‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 76 sur 396 · Aux Vans, à Annonay, à Villeneuve-de-Berg · texte numérisé non relu

Aux Vans, à Annonay, à Villeneuve-de-Berg

5. Délibération de Joyeuse 22 novembre 1789. Fonds Mazon F, 12.

prononcent des expulsions. Mais, en fait, leur but essentiel est de: maintenir l’ordre et de lutter contre l'anarchie menaçarte en défendant les principes de la Révolution. Ils sont les auxiliaires dévoués. de l'Assemblée nationale, et, tout en dénonçant énergiquement les menées des aristocrates !, ils collaborent à l'application et à l'exécution des lois qui fondent le nouveau régime. C'est avec eux désormais que correspondent les députés, c'est à eux qu'on envoie les. décrets ? et c'est encore eux qui provoquent ces enthousiastes adresses d’adhésions et de félicitations qui, de tous les coins du pays, vont s’entasser sur les bureaux de la Constituante ÿ.

Ces Comités sont très actifs, aussi longtemps que la situation reste troublée et que le succès de la Révolution parait incertain, mais le retour à un état normal, la fin de l'agitation, l'application: régulière des décrets, suppriment leur raison d’être et amènent leur disparition progressive. [ls n’ont d’ailleurs jamais été bien nombreux, ni bien vivants dans les campagnes { et les paysans se désintéressent vite de ces longues discussions stériles,de ce bavardage inutile qui leur fait perdre un temps précieux *. Ils ne survivent que dans les centres importants : à Annonav,Tournon, Aubenas,Privas, Largentière, etc... où se trouve une nombreuse bourgeoisie, plus libre de son temps, et où les divergences d'opinions ont provoqué la formation de païtis bien distinets. |

Dans la plupart des communautés, s'ils ne disparaissent pas, ils se transforment et finissent par se fondre avec les corps municipaux. Parfois à la suite d'un accord, parfois par la menace et la force, le Comité s’amalgame avec la municipalité qui s’élargit et s'insuffle un sang nouveau. Parfois la municipalité aristocrate se: lasse d'une lutte stérile, renonce à défendre ses positions et abandonne la place au Comité qui devient ainsi la seule autorité de ia

L. Ils protestent contre les déclarations de la minorité de l’Assemblée,contre les délibérations de la noblesse de la sénéchaussée de Toulouse, la réunion des Etats du Dauphiné, la lettre contre-révolutionnaire de Tavernol de Barrès à la municipalité de Metz.

2. Villeneuve-de-Berg, en novembre 1789, se plaint de ne pas avoir connaissance légale des décrets. Archives parlementaires, séance du 25 nov. 1759 T. p: 202:

3. Annonay et Privas invitent les habitants à faire don à la nation de leurs boucles d'argent.

+4. I'est impossible de faire-une statistique. La plupart n’ont laissé aucun papier et ne sont connus que par les adresses envoyées à l'Assemblée nationale

.. 9: Même à Joyeuse, on se plaint que les réunions du Comité soient désertées. Fonds Mazon F, 12,

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commune !. Souvent alors, l'assemblée générale des habitants intervient pour valider ? les pouvoirs et légaliser la situation de fait, et ainsi les droits usurpés deviennent légaux, en attendant l’organisation définitive des nouvelles municipalités que prépare l'Assemblée nationale. Le résultat de cette activité politique * et de cette transformation lente des institutions est le développement de l'esprit public, le progrès des idées patriotes qui se sont imposées presque partout.

Mais en même temps qu'ils créent les Comités permanents qui assurent l'unité de direction du parti, les patriotes se donnent une force armée qui sera la garantie de la tranquillité et de la sûreté publiques et l'instrument de lutte dont ils disposeront contre l’anarchie et les ennemis de la Constitution.

Cette armée nouvelle se forme, tout d'abord, sur le modèle des anciennes milices qui existaient dans un certain nombre de villes, mais qui, depuis longtemps, n'étaient plus réunies. À ja suite de la prise de la Bastille, à l’imitation de Paris et à l'exemple du Dauphiné, quelques centres importants comme Annonay, St-Agrève f, St-Péray. Villeneuve-de-Berg, commencent, aäans la seconde quinzaine de juillet, à remettre ces milices en activité pour prêter mainforte à une police insuffisante et désorganisée ; mais elles ne naissent vraiment que le jour où les paysans se lèvent pour marcher contre les brigands imaginaires qui ravagent le Dauphiné. Et c'est la Jacquerie et le désordre des premières semaines du mois d’août

1. À Joyeuse, l'accession du Comité permanent se fait en deux étapes Le Comité oblige d’abord le maire et deux officiers municipaux à donner leur démission Le 28 août. Ils sont remplacés par des membres &u Comité. Puis, en novembre la municipalité tout entière est remaniée et les membres restants du Comité permanent deviennent le conseil politique de la municipalité. Archives municipales Joyeuse. Fonds Mazon F 12.

2. Parfois même, les pouvoirs du Comité permanent sont validés par l’intendant comme à Aubenas. Manuscrit de Delichères p. 25.

3. « Cet établissement eut le plus grand succès pour calmer les inquiétudes et prévenir les troubles qui fermentaient dans la commune». Manuscrit de Delichères p 25.

4. Le 26 juillet 1789, St-Agrève à l'exemple d'Annonay forme une garde bourgeoise pour surveiller « les vagabonds et gens sans aveu » Revue du Vivarais

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