‹ La révolution de 1830 et le véritable Parti républicainChapitre 47 sur 131 · MANÔEOVMS DANS LES LIGNES DES ABSOLUTISTES · texte numérisé non relu

MANÔEOVMS DANS LES LIGNES DES ABSOLUTISTES

«Le spectacle qu'offre en ce moment le parti «aristocratique est , à coup sûr, chose remarqua- «ble et curieuse. Chaque jour, les nouvelles des « élections , l'approche de la session législative , « forcent les différentes fractions qui le dviisent à « se dessiner d'une manière plus nette et plus tran- «chée. Les uns, gens aventureux, gens à coup de «main et surtout à bravades, s'en vont criant «qu'une fois les 29.1 nommés, on peut casser les « élections. Rien ne les embarrasse. l!eur parle- «t-on du budget, ils répondent par des ordon- « nanccs de crédit; leur oppose-t-on les associations « pour le refus de l'impôt illégal, ils se rejettent « sur les cours prévôtales. M. de Peyronnet est « leur chef, le Drapeau-Blanc leur organe, et mon- « 1er a cheval leur dernier mot.

«D'autres, religieux à la manière de Simon de

«Montiort, sont aussi pour les violences, mais ils «les voudraient plus dévotes; un grand inquisiteur «leur plairait plus qu'un grand prévôt. Ils prennent le mot d'ordre de M. de Polignac, confient « leurs pieuses élucubrationsà la Quotidienne, et la * nécessité de faire son salut est toujours dans leur « bouche comme ultima ratio.

«Enfin, quelques-uns qui, quoique grands parce tisans du clergé, et plus grands amis des preux, « comptent médiocrement sur les foudres du pape, «et sur la lance des champions de coups -d'état, « sentent que la ruse est plus utile que la violence « contre une grande nation. Ils ont pris pour dece vise :

« Patience et longueur de temps « Font plus que force ni que rage.

« Aguerris dansl'intrigue et dansla corruption par « six années de succès, ils ne veulent pas d'autre « genre de combats. L'hôtel du Trésor leur paraît « le seul arsenal auquel on doive recourir. Les fan- « faronnades de leurs alliés, qu'ils avaient répétées « par complaisance , quand le moment d'agir était «encore éloigné, les font trembler aujourd'hui. «Ces menaces sont des folies , leur crient-ils dans «les colonnes de la Gazette. Fiers de leur espèce rience , ils semblent dire aux chevaliers du Dra- « peau-Blanc , et aux croisés de la Quotidienne :

« Eh! messieurs, songez-y. Deux routes sont devant « nous : dans celle où nous voudrions rappeler la « couronne, nous avons trouvé le double vote, la «septennalité, l'indemnité, la censure et le trois « pour cent. Dans celle où vous brûlez d'aventurer «le pouvoir, qu'a-t-il rencontré autrefois ? Le i4 «juillet et le 10 août. La majorité de la Chambre «sera contre nous; eh bien! qu'importe? Sans «doute, si l'on vous laissait diriger la lutte parle- «mentaire, vous succomberiez sous cette majorité. « Mais rappelez cet homme qui jouait si bien cartes «surfaite, remettez-lui la partie, et la partie est « gagnée. Tenez, j'arrive pièces en main. Voilà un « beau tableau de la Chambre des députés en 1 8 1 g. « Voyez; L'addition est juste , les chiffres sincères; « il ne s'agit pas ici du budget : voyez ; les libé- « taux étaient en majorité, et cependant de cette « majorité sortit le double vote. Et remarquez en- « core que le seul royaliste homme d'état ne te- « nait pas alors le jeu , il ne pouvait donner que des « conseils , en qualité de paru ur. Demain , je vous «apporterai le tableau de la Chamlre de 18-21... « dans laquelle la gauche et le centre gauche étaient « numériquement aussi forts qu'ils relaient à la a. dernière Chambre, et qu'ils le seront à la Cham- « bre nouvelle; et cependant la législature de 1821 « nous accorda des crédits pour la guerre d'Espa- «gne, et cependant...., Oui, nous pouvons ajfw-

(81 ) « mer que, dans la Chambre qui vient définir, un « ministère qui aurait pu disputer pied à pied le. «.terrain, eût conquis la majorité. Nous savons «comment on apprivoise certaines indépendances « qui nous arrivent menaçantes et toutes hérissées «des collèges électoraux. Le patriotisme n'est pas « contagieux par le vent qui règne , et le libéralisme «se guérit souvent par la libéralité.

«Ah! maladroits que vous êtes! vous effarou- «chez tout le monde, vous tirez sur des hommes « qui, mieux traités, passeraient sans doute dans «nos rangs. Nous savons distinguer, nous autres. « Nous n'aborderons point la montagne de la gau- « che, dont les horribles doctrines , professées dans «la Tribune, ne permettent pas de faire du man- «dat de ses concitoyens un effet sur le Trésor; « mais le centre est plus accessible, et nous mois- « sonnerons dans la plaine.

