‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 89 sur 396 · cf) St-Victor. Arch. Ard. L · texte numérisé non relu

cf) St-Victor. Arch. Ard. L

2. A part les membres de l’ancienne organisation de Languedoc qui sont favorables au maintien de son unité, l'opinion reste inerte. C'est à peine si on peut signaler quelques mémoires qui prennent la défense de la province. cf) Rapport sur Le projet de la division du Languedoc en départements. Anonyme. Bibliothèque de la ville de Montpellier. Fonds Languedoc 476.

mesure que la question mürit et se précise, l'opinion fait un accueil de plus en plus favorable ! au plan du Comité. Bientôt même, les officiers de sénéchaussée, les gentilshommes, les hommes de loi et tous les bourgeois en viennent à considérer le morcellement du Languedoc comme le seul moyen efficace de supprimer son humiliant contrôle fiscal et administratif et d'écarter les prétentions sans. cesse renaissantes de Nimes au point de vue judiciaire ?. Ces divers: éléments sont unanimes à se rallier à la solution préconisée par Thouret * qui, tout en respectant l'autonomie des départements,conserve momentanément quelques rouages utiles de l'ancienne administration, et, pour les dettes et les travaux publics, substitue à la province la nation toute entière. Une: commission sera chargée de liquider les affaires communes et la délimitation sera préparéé par les députés de la région, de manière à ménager les intérêts particuliers et à tenir compte des traditions locales.

Avec la proposition de Mirabeau et d'Aubry du Bochet‘, le haut Vivarais caresse déjà l’idée de former un département distinct. Annonay surtout s’enthousiasme pour une division qui flatte ses ambitions de petite capitale et la recommande chaleureusement à ses députés 5. Malheureusement le décret du 11 novembre 1789 qui limite le nombre des départements au chiffre de 75 à 855 ne lui laisse aucun espoir de réaliser le rêve entrevu.

C'est alors que le Velay,trop faible lui aussi pour constituer un département, cherche habilement à exploiter les vieilles rivalités du Nord et du Midi pourattirer à lui la région du haut Vivarais. Anno-

1. Boissy d'Anglas et Chateauneuf-Randon sont les plus empressés des députés de Languedoc à donner leur adhésion au morcellement de la province. cf) Lettre des députés du haut Vivarais aux membres du comité d’Annonay, 26 novembre 1789. Collection Vaschalde, publiée par Vaschalde dans le Vivarais aux Etats Généraux ; pièces justificatives p. 272-275.

2. Nîmes n'avait pas encore renoncé à poursuivre la suppression des deux sénéchaussées du Vivarais. La question de l'indemnité que les officiers de Nîmes réclamaient à ce sujet était encore pendante en 1790. cf) Arch. Ard C 1085 etarch. Hérault C 1832. x

3. Arch. Parlementaires T. IX séances des 3 et 9 novembre 1789.

4. Mirabeau demandait la division de la France en 120 départemeuts. Aubry du Bochet en voulait 203. Il finit par se rallier à la proposition de Mirabeau. Arch. Parlement T. IX séances des 3 et 5 novembre 1789.

5. Lettre des députés du haut Vivarais aux membres du comité d'Annonay 26 novembre 1789, déjà citée.

6. C'était le plan du Comité qui finalement était adopté avec quelques modifications après kes interventions favorables de Rabaud, St-Etienne, Duquesnoy, Barnave, Demeunter, Châteauneuf-Randon, Pétion de Villeneuve et Target.

nay, St-Agrève !, St- Martin-de-Valamas ? ne semblent pas hostiles. de prime abord à cette union, et Boissy d’Anglas lui-même prête une oreille complaisante aux sollicitations du Puy *. Des pourparlers s'engagent. Bientôt le bas Vivarais s'inquiète. Ces négociations. clandestines sont pleines de menaces pour iui et pour le pays tout entier. Ce serait la fin du Vivarais, la mutilation de la petite province que la géographie semblait avoir modelée et que les vicissitudes de l'histoire, au cours des âges, avaient toujours respectée. Les députés de Villeneuve-de-Berg poussent le cri d'alarme et dénoncent, le 18 novembre, comme une trahison, l'attitude énigmatique de leurs collègues d’Annonay. Et leur voix, en touchant la fibre. sensible du patriotisme local, trouve immédiatement le chemin du cœur. Si personne ne songe plus à défendre l'unité du Languedoc, une campagne s'organise sur le champ pour le maintien de l'intégrité du Vivarais. Tous les bourgs, toutes les villes du midi protestent sans ménagement contre tout projet de scission et de démenbrement. Malgré les difficultés passagères, malgré les nuages qui: ont pu assombrir parfois leur union,le souvenir des anciennes luttes. et des liens intimes qui, depuis les premiers âges, ont groupé les diverses régions est resté si vivace dans toutes les âmes que le Cheylard #, Tournon *, Chalençon ‘,La Voulte 7 et la plupart des centres da haut Vivarais joignent aussitôt leurs protestations à celles d'Aubenas *, de Viviers,”, de Villeneuve-de-Berg !!, de Largentière !! et

1. St-Agrève fait d’abord une réponse évasive à la députation envoyée par le Puy pour solliciter son adhésion, il attend des renseignements d’Annonay. Délibération du 26 nov. 89. Le 2 déc. il accepte : Arch. nat. D IV bis 4.

2, Arch. nat, D iv bis 19. Délibération du 6 décembre 1789. Les citoyens consentent à faire partie du Puy,à moins toutefois que ne soit établi dans le centre du Vivarais un département et un tribunal souverain «ce qu’ils préfèreraient »,

3. Lettre des députés de Villeneuve-de-Berg 18 nov. 1789. Arch. nat. AD xvr 20. :

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