‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 97 sur 396 · Mémoire d’'Espic. Arch. Ard. L · texte numérisé non relu

Mémoire d’'Espic. Arch. Ard. L

2. Pétition de St Sauveur en Rue et de cinq paroisses voisines qui. le 16 mai 1790, acceptent, sous certaines conditions, leur union au Vivarais, arch. nat. D 1v bis 4,

3. Annonay qui est la ville la plus importante du département aspire à en devenir le chef-lieu.

4. En septembre 1790, Boissy d’Anglas et St Martin essayèrent sans succès de faire rouvrir la discussion sur la question de Bourg-Argental. Le provisoire deviendra définitif. cf). Lettre de St Martin à Chomel du 25 septembre 1790, publiée par Nicod. Le représentant St Martin. Sa correspondance avec L Th. Chomel. Privas 1906, in 8, 56 p.

dit les régions de Pradelles et de Fay-le froid sans compensation.

Inquiets de leur échec et du contre-coup qu'il pouvait avoir sur l'opinion publique, quelques semaines plus tard, les représentants du Vivarais, soutenus cette fois par une délégation de Pradelles et de nombreuses délibérations !, essayèrent vainement de faire rapporter le décret. Il était trop tard. Le Comité consentit bien à recevoir les députés de Pradelles et à écouter leurs doléances ?, mais refusa de proposer « un décret de renvoi aux Assemblées des départements respectifs pour y être statüé sur nos réclamations. » Quant à l’Assemblée nationale, elle était si peu accueillante aux protestataires qu'ils n’osèrent pas solliciter leur admission à la barre *. Au mois de juin, Pradelles revenait encore à la charge, avec l'appui de l'assemblée électorale du département de l'Ardèche, mais l’Assemblée nationale, pour fermer tout recours contre les décisions prises, renvoya toute revision de son œuvre aux assemblées postérieures. Celles-ci auront des préoccupations plus urgentes, et, malgré ses pétitions { nombreuses et tenaces qui marquent bien son attachement au Vivarais, Pradelles, l’accoutumance aidant, finira

1. « Extrait du registre des délibérations de la ville de Pradelles en Vivarais ce jourd'hui 4 février 1790 suivi d'observations. » impr. 12 p. arch. Ard. Fonds Mazon, chronologie T. 14. La ville de Pradelles délègue 2 députés : de Ribains et Champalbert à Paris, ( pour parer au désastre » que serait la réunion de Pradelles au Velay. La délibération est signée par plus de 150 habitants. « Les paroisses de St Etienne du Vigan, St Clément sous Pradelles, St Arcons de Barges, Vielprat, Lafare, St Paul de Tartas, St Cirgues-en-Montagne, La Chapelle Graithouse, St Etienne de Lugdarès, Concoules, Coucouron et la Vilatte ont adhéré par délibération unanime aux réclamations de Pradelles et ont chargé leurs députés de taire valoir les mêmes motifs. » p. 12.

2. Note des députés de Pradelles au Comité. Arch. Ard. L 344 « Nous venons, MM., mettre sous vos yeux la consternation qui règne dans cette contrée, nous demandons à votre sagesse de prendre les moyens propres à y rétablir le calme. Les citoyens instruits les attendent avec une respectueuse confiance, mais la multitude, qui agit sans raisonner, imputerait à notre insuffisance l’inutilité de ses réclamations... »

3. Adresse des députés de Pradelles à l'assemblée du département de l’Ardèche. Arch. Ard. L 314. « La puissante sollicitation employée par MM. les députés du Velay nous empêcha de solliciter notre admission à la barre pour demander un décret qui fixa notre sort. »

4. Délibérations de Pradelles des 5 mai, 8 mai, 12 juin 1790. arch. nat. Div bis 36. Pradelles et les municipalités de son canton refusent de tenir leurs assemblées primaires et ne veulent pas aller voter au Puy. Le Comité de Constitution répond, le » juin 1790, qu'elles doivent exécuter les décrets de l’Assemblée nationale, sinon € on se passera de leur concours. Elles ne seront pas admises non plus à voter dans le département auquel elles aspirent... » arch. nat. Div DS 81. Nouvelles réclamations en août, septembre et novembre 1790 et en

février 1791. Arch. Ard. L 344.

état dr de dr

L'ORGANISATION DU NOUVEAU RÉGIME lei

par se résigner et restera au Velay. Et ainsi, après plusieurs siécles, la question pendante des paroisses disjointes sera enfin réglée. Une trentaine de paroisses ou juridictions diverses reviennent à l'Ardèche pendant qu'une vingtaine sont définitivement rattachées à la Haute-Loire.

Si la bourgeoisie des grands centres et la population des paroisses contestées se passionnent pour cette question des limites du département ‘, la masse reste passive, quoique sympathique aux efforts du pays. Elle ne s'intéresse pas davantage à la division en districts. Seuls, les hommes de loi et les municipalités des villes mènent une vive campagne, moins sur la délimitation des districts que sur l'attribution de leurs chefs-lieux.