«Tels sont les conseils des habiles. Au milieu de «la perplexité où se trouve la cour, il est possible « que ces conseils sorent écoutés, et nous devons « convenir que ce sont les moins extravagans de «tous. Les villélistes joueraient ici le rôle de ces «braves gens qui, pour profiter du déjeuner de « réconciliation , ont toujours un prétexte à offrir «à des champions peu désireux de tirer l'épée. Les « aristocrates diraient : Ce n'est plus la Chambre « qui a refusé le concours; c'est une Chambre nou-

« velle : rien de ce qu a fait la Chambre de 1828 ne «peut lui être imputé. Plus d'un libéral répéterait «peut-être: Ce n'est plus le ministère que mes «commettans m'ont ordonné de repousser; et les

«patriotes Electeurs des collèges ajournés, les

«patriotes sont en minorité aujourd'hui : tâchez «qu'ils soient en force après le 12 juillet.»

§ II. Du 3 au 26 Juillet i83o.

Fausses idées d'une partie du public sur les militaires députés, et en général sur la profession des armes. — Incompatibilité des fonctions législatives et des emplois administratifs. — Ce qu'auraient fait 2ii députés réellement patriotes. — La nouvelle Chambre est bien loin de représenter l'opinion publique dans toute son énergique vivacité. — 1789 et i83o. — Nouveaux bruits de coups-d'état. — Situation de la France.

3 Juillet 1830.

DES MILITAIRES DÉPUTÉS, ET DE QUELQUES FAUSSES IDÉES SUR LA PROFESSION* DES AMIES.

« Des hommes qui aiment la liberté sans la conte naître , comme ces héros de roman qui n'ont «jamais vu leur belle, remarquent avec une a sorte de crainte qu'il y a beaucoup de militaires « dans le coté gauche de la Chambre. Ce n'est pas «qu'ils ne rendent justice à chacun individuelle-

« ment. Si vous leur dites : Pourrait-on faire un « meilleur choix que le général Lafayette? votre « demande seule leur parait un blasphème. Si vous « les interrogez sur les députés qui ont défendu «avec le plus d'énergie les droits nationaux, les « noms des Foy, des Thiard, des Tarayre, des Lace marque, des Demarçay, des Gérard se pressent « les premiers sur leurs lèvres. Si vous exprimez « devant eux le regret que les citoyens de l'Aveyron « n'aient pas songé à faire pour leur noble com- « patriote ce que les électeurs de l'Eure firent na- « guère pour M. Dupont, et ne se soient pas con- « serve, en dépit des dégrèvemens, l'honneur de « donner à la France un tel mandataire, ils seront « tous de votre avis. Si vous leur parlez des série vices que pourrait rendre à la tribune cet in- «flexible Drouot qui, intime ami de Bonaparte, « vota contre le consulat à vie et contre l'empire ; « si vous rappelez la noble conduite parlementaire « des colonels Victor de Tracy , Guilleminot et « Bricqueville; si vous témoignez le désir que le « beau nom de Desaix entre dans la Chambre avec «un homme digne de le porter, ils abonderont « dans votre sens. Mais, un instant après, vous sert rez tout étonné de les entendre répéter encore : « Cependant il ne faudrait pas trop de militaires à « la Chambre; les militaires sont, par état, enne- « mis des libertés.

« Des libertés \ cela peut être ; car, ainsi que nous

« l'avons déjà dit, les libertés ne rappellent qu'une

«exemption de servitudes; c'est une expression

«.féodale, qu'on ne prononçait ni sur les bords de

«la Brandiwine, ni dans les champs de Fleurus,

« ni sur la chaussée d'Arcole; mais, ennemis de la

«liberté, jamais! Les nobles sentimens qui appel-

« lent dans la carrière des armes, et que cette car-

« rière développe, sont ceux qui font l'homme libre.

« La liberté ne peut exister sans les vertus guer-

«rières, et le raisonnement seul le prouverait , si

«l'histoire de tous les peuples n'était là pour l'at-

« tester. D'ailleurs, l'intérêt personnel suffirait pour

«porter les défenseurs armés du pays à se mon-

«trer les plus fermes soutiens de la liberté, puis-

«que, de toutes les classes de citoyens, les mili-

« taires sont ceux qui en retirent le plus d'avan-

« tages.

«L'opinion contraire est un des plus funestes «préjugés qui se soient enracinés parmi nous de- « puis l'invasion. C'est une des fausses idées que le a romantisme politique a le plus activement pro- « pagées. On sentait qu'elle importait plus que « toute autre à la sécurité de l'étranger, et que ceux « qui venaient de gagner la partie à Waterloo, crai- « gnaient beaucoup de voir la Fiance leur deman- « der sa revanche.

