II
«toriotea* et la destitution de* fonctionnaire* ami* «dea loia» et ee* bruits sourd* d'arrestation», de «mesures inquiai tonal es, et ces menaces dont « a ralenti la tribune do la Chambra ?
« Cette Chambra est le principal instrument dea «traîtres. Je dis instrument, parce que, excepté « quelques membres qui savent où ils vont, la plu» ipart» ne ae sentant de talent que pour être va» « lets , font du servilisme par calcul personnel et v par vanité.
s Quand Ua ont désorganisé la garde nationale , «quand ils Pont exaspérée en lqi enlevant son il* tilustre chef, quand ils ont rejeté sur la presse «toutes les chaînes dont elle ae dégagea le a6 juillet pour appeler la France à l'insurrection , ils «n'eut pas eu en vue, comme les meneurs, ji'ou* « vrir la route aux Cosaques , gardes-du-corp* de * Henri Y; ils ont voulu tout bonnement punir « des hommes qui prenaient la liberté grande de « rire de leurs doctes décisions. Quand ils inter- « rompent avec rage M. Mauguin, ce n'est point, «comme leurs chefs de cabale, par la crainte que «ses éloquentes interpellations ne dérangent 'ou « ne découvrent le grand complot , c'est tout bon* « neinent parce que leur jalousie hait dans l'orateur «son talent et sa popularité. Les voilà'maintenant «qui vont rejeter b loi électorale. Croyez «vous «qu'ils aient vu qqe dans le système électoral se
trouvait tout e entière la question de notre auenir, qu'on allait dans ce vote décider », k l'approche de l'ennemi, les Français, bissés dans FBo» tisme, se croiseraient les bras comme en 1814, on, devenus citoyens, se lèveraient en masse comme en 9a ? Nullement: ils ont compris seulement que si Ton dérangeait la moindre chose à leurs cbers collèges électoraux, as courraient risque de n'être pas réélus. Or, ils veulent absolument néger dans la session de i#3j, et pour cause. Ces* dans cette session qu'on doit instituer la pairie* Ne faut-il pas être là pour voter l'hérédité et pour passer avec les centres serrés en masse du Palais-Bourbon au palais du Luxembourg ? Une fois entré dans cette haute Outmbrr , on est tranquille sur son avenir, on ne craint plus qne quelque scélérat de journaliste fisse aux électeurs l'opération de la cataracte. Tienne même une révolution , on en est quitte pour en* voyer ses amis passer quelques mois au château du Ham.
«Cet espoir de la pairie qui agissait avec tant de fin-ce sur h Chambre des trois cents, suffit encore en i83o pour expliquer bien des votes qui paraîtraient au premier coup d'oeil ne pouvoir p r ove n i r que d'une connivence avec l'étranger ; mais enfin , quelles que soient les intentions des honorables, oe sont eux qui, dirigés par les trtî-
« très , perdent la nation et le roi. Ce qu'il y à de « plus déplorable ,- c'est qu'ils exercent même une « sorte d'influence sur l'opinion de certaines clas- « ses. Au moins les trois cents de M. de Villèle , lès « introuvables de 1 8 1 5, se bornaient à bouleverser <s les lois et l'administration ; ils ne corrompaient « point les esprits ; la France entière repoussait « leurs doctrines , elle n'écoutait que les membres « de l'opposition. S'il en est autrement aujourd'hui, « cela tient sans doute à ce qu'il n'y a pas eu en- « core, à proprement parler, une opposition dans la «Chambre. Des patriotes énergiques ont fait en- « tendre de nobles protestations ; mais leurs eC- « forts étaient individuels ; ils n'étaient point souci tenus par leurs collègues. Les habitans des « provinces pouvaient croire qu'une partie- de la « gauche marchait avec le gouvernement. La po- « pularité de Lafayette et de Dupont (de l'Eure) « protégeait le ministère, alors même qu'il s'oppo- « sait à tous leurs généreux desseins.
« Aujourd'hui que ces deux illustres citoyens a sont rendus à toute leur indépendance, rien n'est « plus facile que de former dans la Chambre une «opposition compacte. Si les patriotes de l'extrême gauche réunissent leurs efforts, s'ils sa- « vent employer les moyens d'influence que leur «assurent leur patriotisme et leurs talents, la fai- « blesse de leur nombre sera bientôt plus que com-
• pensée par la force de la nation qui se
«toute entière soos leurs bannières, et btralmaa
« reculera devant eux.»
