‹ La révolution de 1830 et le véritable Parti républicainChapitre 88 sur 131 · DÉMISSION DE KLOPICKI. ENTHOUSIASME DES POLONAIS · texte numérisé non relu

DÉMISSION DE KLOPICKI. ENTHOUSIASME DES POLONAIS

«Les dernières nouvelles de Pologne sont dé- « solantes. Un homme que la confiance publique « avait porté à un poste bien plus élevé qu'un « trône a pu reculer devant le bonheur insigne de « rendre l'indépendance à son pays, ou de mourir «en s'écriant comme Rociusko : finis PoloniœlJe « sais tout ce qu'on peut dire pour le défendre. « Klopicki s'attendait à voir l'insurrection s'éten- «drc dans toutes les provinces polonaises, et l'in- « surrection n'a guère franchi les limites du grand «duché de Varsovie. Il espérait qu'en démontrant « à la France que les hordes russes avaient déjà

«tout préparé pour se porter sur le Rhin, la «France sortirait de sa léthargie, profiterait de la « diversion , donnerait assez de liberté à ses habi- «tans pour qu'ils eussent intérêt à courir aux «armes, et lancerait à l'instant, avec ses batail- «lons, l'insurrection dans l'Italie, dans l'Espagne, « dans les départemens de la rive gauche , et le «trouble dans Vienne, dans Berlin, peut-être « dans Saint-Pétersbourg. Au lieu de tout cela, la « France a envoyé M. de Mortemart , diplomate in- « tercesseur. Obligé de renoncer à toutes ses espèce rances, Rlopicki a cru voir dans la guerre la ruine «de son pays; il s'est dit : Puisque la France elle- « même ne met sa défense que dans les négocia- « tions, les concessions, les humiliations, que « pourra faire la Pologne cernée par trois cents « mille Russes, par quatre-vingt-dix mille Prussiens «et quatre-vingt mille Autrichiens? Mourir. Ce « mot est facile à prononcer pour soi-même; mais « pour tout un peuple!... Klopicki aura peut-être « reculé par vertu.

« J'admets tout cela comme possible. Dieu me « garde d'accuser les intentions du dictateur. Le « mot de trahison que j'ai entendu prononcer à « son sujet me paraît injuste. Mais il me semble « cependant, que, quelque désespoir qui se fût «emparé de son âme, il devait réunir les chefs '<du peuple et de l'armée, leur exposer son opi-

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