«Je conçois que, sous Bonaparte, des hommes

« d'un esprit éclairé , frappés des funestes effets de «la passion des conquêtes, aient pu, avec les « meilleures intentions, jeter en avant quelques « idées sur l'heureuse influence d'une direction «générale vers l'industrie; je conçois encore qu'ils « se soient laissé entraîner dans leurs écrits à re- « porter sur la profession des armes l'aversion que « pouvait leur inspirer le plus grand capitaine des « temps modernes ; je conçois même que, avant la «seconde invasion, ils n'aient pas cru devoir faire «le sacrifice de leur travail, et qu'ils aient pensé « pouvoir le livrer sans danger au public. Je m'ex- «plique comment, même depuis Waterloo, des «jeunes gens plus prompts à saisir une idée qu'à «la comparer avec toutes celles qui forment l'im- « mense chaîne des connaissances politiques, ont « pu croire servir la liberté, en exagérant ces aperce eus. Mais pour qu'on en formât un corps de doc- «trine, une espèce de Coran à l'usage d'une secte, « pour qu'on en vînt à déclamer méthodiquement «contre le patriotisme, à regarder en pitié les hé- « ros de la révolution française, de la révolution «grecque et de la révolution colombienne, pour « qu'un mot d'ordre ait été donné et suivi de je- «ter des pierres sur le chemin des amis sincères et «énergiques de l'indépendance nationale, il faut «nécessairement qu'il y ait eu au moins un traître «et beaucoup de dupes.

« Le seul moyen de ne pas s'avouer à eux-mêmes « qu'ils professaient des principes dont les consé- « quences seraient la mort politique de leur pa- « trie, était de renouveler la vieille chimère de la «paix perpétuelle. Aussi ont-ils exhumé tous les «rêves de ce bon abbé de Saint-Pierre, dont les «prédictions s'étaient si bien accomplies, comme « chacun sait, de 1792 à 181 1\. Mais je demanderai « d'abord si c'est bien sur des rêves qu'on doit «baser des doctrines destinées à diriger les peu- « pies dans leurs intérêts les plus chers; en second « lieu, s'il ne faudrait pas du moins, afin de rendre «ces visions plus tolérables, les réserver pour un «temps où les peuples auraient voix délibérativé, « et où les rois absolus ne compteraient pas sous « leurs drapeaux 1200 mille combattans.

«On ne voit pas qu'en détruisant dans l'esprit « des peuples le culte de la gloire et l'enthousiasme « guerrier, on né fait qu'assurer la victoire au des- « potisme, sans diminuer pour cela le nombre des « guerres. Les autocrates ne se laisseront jamais « prendre à ces déclamations, et on ne pourra dé- « truire par des discours l'enthousiasme qui anime «leurs soldats mercenaires, car cet enthousiasme 0 de l'or et des cordons est tout-à-fait industriel , « m affaiblir l'action qui pousse aux combats leurs usuldats conscrits, car cette action est celle de h < \ iolence. D'où il doit résulter que la guerre, dé-

« pouillée de tout ce qu'elle a de généreux, ne sera « plus qu'un massacre ordonné par des tyrans à des «bourreaux, et que les nations, ne sentant plus «l'aiguillon de la gloire, ne sauront plus que se « laisser égorger. Ce fut ce qui arriva dans les der- «niers temps de l'empire romain. Les idées de «philanthropie universelle, de prééminence des «professions lucratives sur celle des armes, Fin- « différence pour l'héroïsme, s'étaient insensible- « ment répandues ; et, dès lors, les vainqueurs du « monde ne purent résister à quelques hordes de « barbares.

« Cependant, jamais les Romains ne poussèrent « ces fausses maximes jusqu'au point où on lesapor- « tées de nos jours : jamais la langue latine dégéné- « rée ne se souilla de phrases pareilles à ce que nous « avonspuliretant de fois. Non-seulement on nous «a prêché que le patriotisme était un travers des «peuples barbares ; mais des hommes, dont quel- « ques-uns sont certainement bien intentionnés, « se sont assez aveuglé#[Dour soutenir que les mi- « litaires étaient des* plantes parasites qu'il fau- « drait arracher du champ de la société, des ci- «toyens inutiles puisqu'ils ne produisent rien.

