‹ La révolution de 1830 et le véritable Parti républicainChapitre 109 sur 131 · DÉSABMEMENT DE LA SUISSE · texte numérisé non relu

DÉSABMEMENT DE LA SUISSE

«Tandis que les Parisiens commentent par ha- « bitude le discours de la couronne , quoiqu'il ne «s'y trouve ni une idée nouvelle, ni même une « modification quelconque des idées répétées jus- « qu à satiété par le ministère Guizot d'abord , puis « par le ministère Laffitte, et enfin par le ministère « Périer, on entend à peine, de loin à loin , une « réflexion sur l'importante nouvelle du désarmées ment de la Suisse. Il me semble cependant qu'il « y a là sujet à réfléchir, surtout pour ceux qui «n'étaient pas encore convaincus de la certitude « et de l'imminence de la guerre.

«En 181 4 la grande armée alliée pénétra en France « par la Suisse. Après la révolution de juillet , les « cantons , voyant la coalition se réformer contre

( 207 ) « nous, et ne voulant pas concourir cette fois en- « core à notre ruine, avaient décrété leur neutra- « lité. Ils avaient ordonné, pour la défendre, une «levée de cent mille hommes; ils avaient com- « mencé des retranchemens sur les principaux «passages de leurs montagnes. Les troupes au- « trichiennes a°[lomérées sur les frontières n'ont « rien dit tant que l'hiver suffisait pour leur in- « terdire cette route. Mais à l'approche du prince temps, le gracieux autocrate des Russes, l'illus- « tre prince de Metternich et le successeur de « Fréderic-le-Grand, ont témoigné qu'il était peu « convenable et peu prudent de vouloir barrer le <( passage à leurs armées libératrices. De petites « notes, les unes publiques, les autres secrètes, « ont exigé que rien ne gênât le transit de leurs « bataillons. La Suisse a regardé si la France était « derrière elle pour la soutenir; elle a vu MM. Pé- «rier et Sébastiani livrer la clef d'une autre fron- « tière, le Luxembourg; elle a jeté les yeux sur « l'Italie, elle y a vu les alliés naturels de la France « passer, sous l'étendard autrichien , des prisons à «l'échafaud, et elle a posé les armes, et elle a «détruit ses retranchemens commencés, et tous « les passages sont ouverts aux armées libéra- « triées. »

28 Avril 1831.

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