OR & D
vote par tête « pour tous les objets relatifs à l'impôt et à son emploi», mais «elle se réserve de voter par ordre sur tous les objets qui peuvent intéresser l'existence et les prérogatives légitimes de chaque ordre. »! Villeneuve-de-Berg tient à conserver « l’ancienne manière de délibérer aux Etats-Généraux », tout en laissant entrevoir une modification de son point de vus pour l'avenir. &« Au cas qu'il s'élève des difficultés surla perpétuité de cette manière de délibérer, les députés sont autorisés à se prêter à tous les moyens conciliatoires propres à rétablir l'union et la concorde entre tous les ordres et à se soumettre à ce qui sera décidé à cet égard par les Etats-Généraux ».?
Si, par le vague de la rédaction, la noblesse réussit à masquer le désaccord qui la sépare des autres ordres sur ce point capital, on voit très bien son sentiment intime qui est nettement hostile à cette solution libérale. Si encore elle pouvait compter sur les bonnes dispositions du premier ordre pour faire échec à la poussée égalitaire qu’entrainerait le vote par tête! mais le clergé n’est plus pourelle un allié sûr. L'influence prépondérante des curés et prieurs entraîne l'ordre toutentier à la remorque des communes. C’est pour conjurer cette menace et reformer le bloc des privilégiés qu'elle demande avec insistance, avec une réorganisation de l'ordre du clergé, * une modification de l'importance relative des ordres. « Les curés ont un intérêt directement opposé à celui des évêques et autres bénéficiaires... en conséquence, il est constitutionnel que, dans l’ordre du clergé, il y soit appelé plus d'évêques et de bénéficiaires et moins de curés, comme il est de toute justice que dorénavant l’ordre de la noblesse soit représenté par une quantité de députés supérieurs à ceux du clergé, les membres de cet ordre n'étant qu'usufruitiers et ceux de la noblesse étant propriétaires. » ! Sur ce dernier point,elle reprend l'arrêté de Privas qui prévoyait pour chaque députation un membre du clergé, deux de la noblesse et trois du tiers-état. ÿ
Dans l'ensemble, la noblesse de Villeneuve-de-Berg, sous l’instigation du comte d'Antraigues qui brûle aujourd’hui ce qu'il ado-