«Quoi, répondrai-je à ces écrivains, ou plutôt «à ceux qui, sans se montrer, les égarent ainsi! « quoi ! ils ne produisent rien ces hommes qui attachent à leur nom le pouvoir de produire, dan»

«tous les temps et sur tous les points du globe, « les émotions d'où sortent les grands desseins et « les grandes vertus! ils n'ont rien produit, ces hé- « ros des Thermopyles et de Platée qui , après avoir «sauvé la Grèce, ont inspiré et inspireront encore «à des milliers d'hommes la force et l'audace de «sauver les peuples! ils n'ont rien produit, ces «Hoche, ces Marceau, ces Rléber, ces Desaix qui « ont emporté dans la tombe la reconnaissance de la «grande nation! Eh! malheureux, si c'est à vos « yeux un faible service que de donner à tout un «peuple le droit de lever une tète fière et libre, si « vous ne rangez parmi les biens que ce qui se «pèse ou se mesure au marché, j'y consens, dé- «cidons, d'après cette base, de ce que la France « doit à ses armées. Ses guerriers ont produit, pour « 20 millions de Français, tout ce que ces 20 mil- « lions mangent et boivent en sus du pain noir et « de l'eau dont ils se contentaient jadis ; ses guerriers « ont produit tous les vètemens qui remplacent les « haillons dont ces 20 millfcms de Français étaient « couverts. Il n'était pas difficile d'écrire quelques «lois dont la nécessité frappait tous les esprits : ce « qui était difficile, c'étoit d'empêcher les baion- « nettes étrangères de venir effacer ces lois. L'as- « semblée constituante a proposé le bienfait, mais «les volontaires l'ont accompli.

«Quand on veut imposer silence à tous les sen-

«timens généreux, tout rabaisser à des questions wde chiffres, au moins faudrait-il calculer avec «bonne foi. Or, quel est le résultat du calcul le « plus simple écrit sur toutes les pages de l'his- « toire ? Le voici. Les peuples ne peuvent être « riches que par la liberté ; tant qu'il y aura des «rois absolus, les peuples ne pourront conquérir «la liberté que par les armes, et ne pourront la « conserver que par des succès. Ainsi, c'est surtout « dans les champs de bataille que germe la richesse « des peuples», c'est le sang des braves qui l'arrose, « c'est la victoire qui fait la moisson. »

6 Juillet 1830.

DISCUSSIONS ENTRE LES LIBÉRAUX ET LES PATRIOTES, AU SUJET DES ÉLECTIONS.

« Des gens qui ont leurs motifs pour traiter la «franchise en ennemie, appellent la nôtre de « l'exagération. Des hommes habitués à se laisser « infuser des idées qui tombent de leurs oreilles «sur leur langue sans passer par leur cerveau, « répètent, avec une merveilleuse duperie, qu'en « fait d'élections, par exemple , il n'y a pas moyen « de nous contenter.

« Qu'avons-nous dit cependant aux électeurs? « Résumons ces doctrines si exigeantes. Nous

« avons dit que la France avait été trop souvent « mystifiée par des hommes qui ne considéraient a les bancs de l'opposition que comme les degrés «du ministère, et qu'au moins, après en avoir « vu quelques-uns faire, dès leur arrivée au con- « seil , un funeste usage du pouvoir, on devait se >c garder de leur ouvrir ces bancs où ils brûlaient « de s'élancer, pour recommencer, à nos dépens, « leur petit manège.

« Nous avons dit que, dans une monarchie, il « devrait y avoir une ligne de séparation bien « tranchée, ou plutôt une barrière impossible à « franchir, entre la législature et l'administration ; « qu'aucun des électeurs, ayant à faire régler des « comptes , ne voudrait choisir pour arbitre un « homme payé par sa partie adverse, ou désireux « d'en obtenir une place; et que toutes les décla- « mations du monde ne pouvaient pas rendre rai- « sonnable clans le choix du mandataire de nos « intérêts publics ce que le moindre bon sens nous « ferait trouver absurde dans la délégation de nos « intérêts privés.

« Si ceux qui se récrient contre une vérité si « simple et si évidente avaient autant de franchise «que nous, ils nous diraient : Eh, que diable « irions-nous donc faire dans cette chambre gratis, « où l'on ne" donne pas même des jetons de pré- « sence? Voulez-vous donc qu'on se ruine pour

« les beaux yeux du peuple ? Mais ces messieurs « sont plus politiques dans l'acception grotesque « qu'ils ont donnée à ce, mot; ils nous disent : « Que deviendrait l'administration si les hommes «de talent et d'honneur refusaient d'y entrer? « Voudriez-vous que nous en laissassions toutes « les places se remplir des Séides de l'absolutisme? « — Messieurs , je n'aurai pas l'irrévérence grande « de mettre en doute si le mandat de député est (f de sa nature un diplôme d'honneur et de talent. (.< Vous êtes toujours, à coup sûr, 43o honorables « et illustres. Mais croyez-vous que le reste de la «nation soit sans lumières et sans dignité? Ne « faites-vous pas des exceptions, au moins pour ces « bons électeurs qui vous ont nommés ? et pensez- « vous que toutes les places que vous n'occuperez «pas seront mal remplies? Cessez donc de vous « couvrir d'un prétexte si ridicule. De tous les « genres de cumuls que vous avez honoivs l'année « dernière de votre haute protection , le plus insou- « tenable est celui d'être à la fois le champion du «fisc et le chevalier des contribuables. Un soldat « qui , dans la plaine de Waterloo , aurait tiré al- « ternativement un coup de fusil sur les Anglais et «un coup de fusil sur les Français, y eût joué un «plus triste rôle encore que M. le comte de Bour- « mont.

