‹ La révolution de 1830: et le véritable parti républicain, exposé du plan de ce parti en juilletChapitre 32 sur 50 · IT EN ITALIE · texte numérisé non relu

IT EN ITALIE

«t Sur notre frontière du Nord » 1a diplomatie « de notre ministère porte ses fruits* D'apnée les «nouvelles particulières de Belgique, d'après «même les journaux belges* il paraît qua Ul «royauté du prince de Gobourg gagne insensé

t élément du terrain » malgré l'énergique pertes-

«tation de l'association nationale de G^nd, et la «répugnance des patriotes. Ainsi l'Angleterre. te j prépare à rentrer bientpt dans ces places fortes , € construites ou réparées, avec nos tributs de 1 8 1 $ f « pour veiller sur la continuation de notre asser- « vissement , dans ces forteresses que le contre- «coup seul des journées de juillet , tout amorti «qu'il était par les menées doctrinaires, avait «fait passer des mains de nos ennemis aux mains «de nos alliés, et transformées en boulevards de « notre indépendance.

«Sur notre frontière du Midi, c'est pis encore» «Chaque jour arrivent de l'Italie centrale des «nouvelles qui indignent tout ce qui porte un «cœur d'homme, et font monter la rougeur au «front de tout ce qui porte un cœur français, « Notre révolution, si féconde en espérances pour « tous les peuples, n'aura servi en Italie qu'à livrer « les gens d'honneur à la lâche fureur des merce- « naires , qu'à élever la domination autrichienne « sur les ruines de la partie éclairée et patriote de « la population ! ^^

c Cette Italie , qui partage avec la Grèce k tt* V « connaissance et l'admiration de* peuple* mili* «ses, qui seule même, entre tout** le* nati/sn*, a a la gloire d'avoir produit deux A*% quatre grand» m « siècles de l'esprit humain ; cette Italie qui, dfrtflff «trente ans, a suivi tout** \*% *vy,*fiÀin<U'% <fc Jft

«France; cette Italie, dont presque toutes les « villes ont été couvertes de notre sang et de notre « gloire ; cette Italie , le tombeau de Desaix et le « berceau de la fortune de Bonaparte , ne sera plus «tout entière que l'humble esclave des Autrir « chiens , mutilée par leurs bourreaux , et menée « à la schlague de leurs pandours !

« Ce n'est pas tout. Elle va devenir même une « immense place d'armes où se préparera l'inva- « sion de nos provinces de l'est. Les journaux allemands annoncent une alliance de l'Autriche et « du Piémont contre la France. Les forteresses sar- « des doivent être livrées aux Autrichien^, comme « les forteresses belges aux Anglais. Le prince de « Carignan a connu et approuvé ces arrangemens. « Enfin des nouvelles plus sûres que ces journaux « nous apprennen tque l'armée du conseil aulique « en Italie doit être portée à plus de deux cent « mille hommes ; que le plus grand général de l'Àu- « triche doit la commander. M. Sébastiani préten- «dra-t-il que l'archiduc Charles marche avec deux « cent mille hommes pour s'assurer la possession « de Modène et se mettre en garde contre l'insur- « rection de Reggio ? »

6 Mai 1831.

« Deux nations excitent surtout la sympathie de « la France : la Pologne, qui, après sa chute, se sur- « vécut, en quelque sorte, dans nos camps; et « cette Italie, qui fut si long-temps de moitié dans « nos succès et dans nos revers, qui suivit un mo- «ment nos pas dans ta carrière des armes, que « nous avons suivie dans la carrière des arts , et « dont presque toutes les cités rappellent une de «nos victoires. La première est loin de nous: elle « lutte seule contre notre ennemi commun , elle «lutte avec héroïsme, mais presque sans espoir; « et à la joie que nous cause chacun de ses triom- « phes se joint un serrement de cœur, comme si «nous pressentions sa fin prochaine. L'Italie n'a «pas même pu luttef ;*eUe n'a vu que les Alpes « entre elle et nous : trop confiante , elle a pensé « que son danger nous forcerait à les franchir; que «le drapeau de la non-intervention viendrait arrê- '™ «ter les enseignes autrichiennes. Ah! sans doute, « si les destinées de la France avaient été dans les « mains d'un ministère patriote , cette confiance « n'eût pas été trompée. L'étendard tricolore aurait «déjà revu les champs de Montenotte, et peut*

«être ceux de Rivoli. Mais M. Sébastian! dirigeait «notre politique, et l'Italie, que nous avons arra- « chée deux fois , par tant de prodiges et de sang, a à la domination de l'Autriche, est livrée à toutes «ses vengeances.

«Notre ministère intercède, dit-on. Àh! cessez « une intercession inutile pour l'Italie, humiliante «pour la France; ne priez plus, commandez, et « commandez fépée à la main. Malgré tout ce 'que « vous avez fait pour comprimer l'élan national , « vous pouvez encore trouver une force immense « à l'intérieur ; malgré tout ce que vous avez feit «pour vous aliéner les nations voisines, vouspou- « vez encore trouver à l'extérieur des auxiliaires. « D'après des lettres particulières- qu'on nous com- « mimique à l'instant, le gouvernement sarde vient «de retirer presque toutes ses troupes de* fron- « tières de France, pour les envoyer sur les fron- « tières de la Lombardie. Certainement, si le nou- « veau roi de Piémont vous wyait décidés à cotti- « battre vigoureusement l'Autriche, il n'hésite- « rait pas à préférer votre alliance. Il n'ignore « point que le duc de Modène nourrit toujours « Tespoir de ceindre la couronne de SarcTaigtoe. U « n'ignore point que ce prince , comme le portent «les mêmes lettres, répand l'or parmi les troupes « pié m on taises pour chercher à s'y former un « parti. Qu'il voie derrière lui tin© armée de-çMt

«mille français , et il ne craindra point de se pro- « noneer contre les hommes qui protègent son « c om pét i te u r. Mais s 9 if se trouve quelque temps « encore entre l'Autriche menaçante et la France « demandant la paix à tout prix , entre les rives « du Tésin , couvertes de bataillons germaniques, « et les bords du Yar dégarnis de soldats , il aban- « donnera la cause d'un état qui s'abandonne lui- « mêfte ; il promettra à M. de Metternich la même « docilité que pourrait offrir le duc de Modène; il V joindra se* troupes k cette grande armée autri- « chienne , dont nous avons, il y a quelques jours, € annoncé la formation , que le premier capitaine «de l'Allemagne doit commander, et qu'il sera € plus difficile d'arrêter dans le Dauphiné que de •vaincre dans la Lombardie.

« En attendant , vous aurez laissé détruire tiens «l'Italie' centrale tous les hommes attachés à la «cause nationale, tous ceux qui vous auraient « prêté leur bras dans la lutte contre nos oom- «muns eunemis. Partout, dans la Romagne, le «rebut de la* population est érigé, sousje nom «de garde urbaine, en auxiliaire du b&iraaau. Le « gouvernement du pape publie des édita capables « de faire reculer le miséricordieux don Miguel. « Heureux ceux des patriotes • italiens qui , après «avoir échoppé aux commissions militaires, et «an* gardes^* sûreté, chassés nus et gai* pain

« du gouvernement paternel de la Toscane , arri- « vent exténués dans nos ports du Midi , où les « autorités n'ont plus de ftmds pour leur donner « l'indemnité de route ! » *

8 Mai 1831.

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