‹ La révolution de 1830 et le véritable Parti républicainChapitre 94 sur 131 · LE MINISTERE AVOUE QUE LA RUSSIE A DECIDE LA CUERRE CONTRE LA FRANCE · texte numérisé non relu

LE MINISTERE AVOUE QUE LA RUSSIE A DECIDE LA CUERRE CONTRE LA FRANCE

«Le ministère convient, par l'organe de son «journal du soir, qu'il est évident que la Russie « est fixée dans ses projets de guerre contre nous et. «contre la liberté des peuples , et quelle ri attend , «pour commencer la lutte, que d'avoir écrasé la «Pologne. « Il n'y a plus, dit-il dans un autre «article, de salut pour la cause des révolutions,

( 121 ) «que dans un immense déploiement de forces « nationales. »

«Voilà ce que la Tribune ne cesse de répéter « depuis plus de six mois. Au lieu de profiter de «nos avis, au lieu de pourvoir à la défense com- «mune quand il en était encore temps, les dé- «positaires du pouvoir et les journaux qui s'en «rendaient les organes, ne se sont pas contentés « de tromper la nation par de ridicules assurances «de paix; ils ont encore désigné à la haine des «traîtres et des niais le journal qui avertissait de «la véritable situation des choses, et faisait des « efforts pour prévenir la ruine générale de la «France, et la ruine particulière des citoyens qui, « réglant leurs affaires sur de fausses données, ne « pouvaient que les diriger d'une manière funeste.

«Peut-être, pour se disculper, les trompeurs « du peuple viendront-ils nous dire que les choses « ont changé , et qu'ils avaient raison il y a six « mois.

« Loin de là ! 11 est arrivé depuis plusieurs évé- «nemens qui pouvaient rendre moins évidente la « certitude de la guerre : tels sont l'insurrection «belge, les troubles de l'Allemagne, le change- «ment du ministère anglais, l'insurrection polo- « naise. Mais ces événemens même ne pouvaient «pas empêcher la nouvelle coalition. Il n'y avait «qu'un moyen de la prévenir: c'était, comme

« nous l'avons dit , de suivre en France les conseils « de tout ce qu'il y avait de sagement énergique « dans le parti patriote ; ce qui eut fait éclater, non « plus partiellement , incomplètement et à de longs « intervalles, mais presque simultanément , et avec «une énergie, un ensemble irrésistible, desinsur- « rections qui nous auraient donné pour alliés «tous les peuples, et auraient forcé Nicolas à se «débattre, au-delà du Niémen, contre les sociétés «secrètes de la Russie, si toutefois il n'était pas «tombé lui-même.

«Mais croire fléchir les rois avec des conces- « sions était une étrange folie. Nous avons répété « vingt fois une pensée si simple qu'elle aurait dû « se présenter d'elle-même à tous les esprits. Ce «n'est pas plus ou moins de liberté donnée aux «peuples qui exaspère le plus les rois, c'est l'at- « teinte portée au principe de la légitimité, ou, « si l'on veut , de l'hérédité. L'empereur d'Autriche « ne quitterait pas avec plus de regret son palais «en le cédant à un consul, ou à un usurpateur «étranger, qu'en le cédant à un archiduc; et ses « frères en royauté ne verraient pas cette révolu- « tion avec moins de peine.

« Napoléon , qui connaissait assez bien les rois , « allait même plus loin que nous. Il croyait que, « dans ce dernier cas, leur colère devait être plus « violente. On lit, en effet, dans le Mémorial de

( '23) h Sainte- Hélène, décembre 1 8 1 5, que la con verce sation étant tombée sur la possibilité pour le « duc d'Orléans d'arriver au trône , Napoléon « prouva qu'à moins que le duc d'Orléans n'y « arrivât par son droit de succession , il était dans « l'intérêt bien entendu de tous les souverains de «l'Europe de le préférer, lui Napoléon, au duc « d'Orléans. Car, ajouta-t-il, que prétend aujour- « d'hui la doctrine des rois contre les événemens « du jour ? Empêcher le renouvellement de l'exercice pie que j'ai fourni , contre ce qu'ils appellent la ce légitimité? Or, l'exemple que j'ai fourni ne se ce renouvelle pas dans des siècles. Celui que donce nerait le duc d'Orléans proche parent du mo- « narque sur le trône, peut se renouveler chaque ce jour, à chaque instant, dans chaque pays. Il n'y a ce pas de souverain qui n'ait à quelques pas de lui , ce dans son propre palais , des cousins, des neveux, cèdes frères, quelques parens propres à imiter ce facilement celui qui une fois les aurait remplace ces. » Ces réflexions , où il y a du vrai , auraient ce dû engager les ministres de Louis-Philippe à ne ce pas perdre un instant pour se mettre en mesure ce de résister à la sainte-alliance , ou au moins à ce ne pas traiter d'exagérations séditieuses nos recc marques, trop modérées peut-être, sur le danger cède la patrie. Elles devraient les porter à ne pas ce laisser M. Persil nous poursuivre , parce que

« nous avons accueilli les plaintes du général « Damas, qu'on empêche de donner à la France « vingt mille défenseurs de plus. »

1er Mars 1831.

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