‹ La révolution de 1830: et le véritable parti républicain, exposé du plan de ce parti en juilletChapitre 11 sur 50 · U MOUVEMENT ET LA RÉSISTANCE · texte numérisé non relu

U MOUVEMENT ET LA RÉSISTANCE

« Dams la dernière séance de la Chambre, M. Jars, «se servant 4e deux dénominations inventées par « la Gatette de France, a caractérisé ainsi ces deux « partis opposés :

Le mouvement, si je l'ai bien compris, serait la continuité , la perpétuité dé l'état révolution-

naire , au risque de la guerre civile et de la guette étrangère ; le mouvement serait de déplacer et de détruire, pour remplacer et reconstruire , au gré de certaines théories et de certaines ambitions qui feulent s'imposer au pays.

La KéMST/UtCE, au contraire, aurait pour but de modérer ce mouvement violent de la révolution , de le régler , et surtout de le soumettre , en toutes circonstances , aux nécessités de ht' paix et de Tordre public. Sous ce point de vue, la iisîstaitce serait elle-même un mouvement: mais un mouvement régulier , progressif et salutaire , et tel que le comprennent tous le* hommes sages

désintéressés.

« Cette double définition peut être adoptée par a les centres ; mais voici celle que l'histoire dona nera :

« Le mouvement, c'est le désir de mettre la France « en état de soutenir la guerre* puisqu'on se jetant, «dès le 3i juillet, dans les bras des doctrinaires, a on a rendu la guerre inévitable) c'eit l'envie « d'assurer la paix intérieure en ralliant tous les «citoyens à un gouvernement avantageux pcrtlr «tous; c'est l'intention de fermer la carrière dss « bouleversemens , en donnant au peuple une situation où il puisse reposer tranquille j tffest « l'empressement de prévenir à là fonret fcs W-

«vages des hordes étrangères, et les excès aui- « quels pourrait se porter une nation poussée « d'outragé en outrage, de déception en déception, «jusqu'à la rage du désespoir.

« La résistance, c'est le complot forjné d'étendre a dans tous les cœurs l'enthousiasme qui seul petit « s'opposer à la coalition dès rois, de frire dire à «tous les Français : Pourquoi nous battrions-nous c pont an g o uver n ement qui nous laisse dans Tétat « où nous avait mis la sainte-alliance, de créer «partout une administration disposée, à proda- « merles ordres d'un nouveau Sch wartiemberg , « de nourrir toutes les divisions en excitant «toutes les- défiances, de réveiller tons tes par- «tis en poussant le peuple à essayer de tous les

« remèdes.

« Voilà ce qu'est la résistance dans la pensée des «habiles. Chez d'autres, c^est la passion de leurs « places qu'ils craignent de perdre dans le moiwc- *ment. Il est enfin, je le sais, d'honnêtes gens «assez bien partagés en raison pour ne rien « craindre des Cosaques, et pour trembler au nom «de leurs voisins les plus génér e ux et les plus «doux: il en est à qui on est sâr, si Fort veut «acheter un journal a c cré di té, de bàre dire et «penser, dans quinze jours, tjue don Migiid est «l'homme le (dus humain de PEurtpe, cùtittkè •<» leur ftftit croire que sous le fptmrÉmaêkt

«jlu sanguinaire Lafayette, les têtes ne cesseraient « de rouler sur les échafauds.

«Quant à ceux-là, il n'y a rien à leur dire. Us « ne sont pas plus responsables des suites de leur « stupidité , que les maniaques de Bicêtre des accès «de leur frénésie.

«Dans quelques mois leur illusion sera dissipée. « Us. verront alors qui,, de nos adversaires ou de « nous , avait à cœur la prospérité et la tranquillité «de la France. Ils comprendront que le mouve- «ment, c'est la résistance aux nobles triomphes «des baskirs, aux pieux exploits des Trestaillons «et des cours prevô taies, aux milliards d'indem- «nité de guerre; que la résistance c'est le mowe- « ment vers la ruine et le déshonneur de la patrie.»

1 er Février 1831.

suite de l'Affaire des écoles.

«Cette affaire devient plus grave de jour en «jour. Quelques jeunes citoyens, distingués par « leyrs lumières et leur patriotisme , forment un «projet qui n'est contraire à aucune des di&posi- « tions des quarante-quatre mille lois qu décrets « toujours suspendus sur nos têtes , même .après *fe. ?9 juillet 11$ donnent à ce projet la plus

«grande publicité; ils appellent sur tons leurs «actes, sur tontes leurs démarches ^attention de « l'autorité et les regards de la France. Ils agissent « aussi paisiblement que légalement

« Ne pouvant les .attaquer par les voies judi-

a ciaires, on les cite devant le conseil académique.

