DISPOSITIONS DE L AUTRICHE
«Voici comment s'exprime, sur les dispositions «de l'Autriche, le Messager des Chambres, que, « certes , on n'accusera pas d'être alarmiste ou en- « nemi du ministère :
Au sujet des dispositions de l'Autriche, nous pouvons dire pour notre part que nous avons vu un voyageur arrivant de Constantinopîe par terre, et qui a traversé toute la monarchie autrichienne, où il a vu un très grand développement de préparatifs militaires contre la France , d'après l'opinion universelle des officiers et des bourgeois.
La landwehr est réunie et continuellement exercée, infanterie, cavalerie et artillerie. L'esprit des peuples est travaillé contre* la nation française avec beaucoup d'énergie et de succès. On nous représente comme livrés à toutes les horreurs de 9.3 , pillant les églises , abattant les croix, incarcérant les prêtres, voulant, non plus seulement comme clans la première révolution.
( 156) le renversement des trônes et des autels, mais encore celui de la propriété , et marchant enfin à la décomposition entière de tout ordre social (j). Ces monstruosités obtiennent un crédit complet dans les deux tiers des pays soumis à la domination autrichienne, où, comme on sait, il n'y a point de presse pour détromper les esprits. De là résulte une espèce d'enthousiasme patriotique parmi ces peuples pour la cause de leurs foyers, de leurs croyances et de leurs propriétés, qu'on leur dit menacés d'une épouvantable subversion , et le gouvernement opère ses levées d'hommes et d'impôts avec le plus grand succès. Nous livrons ces faits , dont nous affirmons
(i) Des brochures composées à Vienne représentent la doctrine saint-simoniste 'sans la faire connaître ni même la nommer) comme étant la doctrine fondamentale de la nouvelle révolution française, et celle que notre nation voudrait faiie prévaloir par la force des armes dans toute l'Europe.
On conçoit qu'il est facile aux gouvernemens absolus de nous représenter comme des désorganisa leurs effrénés , en confondant avec nos vrais principes de liberté et de gouvernement représentatif les prédications d'une secle isolée qui enseigne le partage des biens ou du moins l'abolition de toute propriété héréditaire) et qui inscrit sur sa bannière que les institutions sociales doivent avoir pour principal but l'avantage de la classe la plus pauvre.
Nous ne prétendons pas discuter ici cette doctrine ni la pureté d'intention de ses apôtres. Nous constatons seulement cette remarque, qu'elle sert de prétexte aux gouvernemens absolus pour créer en leur faveur un nouveau genre de patriotisme fondé sur la conservation d'un ordre social européen dont la propriété est la base.
(Note du Messager.)
là certitude, aux méditations de nos hommes d'État qui peuvent les comparer aux renseignemens Fournis par les agens diplomatiques.
«Ce que le Messager appelle avec raison des « monstruosités^ été dit par les journaux dnjuste- « milieu , dès le "mois d'août, c'est-à-dire à une épo- « que où les prétextes donnés maintenant à la « mauvaise foi , par l'irritation qu'ont produite « sept mois de déception , n'existaient pas encore; « à une époque où le peuple avait témoigné le « plus grand respect pour tous les signes religieux, « où les patriotes demandaient seulement qu'on «daignât consulter le vœu national légalement aémis , et où les plus ardens parmi eux n'avaient «jamais pensé qwa remettre la suprême magis- « trature à un vieillard connu des deux mondes par «sa modération et par sa bonté, autant que par « son patriotisme.
« Il est vraiment glorieux pour les ministé- « riels du 7 août, d'avoir devancé, clans leurs vé- « ridiques colonnes, les mensonges que répandent «nos ennemis pour irriter les peuples contre la «France, mensonges que les scribes de la coali- «tion n'ont osé répéter que lorsque l'exaspé- « ration du peuple, chaque jour accrue par les («actes funestes du pouvoir, a porté quelques tê- « tes fausses à se séparer, ou plutôt à sembler, dans «des discours irréfléchis, se séparer des patriotes
( 158 ) « dévoués avant tout à la sécurité générale et au «véritable ordre public, pour embrasser des théo- « ries absurdes , ou réveiller des souvenirs san-
« glans. »
12 Mars 1831.