MANOEUVRES CONTRE LES DECORES DE JUILLET
« La congrégation doctrinaire , branche cadette a de la congrégation jésuitique , s'évertue de toute « son astuce contre les citoyens désignés par la «commission des récompenses nationales. C'est «peu d'ameuter contre eux tous les journaux du « ministère , c'est peu de mendier des protestations «contre la décision qu'ils ont prise avant-hier; « profitant du mécontentement produit par l'ab» «sence de quelques noms et par la présence de «quelques autres sur la liste du Moniteur, pu « cherche à nous présenter aux autres combattais «de juillet comme des privilégiés, et aux esprits « timides tomme des séditieux. Quant aux pjre- « miers , à nos amis dès barricades, nous n'avons? «certes, pas besoin de nous justifier devant eux; «ils savent bien que nous sommes loin de tenir à « des décorations; ils savent bien que presque tous « nous eussions, comme M. Charles Testa , l'undes
plus honorables d'entre nous , refusé de porter le ruban* si nous n avions pas pensé qu'il devait être regardé comme un signe politique dont l'évidence pourrait être utile à la cause de la liberté.
«Nous répondrons aux seconds : Ne croyez pas que nous soyions mus par un désir irréfléchi d'opposition. La délibération cTavant-hier était impérieusement dictée même par les principes de la liberté constitutionnelle, telle qu'on l'entendait sous la branche aînée des Bourbons.
Sauf l'importance du sujet , la question est absolument la même que celle des fameuses ordonnances de juillet. Ceci vous surprend ; écoutez. La loi avait réglé les conditions exigées pour voter dans les collèges électoraux , pour faire paraître un journal ; les ordonnances de juillet vinrent ajouter à ces condition* des conditions nouvelles; maintenant, la loi du i3 décembre avait fixé les conditions voulues pour porter la décoration nationale, et une ordonnance vient ajouter à ces conditions celle du serment. Je le répète, sauf l'importance des objets, la question constitutionnelle est la même. En juillet, nous refusâmes de souscrire aux conditions ajoutées par le caprice des ministres; « nous avons dû faire de même à présent. »
18 Mai 1831.