Né à Mammors en 1772, mort en
7H LA HKVOLITION DE 1S30.
On avait utilisé d'abord son (b'voinnrnt. en renvoyant à Évreux, afin qu'il cmi ramenât les régiments de la g^arde en garnison dans cette ville. Semallé s'était acquitté de cette mission; [)uis, aj)rès en avoir rendu compte à Charles X, et lui avoir appris que ces régiments avaient dû s'arrêter à Saint-Germain, le pont de Neuilly se trouvant au pouvoir de l'émeute, il était allé, conformément aux désirs du roi, attendre ta Versailles qu'il convînt à ce dernier de recourir de nouveau à son zèle. Le 31 juillet, il se trouvait dans cette ville, dans une maison du boulevard de la Reine, chez la marquise de Campigny, née de Fénelon, quand il apprit que la cour venait d'opérer sa retraite surTrianon. Pensant alors ([uil valait mieux faire spontanément acte de présence ([ue d'attendre, au cours d'un si grand désastre, des ordres (}ui ne viendraient pas, il gagna le parc et parvint, après bien des diflicultés, à s'introduire dans le [lalais. Retiré dans une galerie, il ehercbait une occasion de se présenter au roi, (|uand une jjorte s'ouvrit et (^barles X j)ai'iil, liiiicjiienienl |ti(''()((U|)('', en ce moment, du désir (b' sauver ses ministres.
« C'est moi qui ai voulu les ordonnances, <lisait-il, je dois en subir seul b.-s C(Miséi|uences»
Je n'aurai de repos que lorsque je saurai les ministres en sûreté. Semallé, pouvez-vous vous charger de Jules? »
Le comte de Semallé répondit affirmativement, mais en posant comme condition que le prince de Polignac se livrerait complètement à lui. . « Cela va sans dire », répondit le roi.
Quelques instants après, le président du conseil étant entré dans la salle où se passait cette scène, Charles X le présenta k Semallé (|ui entraîna sur-le-champ l'homme dont il avait promis d'assurer le salut. En quittant le cabinet du souverain, Poliiinac rencontra Guernon-Ranville, et lui dit :
« Je viens de voir votre mémoire entre les mains du roi, nous allons à Tours. »
Puis, ayant pris à la hâte congé de lui, il s'éloigna; il ne devait plus le retrouver qu'au donjon de Yincennes. Montbel, d'Haussez et Peyronnet partirent de leur coté sans faire connaître leurs projets. On sait qu'ils allèrent jusqu'à Rambouillet. Quant à Guernon-Ranville, à qui l'avis de Polignac avait rendu quelque espérance, il se décida à cheminer au moins jusque dans cette ville, à la suite de Charles X, dont on apprêtait le départ. Chantelauze, partageant ses sentiments,