INCERTITUDES SUR LA FORMATION DU CONSEIL
« Les exemplaires de la Tribune ont été encore «aujourd'hui arrêtés à la poste et saisis dans nos «bureaux. Il paraît que M. Persil nous garde pour « chaque semaine une saisie et deux procès.
« M. Persil vient d'être nommé membre de la Lé- « gion-d' Honneur.
« Ce redoublement de haine contre un journal «autour duquel se rallient tous les patriotes qui « ont fait la révolution de juillet , et tous les hom- « mes qui, soit à Paris, soit dans les provinces, «sont décidés à opposer une généreuse résistance «à la troisième invasion, s'allie parfaitement avec «la reconnaissance du droit d'intervention de «l'Autriche dans les affaires de l'Italie, avec la «dispersion des réfugiés piémontais, avec les ar- « restations des citoyens assez mal avisés pour «remplacer, au 29 juillet, le drapeau blanc des «Tuileries par le drapeau tricolore, avec les baïon-
«nettes dirigées contre des jeunes gens réunis « pour aller féliciter un digne magistrat. Il y a dece puis plusieurs jours quelque chose de convul- « sif dans toutes les démarches du pouvoir. Ces « convulsions annoncent-elles l'agonie d'une fac- « tion incompatible avec la défense nationale , ou «bien présagent-elles la mort prochaine de la «France de juillet? Il paraît que ce n'est pas en- « core décidé. Les bulletins qui se succédaient au- «jourd'hui très rapidement, comme dans toutes «les maladies graves, indiquaient tantôt quelques «lueurs d'espoir, tantôt des symptômes immi- «nens de dissolution et de gangrène; un moment «c'était un ministère Laffitte, Eusèbe Salverte , «Mauguin; une heure après c'était un ministère «Périer et Decazes. Les deux drapeaux luttent en- « core.
« Que Dieu sauve la France !
«Il y a eu de nouveaux troubles à Paris; mais «un simple récit des faits, sans la moindre ré- « flexion , est réputé séditieux^ et il vaut mieux se « taire que mentir.
13 Mars 1831.