus, il arrive qu'une assemblée n'accepte pas dans son intégralilé et sans changement le modèle proposé. Parfois, sur la demande des assistants, on ajoute un préambule et quelques articles particuliers ! qui nous renseignent sur l'état d'esprit et opinion de la classe aisée des campagnes ou sur la situation et la misère de la classe inférieure. Les imitations absolument serviles restent l'exception *.

Quelques cahiers enfin, peu nombreux il est vrai, sont nettement et exclusivement d'inspiration paysanne *. On les reconnaît à l'écriture, au style des procès-verbaux, mais aussi et surtout à la nature des doléances qui sont presque toutes d'ordre économique. Mais même alors, il est rare que les paysans, pour se concilier la sympathie de la bourgeoisie, ne fassent pas une part à ses revendications d'ordre administratif et social. Et ainsi, l'ensemble des

agents du despotisme. » De même, l'affirmation que € depuis trois siècles, il n'y a presque pas eu une guerre pour la défense des foyers » est inspirée du premier mémoire.

1. St-Sernin ajoute un post-scriptum pour demander la suppression du casuel et l'attribution de droits judiciaires aux consuls. Pradons et Chauzon, après des doléances purement politiques, soulignent les désastres causés par les inondations et l'impossibilité où sont les habitants de payer les impôts. Arch. Ard. B 142.

2, Les cahiers de Villevocance, Vanose et le Monestier, après 15 articles identiques, présentent quelques réclamations particulières. Arch. Ard. B 143 bis. D'ailleurs, les mêmes revendicitions locales s'expliquent assez souvent dans les paroisses limitrophes par la similitude de la situation et l'identité des besoins.

8. St-André-de-Cruzières, St-Sauveur-de-Cruzières, Gravières, Becdejun,

Chambonas, Les Vans. Arch. Ard. B 141.

4, Cf. Les cahiers de l'Uzérois, surtout celui des Vans.

cahiers nous apparait en somme comme le résultat d'une collaboration inégale des classes bourgeoises et rurales. La bourgeoisie a imposé ses idées philosophiques, ses conceptions politiques et son style et le paysan a souligné sa misère el à fourni quelques suggestions d'intérêt local.

Les vœux politiques et administratifs d'inspiration bourgeoise, qui occupent une place prépondérante dans la plupart des cahiers, ne font que reproduire les principaux articles de l'arrêté de Privas et se retrouveront presque intégralement dans le cahier général du tiers!. Le paysan laissé à lui-même ne s'élève guère au-dessus des horizons de sa classe ou de sa paroisse?. Le tableau qu'il fait de sa situation matérielle est fort sombre et il serait exagéré de le croire sur parolé. Ce sont toujours les mêmes plaintes sur fl'aridité du sol, sur le fléau des intempéries : gelée, grêle, inondations ou sécheresse qui ruinent l’agriculture et réduisent le cultivateur à la famine’. Les secours sont trop parcimonieusement mesurés el trop inégalement répartis. Aussi la plupart ont-ils des dettes qu'ils sont incapables de payer et leurs biens sont saisis et vendus.

Les récriminations sur le mauvais étal des communications sont générales. Les paroisses manquent de chemins de traverse, pour exploiter leurs champs et vendre leurs produits, alors qu'on construit, à grands frais et à leurs dépens, de belles routes dont elles ne profitent pas. Les péages, les droils d'entrée qui pèsent sur les marchandises portées à certains marchés sont pour l’agriculture et le commerce une gêne intolérable dont la suppression s’impose.T

Il convient aussi de prendre des mesures urgentes contre les importations qui drainent l'argent du pays et inondent la région de produits inutiles qui ruinent les industries locales. Les cahiers de l’'Uzérois surtout sont unanimes à demander la proscription du coton et de la mousseline, principaux obstacles au développement

1. CF. Le cahier du tiers-état d’Annonay. Arch. Ard. B 145 et de Villeneuvede-Berg. Arch. Ard. B 142.

2. Aizac, St Martin de Valamas, St Julien de Chateauneuf, Chanéac et La Chapelle sous Chanéac, pour ne pas affaiblir l'influence des campagnes aux assemblées de sénéchaussée, défendent toute réduction de députés primaires, arch. Ard. B142 et B143, bis

3. Cf. Tous les cahiers de l'Uzérois, ceux de St Andéol-de-Berg, St Andéolde-Bourlenc, Chazeaux, Balazuc, Chauzon, Aïlhon et Lentillères, etc.

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