«Mais, dira-l-on, ne pouvons-nous pas vous

( 92 ) «reprocher au moins les restrictions que vous «avez voulu apporter au principe de la réélection «des 221? — Nos observations sur une applica- « tion aveugle de ce principe ont été bien modé- «rées, trop modérées, et ce que je viens de dire «suffirait pour le prouver. Combien parmi les 221 «en est-il qui ont voulu et veulent encore à toute «force entrer dans l'administration! — Mais enfin « l'adresse qu'ils ont votée n'est-elle pas un titre à «la faveur publique? — Il faut distinguer pour « quelques-uns entre la faveur et la confiance. — « Cette adresse ne vous paraît-elle pas assez ferme ? « l'auriez-vous désirée séditieuse? — Loin de là, je « la trouve peu parlementaire. Expliquons-nous. Je « ne blâme pas les meneurs de la Chambre, qui ce- « pendant ne sont pas précisément ceux qui de- « vraient la diriger. Ils ont fait ce qu'ils ont pu ; a ils pouvaient avoir une majorité contre des «hommes, et ils n'en auraient point eu pour les «principes. Mais s'il se fut trouvé 221 députés «dévoués sans arrière-pensée aux intérêts de la « nation, qu'auraient-ils fait? ils se seraient bornés «à répondre au discours du trône que toutes «les manœuvres contre la tranquillité publique «seraient déjouées. Puis, ils auraient dit aux mi- « nistres en comité secret : II y a parmi vous des «hommes que nous pourrions voir partout sans «peine, il y en a d'autres à qui nous fermerions

e notre porte s'ils venaient nous voir comme par- « ticnliers. Mais ici, vous n'êtes plus MM. tels et tels, «vous êtes les hommes du roi; nous ne sommes « plus MM. tels et tels, nous sommes les hommes «de la nation. Nous avons des affaires à régler en- « semble ; occupons-nous-en. Vous n'avez person- « nellement rien à craindre de nous, aucun de nous « ne veut être ministre : vous n'avez rien à espérer, «aucun de nous ne veut être préfet, ni directeur- « général. Commençons. Nous avons bien réfléchi «aux instructions de nos commettans. Voici ce «que la France peut payer d'impôts sans se rui- «ner, c'est beaucoup moins que vous ne deman- «dez; mais c'est 5o millions au-delà de ce qu'exi- « gent les services publics. Pour que les économies « s'opèrent sans secousse , la France gratifie encore « l'administration de ces 5o millions. Mais avant de « payer , il lui faut des garanties. Vous connaissez «les vœux de tous les citoyens sages et éclairés : « i° des administrations municipales et départe- « mentales librement élues; i° le jugement des « délits de la presse attribué au jury; 3° l'abolition « du double vote et de la septennalité ; 4° le réta- « blissement de véritables gardes nationales. Ap- « portez-nous ces quatre lois, et venez ensuite avec « le budget réduit comme la France le désire; nous «le voterons en une seule séance, sans nous em-

« barrasser du ministre qui doit en contre-signer «la promulgation.

«Voilà ce qu'auraient fait des députés tels que « les voudrait la Tribune. Y a-t-il rien là d'inconstitutionnel, d'exagéré, de violent? Croyez-vous « qu'il vaille mieux se gendarmer contre les hom- «mes, et se radoucir sur les principes? Verriez- «vous même un grand mal à ce que nos mandataires trouvassent plus piquant et d'un meilleur «exemple de forcer de mauvais ministres à pro- « poser de bonnes lois, d'engager, par exemple, «M. de Polignac à redemander, en temps et lieu , «la Belgique à Wellington, ou M. de Villèle à dis- «soudre le syndicat? Pour moi, j'avoue que j'ai- « mcrais assez des députés de cette humeur.

« Et remarquez bien que ce sont les seuls sur qui «vous puissiez -compter toujours pour vous dé- « fendre. Quant aux autres, il est trop facile à la «cour de les désarmer. Supposez que les premiers «soient en minorité dans la Chambre , et que de- « main huit noms mieux sonnans à l'oreille des «autres soient écrits sur un carré de papier; voilà « vos droits qui se perdent en fumée avec le dépit « de vos mandataires , et votre bourse qui s'affaisse «à mesure que leur colère tombe. Cela vaut la «peine d'y songer.

