‹ La révolution de 1830 et les procès des ministres de Charles XChapitre 12 sur 50 · Ne à Montelimait en 171J2, mort a Paris en i · texte numérisé non relu

Ne à Montelimait en 171J2, mort a Paris en i

2. Né à Marseille le i6 avril 1797, Thiers avait alors trentetrois ans et n'avait pris part à la politique que comme publiciste.

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(jiiils signèrent au nonil)ro dr fjuarantc-fjuatre, et dans lacjuelle, dénonçant rillégalité des ordonnances, ils affirmaient la ferme volonté d'y résister. « Le gouvernement, disaient-ils, a perdu aujourd'hui le caractère de légalité qui commande l'obéissance ; nous lui résistons pour ce qui nous concerne : c'est à la France de voir jusqu'où doit s'étendre sa propre résistance. »

Cette résistance trouvait déjà un appui auprès des tribunaux. L'imprimeur du Journal du Commerce ayant refuse le service de ses presses, en invoquant l'ordonnance qui suspendait la liberté des feuilles périodiques, le président du tribunal civil, M. de Belleyme ', le condamnait à continuer l'impression du journal, attendu que l'ordonnance n'avait pas encore été promulguée dans les formes légales. Le tribunal de commerce rendait, au profit du Courrier français, un jugement analogue.

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1. Ne (Ml 17S7, iiinrl en IS(»2. l'.rllryriic riait pHtriirciir <lu roi a l'aris i|uuii<i M. dr Marlifriiac dcviiil niinislrr. Il fui iionitiu' alors |»n'f('l «le police: mais il <liiiina sa (Innission a ravi-uriin'iit (le Polijriiac. nial^rrc les inslanc es (|iii furent faites au|>rés de lui par Charles X lui-ni»"'ine aliii de le retenir. Pour atténuer le fiirlieux elTel de sa retraite, on le nurnina président du trilmnal civil de la Seine. Il eonservu ees fonctions longle»j|is. Il eul

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Vers cinq heures, des groupes commençaient à se former dans les rues, au Palais-Royal, aux abords des ministères. Des cris de : Vive la Charte! A bas les ministres! se faisaient entendre; les rassemblements, dissipés sur un point par les gendarmes, allaient se reformer sur un autre, toujours plus nombreux et plus menaçants. Quelques députés se réunissaient en hâte chez l'un d'eux, et ne se trouvant pas en nombre pour prendre utilement une résolution, s'ajournaient au lendemain, en se donnant rendez-vous chez Casimir Perier.

Dans la soirée, quatre ministres, Polignac, de Peyronnet, d'Haussez et de Montbel, se rencontraient chez Chantelauze, qui était souffrant. On leur apprit que les vitres du ministère des finances venaient d'être brisées. Polignac, craignant qu'il n'y eût devant son hôtel quelque manifestation analogue, voulut s'y rendre. D'Haussez l'accom-

|iniir successeur à la préfecture de police Mangin, le savant criminaliste, conseiller à la Cour de cassation, lequel, comme procureur général à Poitiers, avait requis, en 1822, l'application (Je la peine de mort contre le général Berton, Torg-anisateur de réchnuiïourée de Saumur. Bien que la culpabilité de ce dernier ne lut pas douteuse, son exécution souleva des protestations ardentes, et Mangin devint un des magistrats les plus impopulaires de France. La vérité oblige à reconnaître que son incapacité et son imprévoyance pendant la crise de 1830, égalèrent la réprobation qui avait accueilli sa nomination.

pairna. Ils furent reconnus dans la rue des Ca) ueines, à Tentrée de la présidence. Des huées retentirent autour d'eux, mêlées à des menaces. Des pierres furent lancées contre leur voilure; d'Haussez fut légèrement blessé. La présence d'esprit du cocher et Tintervention des soldats de garde au ministère les sauvèrent d'un danger plus grand. A la même heure, le salon de Guernon-Ranville était encombré de personnes qui le louaient du parti énergique et « nécessaire » auquel le gouvernement avait enfin demandé la conclusion d'un état « intolérable ».

En résumé, la journée s'était écoulée assez paisible pour encourager Terreur dans laquelle persistait Polignac, et qui consistait à croire que Tagitation populaire serait insignifiante et de courte durée. Il s'entêta dans cette erreur jusqu'au dernier moment, apportant dans l'organisation de la répression la plus inconcevable négligence et à ce point aveuglé que le 28, au moment où l'insurrection devenait sur tous les points maîtresse de Paris, il envoyait encore à Saint-Cloud des lettres empreintes de quiétude, et faisait répondre à un ambassadeur qui lui demandait un saufconduit pour ses gens :

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« Hassiircz Son Excellence. Ce n'est rien (jne tout cela. Dans deux heures, tout sera fini. »

Trois mois avant, il disait déjà des premiers sMni)tomes du conllit déchaîne par sa maladresse et son opiniâtreté :

a C'est une ébullition à la surface; en soufflant dessus, tout disparaîtra. »

La journée du 27 s'annonça plus menaçante. Plusieurs journaux s'abstinrent de paraître, afin de n'avoir pas à solliciter l'autorisation exigée par les ordonnances. D'autres, notamment le National et le Temps, parurent sans cette autorisation , publiant en tête de leurs colonnes la protestation des journalistes ; malgré les efforts de la police, ils furent distribués en grand nombre à Paris et expédiés dans les départements. L'autorité ayant voulu poser les scellés sur les presses des contrevenants, il en résulta une excitation nouvelle qui vint accroître encore l'agitation des faubourgs et des écoles. La foule se porta plus malveillante que la veille vers l'hôtel des affaires étrangères. Des bandes composées non seulement d'ouvriers, mais d'un grand nombre d'individus appartenant à la bourgeoisie, parcoururent les boulevards aux cris de : Vive la Charte! A bas les ministres! tandis

que les députés libéraux, réunis chez M. Casimir Perier, s'ajjprètaient à prendre la direction du mouvement et à encourairer la résistance.

