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alors ne devoir pas si misérablement finir. Au lieu d'engager Victorin à ne plus songer à la Tribune, je ne lui parlais que de ce journal, je l'en fatiguais, je l'en tourmentais, je le poussais à sortir pour cela dans les temps les plus rudes du terrible hiver de ! 83o, tandis que , presque porté sur mes bras , il avait à peine la force de descendre l'escalier pour aller trouver la voiture. Et ces peines physiques n'étaient rien en comparaison des peines morales. 11 fallait qu'il se fît une violence extrême pour proposer à quelqu'un d'entrer dans une entreprise patriotique dans laquelle il mettait plus d'argent que personne, et ne se réservait aucun avantage d'aucun genre pourtant de soucis et de soins (i ). Une seule de ces démarches lui coûtait plus que n'eût fait la plus forte souscription. Oh! c'est alors surtout qu'il a re-
(i) C'est, je crois, la seule fois que les fondateurs littéraires d'un journal ne se soient alloué aucune action gratuite. Dans la plupart des entreprises de ce genre, le nombre de ces actions est même considérable; et l'on vient d'en publier une où , sur cent actions qui composent le capital social, quarante sont données sans mise de fonds aux fondateurs littéraires. Dans beaucoup de journaux il y a aussi une petite et une grande rédaction. Celle-ci, d'ordinaire payée le double de la première , est attribuée aux cbefs du journal. Ce fut encore un usape que Victorin Fabre ne voulut pas suivre. Ses articles, auxquels il donnait les soins que les hommes de son talent donnent à tout ce qu'ils écrivent, ne devaient pas être plus payés que les colonnes écrites souvent au courant de la plume par des jeunes gens encore inconnus.