«En un mot, qu'a demandé, que demande en-

a core la Tribune ? Des députés qui se regardent «comme les surveillans de l'administration, et «non comme des candidats aux hautes places ad- « ministratives; des députés dont le patriotisme ne «soit pas une affaire de circonstance, mais de «toute la vie. La Tribune admet le vote de l'art dresse comme une bonne recommandation ; « mais elle voudrait que cette recommandation fût «apostillée par d'autres votes, et mieux encore «par de véritables preuves de dévouement à la « Fran ce »

13 Juillet 1830.

DISPOSITION DES ESPRITS. — SITUATION RESPECTIVE DE LA CHAMBRE, DES ELECTEURS ET DE LA MASSE DES CITOYENS.

«Nous avons dit dans notre feuille de samedi, «que, parmi les hommes qui approchent le roi, « ceux pour qui le dévouement à sa personne n'est «pas un vain mot, devraient redoubler d'efforts, «dans ce moment décisif, pour déjouer les ma- «nœuvres des extravagans ou des traîtres. Com- «bien que cette phrase ait fait crier, nous ne crai- « gnons pas de la reproduire ici, et de soutenir «qu'au milieu des circonstances présentes, qui- « conque peut conseiller à la couronne des partis

«extrêmes, quiconque peut parler de changer des «lois par ordonnance, c'est-à-dire de transporter «à Paris le gouvernement de Constantinople ou « d'Alger , est nécessairement, ou un homme dénué «de tout bon sens politique, ou un traître.

« En effet , quel est l'état des choses en France ?

«La Chambre qui vient d'être élue, l'a été par «les hommes qui professent les opinions les plus «modérées, et ces hommes eux-mêmes ne l'ont « composée ainsi qu'en sacrifiant une partie de « leurs opinions au désir de la tranquillité et de la «bonne harmonie. Cette Chambre est donc bien «loin de représenter l'opinion publique dans toute « son énergique vivacité. Pour vous en convaincre , «écoutez un peu ce qui se dit ouvertement. Voici «des électeurs qui sortent du Collège; écoutez : «Ah! sans doute, notre député est bien faible, «bien timide , mais que voulez-vous ? Le cercle de « l'éligibilité est si resserré ; on manque de candi- «dats; et puis les cinq ou six journaux du centre « gauche ou droit nous ont tant recommandé la « modération! On est bien embarrassé.

« Ecoutez maintenant les ilotes politiques qui «regardent passer les quasi- citoyens électeurs : «Voilà des hommes qui perdront tout avec leurs «concessions. Ils nomment des préfets, des con- «seillers-d'état, les gens de M. Decazes, les amis « de M. de Serre. Les beaux défenseurs du peuple

« ma foi! Ah ! si on nous rendait le droit de voter, « nous nommerions des députés d'une autre farine. «Ceux-ci n'imposeront pas à la cour; on fera « quelque sottise trop forte , et nous serons obli- « gés de nous en mêler.

«Voilà ce qui se dit dans les trois quarts du « royaume. Le ministère ne peut l'ignorer. Or , « que deviendra le gouvernement s'il ne peut «s'accommoder d'une Chambre dont la plus « grande partie est composée de tout ce qu'on a « pu trouver en France de plus accommodant ? « Après avoir renversé la Chambre , il se verra en « face de ces électeurs qui trouvent leurs élus bien « timides , et s'il parvient à leur marcher sur le « corps , il devra s'attaquer à cette masse nationale «qui reproche aux électeurs une mollesse funeste.

« Vainement prétendrait-on que le peuple est « plus aisé à mener que la classe moyenne , excitée «par la lecture des journaux. Ce n'est pas excitée «qu'il faut dire, mais engourdie. L'armement de '«quelques paysans vendéens, les fureurs de quel- « ques prolétaires à Montauban ne signifient rien «du tout. Même dans le midi, même en 1 3 1 5 , si «les deux partis qui existaient dans le peuple «avaient pu lutter, si l'un n'avait pas eu pour lui « douze cent mille baïonnettes étrangères, la lutte «eût été courte. Beaucoup d'hommes de la classe

« moyenne , qui alors étaient prêts à résister avec « les paysans contre les ouvriers des villes et des «bourgs, ont changé depuis. A l'apparition de « certaines doctrines , ils ont saisi avec avidité ce « moyen nouveau d'accorder leurs petites ambi- « tions avec leur prétendu patriotisme , de recevoir « de la main droite un traitement et de la main « gauche des couronnes civiques ; mais le peuple « n'a pu comprendre une politique si quintessen- « ciée ; son bon sens s'est refusé aux amalgames « doctrinaires, if est resté patriote. Il souffre , mais « on lui a tant dit d'attendre des Chambres l'allé- « gement de ses maux que , tout en blâmant la «mollesse de la majorité des députés, il attend, « Que pourrait-il attendre encore s'il vous voyait « détruire les Chambres?