16 Janrkx 1831.
pis roGiscms assobcus coma us m
« Nous ayons publié hier une adresse de MM. les étudians de l'illustre école de Montpellier, dans laquelle ils déclarent adhérer pleinement an projet d'association formé par les écoles de Paris, et inséré dans notre journaL. Cette adresse a été envoyée à la Tribune avec une lettre pleine de patriotisme que le défaut d'espace nous a privés de faire connaître. Aujourd'hui nous lisons dans le Moniteur :
c Une instruction a été commencée aujourd'hui devant l'Académie universitaire de Paris, contre les signataires de la lettre insérée dans un journal , la Tribune des département , et contenant une invitation adressée à tous lés élèves des écoles, dans le but de se réunir pour former une association politique. »
« Courage , M. Barthe , instrumentez contre l'élite de la jeunesse française en vertu d'ordonnances illégales émanées du ministère qui prêta»
t dâit à l'administration déplorable par le massacré « de citoyens désarmés , par f assassinat dû jeune «Lallemand! Sous un règne qu'art nous avait dit « devoir donner presque autant de liberté, presque « autant de sécurité à tous les droits que le ré- « gime républicain , faites Utt crime aux plus dis- « tingués des étudians français d'avoir appelé leurs « condisciples k la jouissance cPun droit que les étu- « dians de toute l'Allemagne exercent sans trouble
« sous lé régime du pouvoir absolu. Courage ! la «Carrière de l'arbitraire est vaste; mais vous y « débuter à pas de géant. Mattê anima.
«Ou plutôt, songea au* conséquences d'âne * mesure , qui heureusement; n'est pas encore « dans la partie dfflciellê du Moniteur» Ne craignefc- « vous pas que si vous attaque* les signataires de «la lettre qui noufe a été adressée, tous les étu- « dians ne prennent fait et cause pour des Ca- «marades qu'ils aiment, qu'ils estiment * qu'ils ir ont vus à leur tête dans toutes les grandes occa* ««rions? Dans ce cas, me répondre2*vous, nous « fermerons les écoles, Déjà Ce bruit circule , il «irrite les étudians, il inquiète leurs familles, il « désole te quartier de Paris que leur présence en- « richit. Prenez-y garde , vous à qui toute espèce « de trahison fait certainement horreur. Craignez « d'être dupe de conseils perfides. Tous êtes mi* «niatçe de lyOuifr-PfeUippe : eb bien I la fermeture
* des écoles est une mesure que tous les ennemi* « de Loois-PhiKppe ne croiraient jamais pouvoir « payer trop cher. »
Le 22 janvier , le conseil académique , devant lequel avaient été cités les étudians auteurs du projet d'association , s'étant déclaré compétent , malgré les raisons que fit valoir M. Odilon-Bârrôt , condamna quelques-uns de ces jeunes gens à perdre Une partie de leurs inscriptions. Ce jugement fut accueilli par des sifflets. Le ministre de l'instruction publique et le procureur général iuretot, à leur sortie, poursuivis de huées; On cassa des vitres de leur voiture, on jeta par la fenêtre les registres du conseil, et même, d'après quelques ver* sions, un employé qui voulait s'opposera ces désordres fut maltraité. Cétait ee qui pouvait arriver de plus heureux pour les ennemis de l'association. Ils songèrent à en profiter.
24 Janvier 1831.
flioi TERÙÙ Atrï fruftilN*.
«Les étudians sont fâchés des sifflets et des «huées qui donnaient 4 ttite affaire jçiWé l'air «d'une mutinerie d'écoliers: ils sont désolés su*-
« tout des violences exercées , assure-t-on , sur un «domestique et sur un employé qui n'avaient « aucun tort. Nous approuvons plus que personne «ces sentimens; mais lorsque le ministère semble «vouloir exploiter au profit de l'arbitraire une « douleur bien naturelle dans des jeunes gens gé- «néreux, nous serions coupables si nous ne dé- « voilions pas ses manoeuvres.
«On établit de toutes parts des registres destinés «à recueillir des signatures d'étudians pour des «protestations où, sous prétexte de désavouer des
«excès odieux/ on désavoue aussi l'association
« dos écoles. On circonvient les élèves de toutes « les manières ; on dit aux uns : Voulez- vous qu'on « vous croie capables d'assommer un employé qui «défend ses registres? On représente aux autres « que leur signature pourra devenir une apostille «à leurs placets futurs; on les menace tous de « fermer les écoles.
« Ainsi on déplace la question ; on substitue le «regret de quelques excès commis à l'idée de « l'association commencée ; on profite d'un senti- « ment louable pour faire abandonner un droit.
«Il nous suffira d'indiquer le piège. Quant à « la cause , aux instigations du désordre , nous ne «les rapprocherons pas du parti qu'en veut tirer aie gouvernement. Nous crçyons que ce n'est « point ici le cas d'appliquer l'axiome ...cuiprodest;
■ mais si nous sommes certains que le ministère, « à qui ces désordres devaient profiter , n'y a été « pour rien , à plus forte raison est-il indubitable « qu'on; ne peut en soupçonner les membres du a comité d'association , dont une pareille scène «gâtait toute la cause. Que signifie donc l'arres- «tation de M. Blanqui? Que signifie celle de « MAL Sambuc et Plocque, exécutée, contre toutes «les lois, au milieu de la nuit ? Est-ce encore pour « agir sur l'imagination de leurs condisciples ?
«Les étudians sauront déjouer tous ces plans; « ils ne confondront pas la solidarité des désordres «avec la solidarité d'un projet avoué par les lois, «et d'une protestation où l'on s'appuyait sur la « légalité pour repousser l'arbitraire. »
30 Janvier 1831.