Le ju-ince de Polignac se décida alors bien tardivement à faire connaître au maréchal Marmont, venu de Saint-Cloud à Paris, sur l'ordre du roi, qu'il était investi du commandement de la 1"^'' division militaire.

« C'est la plus cruelle épreuve que j'aie faite de la fatalité qui s'attache à moi! >^ répondit le maréchal, résigné à obéir.

La nouvelle de sa nomination acheva d'exaspérer les Parisiens. Une impopularité qui ne peut être comparée qu'à celle du maréchal de Bourmont pesait sur son nom. Les partisans de l'Empire l'accusaient d'avoir trahi Napoléon, et cette accusation passionnée trouvait des échos dans tous les partis. Ce fut une faute irréparable du président du conseil de choisir, pour en faire le défenseur de la cause royale, un soldat compromis, sans action sur les troupes, sans prestige sur b' peujile. Vainement, il a allégué pins taid qu'en le choisissant, il avait (>b(''i aux conseils du ministre de la guerre; la responsabilité de ce choix fntal M la mf>nnrchie pèse sur sa mémoire au

même titre que toutes celles qu'il ne craignit pas d'assumer. Le duc de Raguse prit possession du commandement à midi, ayant sous ses ordres H 000 hommes. Dans l'après-midi, Paris se soulevait; grossie des nombreux ouvriers que la fermeture simultanée de la plupart des ateliers de la capitale jetait sur le pavé, l'émeute entreprenait son œuvre, et vers trois heures, le combat s'engageait aux environs du Palais-Royal.

A dater de ce moment, Paris fut livré pendant trois jours à tous les malheurs d'une guerre civile inoubliable, dont nous n'entendons raconter ni les opérations, ni les péripéties. Ces événements ont trouvé déjà d'éloquents historiens. Ils ne sont d'ailleurs que le prologue du solennel procès aufjuel cette étude est consacrée, et nous n'en devons retenir que ce qui est nécessaire à faire comprendre, en la justifiant, l'accusation portée ultérieurement contre les ministres de Charles X.

Les journées des 28 et 29 juillet furent les plus meurtrières. Dès le matin de la première, la population de Paris, entraînée par la colère, excitée par les champions des idées libérales, exaspérée par le maintien des ordonnances et l'attitude des ministres, fut debout et armée. Le

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choc entre le peuple insurpré elles troupes royales eut lieu sur plusieurs points à la fois. On se Itatlil à Notre-Dame, à la place de la JJastille, au Pont- Royal, au pont (le la (irève, à l'Hôtel de Ville, qui fut pris, repris, et demeura enfin au pouvoir de rémeute. La garde royale et les Suisses se montrèrent héroïques; mais, la ligne ne marchait qu'à regret, et sur plusieurs points finit par déposer les armes, ou même par passer à l'insurrection. Le 29, le champ de bataille s'étendit encore. La rive gauche devenait, comme la rive droite, le théâtre des plus sanglants excès. Les casernes des gendarmes, le poste du Luxembourg, tous ceux des barrières étaient désarmés; les appartements de l'archevêché mis au pillage; la ]»rison de la Conciergerie était forcée et trois cents malfaiteurs recouvraient ainsi la liberté. Dans la plupart des églises, le tocsin sonnait. Des barricades s'élevaient de toutes parts. Enfin, l'émeute s'emparait des Tuileries où le maréchal Marniont avait établi son quartier général et massacrait les soldats qu'en évacuant le palais, pour rallier ses troupes cà l'Arc de l'riouipbe, il avait charges de couvrir sa retraite. Tel était le lamentable résultat de la funeste campagne de M. de Polignac, étour-

(Jiment entreprise en violation de la Charte, sans plan arrêté, sans moyens de défense.

Pendant que le sang français, versé par sa faute, rougissait le pavé des rues, les ministres, qui d'abord s'étaient établis en permanence à l'hôtel des affaires étrangères et avaient fait proclamer l'état de siège, s'attachaient à tromper le roi sur la gravité de la situation, et tandis que le maréchal Marmont écrivait à Saint-Cloud : « Ce n'est plus une émeute, c'est une révolution! » ils ne cessaient de répéter :

« Ce n'est qu'une émeute; toutes les mesures sont prises; la monarchie n'est pas en danger. »

Le roi, qu'on ne voulait pas alarmer, se refusait donc à croire au péril. Aux avis réitérés du duc de Raguse lui représentant la nécessité de sauver, par une mesure immédiate, alors qu'il en était temps encore, l'honneur de la couronne, il répondait en remerciant les troupes « de leur bonne et honorable conduite, et en leur accordant un mois et demi de solde ».

Le roi conserva ainsi jusqu'au dernier moment sa confiance et sa sérénité. C'est le 29 seulement qu'il consentit, sur la proposition du prince de Polignac, à retirer les ordonnances. Les ministres

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