— « Aussi ne veut-on pas les détruire. ïl y aura «toujours deux Chambres : seulement uneordon-

« nance électorale changera le mode — Pour le

« coup , c'est trop fort ; l'insulte à la raison du « peuple est trop révoltante. Pensez- vous qu'il «regardât comme ses députés les hommes qu'au- « raient choisis des électeurs institués par ordon- « nance? Si vous voulez modifier ainsi la loi des «élections, ou la loi de la presse, ou toute autre «loi, il vaut mieux pour vous, cent fois mieux, « détruire d'un seul coup toute espèce de système « représentatif, et décréter que la volonté du

a prince est la seule loi. Il y aurait au moins à « cela de la franchise , et la franchise a toujours «un certain air de force.

«Ainsi donc, il vous faut, ou vous accommoder « de la Chambre actuelle , ou vous arranger pour « vous passer de toute espèce de Chambres. Or , « peut-il entrer dans une tête bien saine qu'il y ait « moyen d'établir en France l'absolutisme netto, à «la manière de l'Espagne et du Portugal? Non, « certes. Par conséquent, tout homme capable de « raisonner sur des matières politiques ne saurait «conseiller des coups-d'état à la couronne sans «voir clairement les conséquences funestes que «ses conseils pourraient avoir pour elle, et, dans «tous les pays du monde, cela s'appelle trahir.

«Maintenant, faut-il appliquer l'odieuse quali- « fication de traître à tous ces donneurs d'avis qui «vont criant partout : Guerre à la Charte, mort « aux lois ? Dieu nous en garde ! les traîtres sont « heureusement fort rares; mais les extravagans?... «il en pleut.

C'est toujours la fable de l'ours et de l'amateur « des jardins. Faut-il assommer le bon quadrupède «chasse-mouche? Non; mais il faut se garder de « son pavé. »

( too )

18 Juillet 1830.

1789 et 1830.

« On se demande souvent pourquoi la volonté «nationale eut tant d'empire en 1789, et pour- « quoi maintenant elle a si peu d'influence sur nos « destinées. Cette question est facile à résoudre. «Premièrement, il y avait en France, vers la fin « du dernier siècle, beaucoup plus de véritables lu- « mières qu'aujourd'hui ; des idées plus saines «étaient répandues dans la nation. On gouverne «le monde avec des livres, a dit Voltaire, et Vol- « taire a dit vrai. Or, les livres étaient autrefois « écrits dans l'intérêt général; maintenant ils le sont « presque toujours dans des intérêts particuliers. «Les philosophes du dix-huitième siècle avaient < pour but l'émancipation d'un peuple; les écri- « vains de la restauration ont trop souvent pour « objet la nomination d'un ministre ou d'un con- « seiller-d'état.

« En second lieu , pour que les ouvrages qui ex- « posent de véritables principes politiques portent « quelques fruits , il est indispensable qu'ils soient «lus avec attention, qu'ils soient long-temps mé- « dites; et, dans ce siècle qu'on se plaît à appeler

( loi )

«celui des études sérieuses, on lit en courant, «on feuilleté, on ne relit jamais. Depuis quinze « ans cette paresse de l'esprit a fait chaque jour de « nouveaux progrès ; on a d'abord quitté les livres «pour les brochures, ensuite les brochures pour «les journaux, et maintenant, dans les journaux «même, on passe sur les articles qui pourraient « fournir des idées ou réveiller des sentimens, pour «se jeter sur de petites nouvelles, sur des épi- « grammes en prose qui se lisent tout entières «entre deux gorgées de chocolat, qui sont corn- «prises même par un esprit tout occupé d'un re- «port ou d'un bal, d'un as de pique ou d'un dou- « ble six. C'est l'usage, non-seulement des hommes « qui peuvent du moins s'excuser sur les occupa- «tions constantes de leur profession, mais encore « de ceux qui n'ont rien à faire, et, ce qui est plus «fâcheux, du plus grand nombre des jeunes gens «à qui leurs études spéciales laissent tout le temps « nécessaire aux études du citoyen. Ils disent aimer « la liberté , et ils ne songent point à acquérir «les connaissances indispensables pour la défen- « dre ; ils se laissent entraîner au courant sans faire « halte pour examiner si le flot les porte vers leur «but ou les en écarte; ils suivent la mode pour les «opinions, pour les réputations, pour l'enthou- «siasme ou la haine, comme pour les pantalons « ou les gilets.

« Ce n'était point ainsi qu'agissait , il y a qua- « rante ans , la génération qui renfermait dans son « sein tant d'hommes distingués encore inconnus, « mais près de s'élancer à la gloire dans toutes les «carrières. Si les jeunes Français riaient d'une « épigramme contre Calonne, ou d'une chanson « contre le grand Maupeou , ils méditaient sur le « Contrat social et sur la, Grandeur des Romains; « leurs regards pleins d'avenir interrogeaient, à tra- « vers l'Océan , la liberté naissante sous le glaive « protecteur de Washington et de Lafayette, à tra- « vers vingt siècles, la liberté développant toute la «puissance des âmes humaines, dans les murs de «Rome, et sur les rives de l'illissus. Ils avaient «sans cesse à la bouche les mots de patriotisme, « de courage, d'égalité, au lieu des mots dont on «nous assourdit maintenant, franchises, opposi- «tion, recours, libertés : ils parlaient une langue «d'hommes libres, et nous parlons une langue « d'affranchis.