Le Comité et l'Assemblée, pour régler cette répartition, voulurent tenir compte du vœu des habitants et provoquèrent leur avis. ‘Ce fut un déluge de délibérations, d'adresses, de députations diverses. Près de trente bourgs ou agglomérations diverses du Vivarais s'empressèrent de faire valoir leurs prétentions ?. Les raisons ne varient guère. Chacun vante l'affabilité de ses habitants, ses «mœurs douces comme son climat, pures comme l'air qu'on y respire » ?, l'avantage des établissements qu'il possède, son importance dans le passé, ou bien, au contraire, il étale sa misère, la décadence de son commerce et de son industrie # et prédit sa ruine inévitable s'il n'obtient pas le chef-lieu convoité. Le grand argument est « la centralité » de la position et la facilité de l'accès.

Chaque ville a soin de faire appuyer ses revendications par de

nombreuses délibérations des paroisses voisines et ne manque

1. Les limites entre l'Ardèche et le Gard furent fixées le 17 février 1790. ct) procès-verbal du 17 février 1790. Fonds Mazon, chronologie T. 14. 11 y eut de nombreuses difficultés avec la Drôme au sujet des fonds Vivarois sur la rive gauche du Rhône. cf) Arch. nat. D IV bis 81. La question fut tranchée seulement le 3 ventôse, an 10,et définitivement réglée en 1809. Arch. nat. F 21 456.

2. Arch. nat. D IV bis 4, 19, 36, 81. Parmi les villes qui réclament un district, on peut citer : Annonay, Tournon, Lamastre, Desaignes, Vernoux, Le Cheylard, St Agrève, St-Martin de-Valamas, La Voulte, Le Pouzin, Viviers, Joyeuse, Largentière, Les Vans, Montpezat, Bourg St-Andéol, Villeneuve de-Berg, Aubenas, Privas, Chalencon, St-Péray, Jaujac, etc...

3. Délibération du Cheylard le 22 novembre 1789. Arch. nat. D IV bis 4.

4. Délibération de Joyeuse le 12 janvier 1790 ; de Desaignes le 22 novembre 1790. Arch. nat. D IV bis 4.

5. Délibération de Villeneuve-de-Berg 1% mars 1790, citée par Vaschalde. Le Vivarais aux États Généraux, pièces justificatives p. 282-285. Villeneuve-de-Berg se plaint amèrement des sollicitations déloyales d'Aubenas qui cherche à attirer à elle « des villages qui naturellement auraient manifesté une volonté contraire si l’on n’avait cherché à les gagner par des motifs totalement étrangers au décret -qui 5xe les districts ».

pas de déprécier avec force détails sa voisine qui est toujours sa concurrente. Pour Desaignes !, Lamastre a assez de commerce, St- Agrève est trop froid et Vernoux est « agité de l'esprit républicain. qui répugne à tout homme qui pense raisonnablement ». Chalencon ? n'admet pas qu'on lui préfère Vernoux, «attendu que les trou bles qui règnent dans ce village en éloignent tous ses voisins ». Chacune propose d'envoyer une députation * pour défendre ses droits. Les villes qui ont l'appui d'un député akusent de son crédit et de son influence # pendant que les autres se plaignent amèrement de: ce favoritisme.

Le Comité est débordé. Les commissaires adjoints se bornent à donner leur avis, servent à l’occasion de médiateurs, prennent note: des arrangements conclus, maïs, en général, ils laissent faire les. députés du département, qui sont plus intéressés à la question et plus au courant des nécessités et des habitudes locales. Ceux-ci: ont un désir sincère de faire œuvre équitable, mais ils connaissent mal le pays, n'ont à leur disposition qu’une carte défectueuse et,surtout, ils se laissent influencer par le souci de servir les intérêts particuliérs de leur cité. Ils finissent par convenir de sept districts dont trois pour le haut Vivarais et quatre pour la sénéchaussée de Villeneuve-de-Berg. Les chefs-lieux provisoires sont fixés à Annonay, Tournon, Vernoux, Privas, Aubenas, Villeneuve-de-Berget Largentière. Cette division assez paradoxale, qui groupe dans un secteur: restreint la plupart des chefs-lieux du bas Vivarais et qui rejette: dans le district de Privas la région du Cheylard, sans tenir compte de la distance et des difficultés d'accès, souleva de véhémentes protestations dans tout le pays. Viviers, Joyeuse, Bourg-St-Andéol, St- Agrève, se plaignirent amèrement d'avoir été sacrifiés, et le Cheylard ne pardonnera pas facilement aux députés d'Annonay de s'être: ainsi désintéressés de son sort.

Il envoie aussitôt une députation à Paris pour défendre ses in-. térêts. Le 14 mars 1790, dans un long mémoire, celle ci dépeint « la. consternation où a jeté les habitants de cette partie du Vivarais la

1. Délibération de Desaignes le 29 novembre 1789. Arch. nat. D IV bis 4. 2. Délibération de Chalencon du 15 décembre 1789. Arch. nat. D IV bis 4.

3. Lettre du Maire de Villeneuve-de-Berg à Dubois Mäurin, 3 mars 1790. cf} Vaschalde. Le Vivarais aux Etats-Généraux, pièces justificatives, no 7.

4. Espic soutient les prétentions d'Aubenas, Dubois Maurin celles de Ville-

neuve-de-Berg, Defrances celles de Privas, Boissy d'Anglas, Monneron et Saint Martin sont les agents d'Annonay.

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