Mémoire d’Espic Arch. Ard. L
son tour, s'oppose à toute cession, et, à l'appui de son intransigeance, il produit toute une série d'adresses et de déclarations hostiles à tout démembrement. La région de Bourg-Argental ne se borne même pas à protester contre les prétentions d'Annonay, elle envoie deux députés, Nayme des Oriols et Richard, ! plaider sa cause devant le Comité. Celui-ci, devant une pareille répugnance, hésite d’abord à se déjuger, puis, sans trancher la question d'attribution -définitive, propose de laisser la possession au Forez, mais se garde bien de revenir sur les concessions faites au Velay au détriment du Vivarais. Le pays avait perdu sa cause devant le Comité et il restait peu d'espoir que l’Assemblée nationale, qui devait trancher en dernier ressort, consente, dans son ignorance des convenances locales, à réformer le projet qui lui était soumis. St Martin, cependant, à la séance du 25 janvier 1790, demande et obtient la parole pour défendre les intérêts de son département *. Mais, devant l'exposé du Comité et la plaidorie de Rostaing, Delandine et Richard, députés du Forez, * l'Assemblée, tout en laissant la liberté aux paroisses contestées de se réunir au Vivarais lorsqu'elles le jugeraient utile, maintient la possession provisoire au Forez. t
La déception fut d'autant plus forte qu'on ne s'était résigné à subir un démembrement du pays, au profit du Velay, que dans l'espérance d'une compensation dans le Forez. Mais, puisqu'il fallait renoncer à cet agrandissement dont Pradelles était la rançon, peut-être était-il temps encore, avant le verdict de l’Assemblée, de faire rouvrir la discussion sur ce point et de sauver les communautés ré- -clamées par le Puy.