« Je remarque entre eux et nous une différence « plus importante encore. Ils avaient presque tous « du dévouement à leurs opinions, du courage politique, et nous qu'ai-je besoin d'en parler?

« Du reste, cette différence tient à la même cause, « car les idées décident des sentimens; elles nour- « rissent les uns et étouffent les autres. D'ailleurs, « des opinions qu'on a reçues sans examen , qu'on

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« n'a étalées que par imitation et pour se mettre à «la mode, ne peuvent résister au choc des inté- « rets. Il faut que la pensée ait long-temps fermenté « dans le cerveau pour qu'elle réagisse sur le cœur.

«Maintenant beaucoup d'hommes n'embrassent « un parti que pour acquérir des avantages. Hon- « nêtes paraissent ceux qui ne modifient leurs af- « fections que pour éviter des pertes et des tour- « mens. Alors, on vit s'ouvrir une double carrière «de luttes à l'intérieur, de luttes à l'étranger; et «les deux partis entrèrent sans pâlir dans cette « double carrière. Dans les deux partis, on trouva cplus facile de mourir que d'abjurer.

«Un Vendéen tombait dans un poste de répu- «blicains ; sommé, la baïonnette sur la poitrine, de « crier : vive la république ! il criait : vive le roi ! «et mourait. Une heure après, un républicain «tombait dans un parti de royalistes; sommé, le «poignard sur la gorge, de crier : vive le roi! il « criait : vive la république ! et mourait. Plus cou- « rageux encore, d'autres, pendant des années en- « tières , ont suivi entre la hache de la terreur «et les poignards des compagnies du Soleil, la o ligne que leur traçait l'amour de la liberté ; leur « testament était écrit d'avance , chaque fois qu'ils « embrassaient une épouse adorée ou leurs jeunes « enfans , ils ignoraient si ce baiser ne serait pas «le dernier, et cependant leur front était calme.

( «04) « la douleur des revers de la patrie altérait seule « leur sérénité.

«11 en est qui ont donné à leurs fils une âme de « la même trempe, et que leurs leçons, leurs note blés exemples ont préservée de la contagion. Mais « leurs fils étaient isolés au milieu de la génération « présente. Les Français encore jeunes , et que l'in- <; vasion et les journaux du centre n'ont pu faire «descendre de la hauteur des sentimens de leurs « pères, avaient peine à se reconnaître , à se réu- «nir pour former un parti vraiment national. On «a tellement changé l'acception des termes en politique, qu'il n'existe plus un mot qui découvre « infailliblement la pensée de celui qui le prononce «ou qui l'écrit. D'un côté, les inventeurs du jar- « gon des affranchis emploient de temps en temps « des locutions de la langue des hommes libres. « De l'autre , de véritables citoyens se servent par «ignorance ou par distraction du langage des af- « franchis. D'ailleurs , presque tout se fait aujour- «d'hui par les journaux, et jusqu'à présent les « patriotes dispersés dans les divers départemens « manquaient d'un moyen de correspondance par « la presse périodique. La Tribune a été établie «pour leur offrir ce moyen; et nous voyons cha- « que jour qu'ils l'adoptent avec empressement. «Chaque jour, de quelque point de la France, «l'un de ces citoyens généreux nous écrit qu'il a

( 105 ) « reconnu dans nos discours ses sentimens et son « langage. Bientôt tous les Français à qui leurs ta- « lens donnent sur la population qui les entoure « une influence que leur vertu ne veut employer «qu'au bien général, auront formé ce lien patriotique que nous avons voulu établir des Pyré- « nées à la Moselle , des rivages de la Bretagne «jusqu'aux rochers du Jura. Alors les intérêts du «peuple seront partout défendus, alors on s'oc- « cupera un peu moins des personnes et un peu « plus des principes; on changera peut-être un peu «moins souvent de ministres, maison verra chan- « ger les chiffres du budget; on acquerra moins « facilement le titre de héros, mais on saura mieux « mériter celui de citoyen ; on entendra plus rare- « ment parler de grands génies, mais la décadence «des lettres et des lumières publiques s'arrêtera «parmi nous. En dépit de Waterloo, des jésuites « et des doctrinaires , la noble France renaîtra.

« A. qui en sera la gloire? à nous? non, certes! « mais à ces Français d'élite que nous avons ap- « pelés à nous donner les moyens de servir leurs «compatriotes, et qui, de tous les points de la « France , ont répondu à notre appel. »

21 Juillet 1830.

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