COLLEGES. ACADÉMIES
A cette époque où l'on nous assourdissait depuis quinze ans d'hymnes quotidiens en l'honneur du progrès des lumières , il eût été déjà difficile de trouver un nombre suffisant de bons professeurs de collège (i). Cependant si les mi-
(i) Les professeurs prétendront peut-être que ce n'est pas leur faute si une partie des jeunes gens se laisse tromper par les idées les plus extravagantes; que leurs doctrines sont saines, mais qu'on les oublie en sortant des bancs. — D'abord, leur dirai-je, il est notoire que dans une foule de collèges on cite en exemple aux élèves les hommes qui ont le plus contribué à corrompre parmi nous le goût et la raison. En second lieu , ignorât-on complètement ce qui se dit dans les classes, le plus simple raisonnement suffirait pour
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nistres et les chefs même du gouvernement s'étaient occupés avec zèle, avec suite, de découvrir tout ce qui restait en France d'hommes pourvus des connaissances qu'on regardait naguère comme indispensables à tout le inonde ; s'ils avaient engagé ces hommes, non-seulement par des avantages matériels, mais par l'assurance d'une grande considération, à entrer dans l'instruction publique, on aurait pu, je crois, parvenir à pourvoir les principales classes de maîtres suffisamment éclairés. En même temps, des jeunes gens qui consument en vain leurs forces dans une fausse route, se seraient mis en état, sous la direction de ces maîtres, de prendre part à leurs travaux, et bientôt ils auraient pu ébaucher l'éducation d'autres jeunes gens en terminant la leur. Toutes les chaires du haut enseignement qu'il n'aurait pas été possible de remplir convenablement seraient restées vides, jusqu'au moment où il aurait paru des hommes capables de les occuper d'une
rendre certain que l'enseignement est , sinon perfidement funeste, au moins ridiculement faible. Si les leçons du maître étaient ce qu'elles devraient être, le bon sens do l'élève serait assez développé lorsqu'il entrerait dans le monde pour n'avoir plusà craindre de grossières mystifications. Si on lui donnait une idée de ce que c'est qu'écrire, sa tète aurait acquis assez de rectitude et de force pour repousser avec dégoût les sophismes d'ignares charlatans, pour sourire de pitié à leur style barbare, et pour éprouver le besoin de puiser chaque jour un nouveau degré de netteté et de puissance dans l'étude des modèles.
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manière utile à l'esprit public; et l'espérance cTy parvenir eût hâté ce moment. Les corps littéraires, dont le ministre Corbière et le libraire Ladvocat avaient été tour à tour les Grands-Électeurs, auraient été reconstitués; on y eût aussi laissé des places vides qui eussent enflammé l'émulation.