«Ils déclinent la compétence de ce tribunal ex-

« ceptionneL. Ce tribunal passe outre et les con-

« damne. On siffle le président du tribunal, qui

« lui-même s'était élevé naguère avec force contre

aies prétendus droits de cette juridiction illégale.

« On enfonce une porte et on jette par la fenêtre

«des plumes, du papier, peut-être quelques re-

« gistres. Des désordres plus graves sont articulés,

« il est vrai, mais non prouvés. Des étudians, dit-on,

«s'en sont rendus coupables. Que fait -on? On

« arrête trois des signataires de l'acte qui déclinait

« la compétence. On les arrête pendant la nuit,

« contrairement à toutes les dispositions conser-

« vatrices de la liberté individuelle. Aussitôt des

« preuves irréfragables constatent qu'il est impos-

« sible même de supposer que les détenus aient

«pris part 2oî délit.

«N'importe, on les transfère de la Conciergerie « à la Force, on les emprisonne avec des malfai- « teurs, on les tient presque au secret. Le proco- « reur du roi, qui n'a pas, comme tant cf autres, «renié ses doctrines en prenant part an pouvoir,

« veut faire cesser cette détention arbitraire. Mais « on y attache tant de prix qu'on trouve moyen « de la prolonger , malgré M. Comte et le cri de «l'opinion publique.

«Voici la seule explication. qu'on puisse donner « d'une conduite si étrange. Avant de l'exposer , «. nous devons avertir que, dans cette affaire comme « daqs bien d'autres , les véritables coupables, ne « sont pas les agens ostensibles ; les meneurs se «tiennent derrière, et ne font point connaître a leur intention secrète à leurs responsables dupés.

« Les habiles de la trahison ont senti depuis «long-temps combien il était important pour la « réussite de leurs projets de ruiner dans l'opinion «publique tout ce qui, soit individu, soit asso- « dation, soit corporation, pourrait rallier le « peuple-autour de soi pour la défense nationale. «Ils se sont mis à l'œuvre en toute hâte, comme «gens qui savaient qu'il n'y a pas bien loin du «mois d'août i83o au mois d'avril i83i. On a vu « comment ils ont cherché à démolir plusieurs de « ces renommées populaires construites on ne sait « trop avec quoi ; et combien il leur a fallu en «général peu de peine pour réussir. D v un autre «coté, les 'plus petits bourgs des plus petits dé- « partemens peuvent attester les intrigues mises «en jeu pour entraver le succès, pour prévenir « l'influence du très petit nombre dé journaux pa*

« triâtes- Dans cette guerre coutre tous les noyaux « de résistance à la troisième invasion, les grau» « de* 4cole* de Paris ne pouvaient être oubliées. «L'assoôatiou secrète formée dans leur sein il y «a un an , leur moite conduite dans les journée* «de juillet, le sang des leurs mêlé i celui des ou- «vrôrs , sur la Grèye , «ou» la Forte^Duiis, à la « caserne de Bebyloue , eu Louvre f aux Tuileries , *W PaMNtoja) , les désignaient comme l'avant- «garde, et, en quelque sorte, Ut guide* de la a population parisienne contre les hulans et les «baskirs, à l'approche tftm nouveau 3o ipârs, « d'un nouveau 3 juillet.

«Déjà on était parvenu dans les derniers trou* a blés à opposer une fraction des école* aux ou- « vriers. Ibis ce n'était point assez. Le refus des « remercunen* de la Chambre avait rappelé les € opinions des étudians de juillet. L'association «pouvait rendre aux écoles toute leur influence. «Le conseil académique ai été chargé de défendre «aux aères de s'associer. Leurs commissaires ont « protesté d'avance contre cette défense illégale. Ou « a cherché dés lors à les faire désavooer par leurs

onaprésentécommertrpresiiopde*

«de quelques îadmdas. Mais fimmense majorité «s'est indignée de ces désaveux amristériel*, île

« véritable opinion des écoles pouvait paraître au «premier moment revêtue de plusieurs milliers <& de signatures. On a menacé, et, pour donner a une sanction aux menaces , il a bien fallu user, «envers les prévenus, de rigueurs, sans excuse « puisqu'elles sont sans prétexte.

« Qu'on y prenne garde ! une pareille tactique «pourrait , en se prolongeant, 'amener des résul- «tats diamétralement opposés à ceux qu'on se « flatte d'en obtenir. »

2 Février 1831.

Page 1