‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 74 sur 396 · Bozas par Delarbre. Privas 1909, in · texte numérisé non relu

Bozas par Delarbre. Privas 1909, in

7. Lettre de Grollier. 2 sept. 1789 à M.du Besset à Lamastre,en réponse à sa du 22 août 1789, publiée par Tartary dans Revue du Vivarais du 15-1-1905 p. 48. « Je vois par les détails que vous m'en faites (de la fermentation générale)

qu'elle s’est bien un peu manifestée, mais que cela a été bientôt apaiséet n'a eu

aucune suite ! »

8. Ni Picansel, ni Poncer, ni Kilhol ne signalent de troubles graves dans le

haut-Vivarais.

Malgré quelques soubresauts plus tardifs !, dès la fin août, le pays a retrouvé son calme, mais l'inquiétude persiste. La Jacquerie n'a pas effrayé seulement les nobles et les privilégiés, elle a épouvanté encore beaucoup de bons bourgeois tout acquis à une révolution politique favorable à leurs ambitions, mais qui n'avaient pas prévu une révolution sociale et agraire dangereuse pour leurs intérêts, Quant aux paysans, si la plupart n'ont pris aucune part au pillage, si beaucoup en ont déploré les excès et blämé les violences, il en est peu qui n'aient vu avec une secrète sympathie cette destruction des archives et terriers, et ne l'aient considéré comme une préface brutale du renversement du régime féodal et une revanche tardive de l'oppression dontils ont souffert si longtemps. Aussi ne signale-t-on aucun mouvement spontané, aucune organisation populaire de résistance contre ces nouveaux brigands, nulle initiative pour prêter main-forte à l'autorité, tant que les « Jacques » ne s'attaquent qu'aux châteaux et aux archives. C'est tout au plus si, sur certains points, ils se groupent pour arrêter les brigands de profession © qui menacent non seulement les biens mais les personnes.

Durant toute la érise violente du mois d'août, l'autorité est restée veule et inerte devant le danger ; elle n'a pris aucune mesure pourenrayer l'insurrection et réprimer l'anarchie. Mais, après l'orage, elle retrouve son activité et son énergie et paraît bien décidée à être aussi implacable dans la répression qu'elle a été che devant le péril.

Dés le 19 août, la sénéchaussée de Villeneuve-de-Berg, en faisant un exposé des méfaits et des crimes de la Jacquerie, demande des pouvoirs plus étendus pour réprimer le banditisme. Les diverses juridictions, prêvôts des marchands, tribunal de sénéchaussée, instruisent l'affaire. Mais, complication inattendue, bien que tout le monde connaisse les coupables, personne ne veut les dénoncer. A Villeneuve-de-Berg l'autorité judiciaire n'arrive pas, malgré l'intervention de l'Eglise, à provoquer les révélations 5 indispensables pour

Page 1