DEPART DE CHARLES X
ses descendants à perpétuité, de mâle en mâle par ordre de primogéniture '.
La destinée a parfois des retours ironiques et ven^ieurs. Dix-huit ans plus tard, le trône édifié en 1830 à perpétuité s'efïondrait brusquement comme s'était effondré celui de Charles X, par des causes analogues et presque dans les mêmes conditions.
1. Trois jouis avant. DcL-azes écrivait à sa fcmiue : « Le roi a ab(ii(iué ainsi ((ue le Dauphin en faveur du duc de Bordeaux. Mais, on ne veut pas celui-ci et la Chambre des députés veut proclamer sa déchéance et proclamer le duc d'Orléans, Roi. On déclare que si la Chambre des pairs n'en fait pas autant, on la brisera.... Tout cela n'est pas mené. L'anarchie est partout. Le mouvement est trop fort pour que nous ne soyons pas entraînés.... 11 sera roi avant huit jours, sans aucun doute. » Il semble impossible de ne pas conclure de cette lettre que Louis-Philippe eut la main forcée.
Nous devons suivre maintenant Polignac et ses collègues à travers les péripéties de leur fuite. Les rumeurs qu'ils avaient recueillies, les symptômes qu'ils avaient constatés en passant à Versailles et sur la roule de Trianon à Hanibouillet ne l<Mir j)ermeHaieMl jtas de se faire illusion sur la gravité des périls (jui les menaçaient. Partout où la révolution exerçait son influence, partout o{i les insurgés de Paris comptaient des approbateurs et des complices, les derniers ministres (!<' (Charles \ ('laiciil l^dtjrl d<' raiiiiiiiiilvcrsioii générale; .iiilaiil «lire (|iir, pai- Iniilc la J'^rancc, oii mamlissail leur pnlilicpic funeste, (tii l^'-li-issail leur nom.
Les (•(>nlemporain> de ces |('ni|ts agités sont unanimes à eonslaici' les injures el les menaces
[)ar lesquelles se traduisait Texaspération publique. Les royalistes de toutes nuances, les plus violents comme les plus modérés, accusaient les membres du cabinet du 8 août d'avoir perdu la monarchie par leur imprévoyance et par leur faiblesse. Les libéraux leur reprochaient les ordonnances et entendaient les rendre responsables du sang versé. On annonçait leur mise en accusation et, pour châtier leur conduite, la peine de mort ne paraissait pas trop rigoureuse. C'est surtout contre le prince de Polignac que la haine populaire était exaspérée, s'augmentant de la vieille impopularité de sa famille et enveloppant dans ses manifestations Itruyantes les hommes politiques associés à son œuvre.
En présence de ces dangers par lesquels ils étaient directement menacés et dont chacun des jours suivants devait leur apporter une preuve nouvelle, il ne restait aux anciens ministres d'autre ressource que la fuite. Pour trois d'entre eux, elle fut couronnée de succès. D'Haussez traversa la Normandie sans être reconnu, parvint à gagner Dieppe , d'où une barque de pêcheur le conduisit en Angleterre. Quand Charles X débarqua sur le sol britannique, d'Haussez s'y trouvait