‹ La révolution de 1830 et les procès des ministres de Charles XChapitre 18 sur 50 · Né a INMi^-^iioux ci» 1777, iiiuil en IS:i · texte numérisé non relu

Né a INMi^-^iioux ci» 1777, iiiuil en IS:i

C'est à cet homme éprouvé que le roi Louis- Philippe avait voulu confier la garde d'une prison contre laquelle la présence des anciens ministres allait ameuter les fureurs populaires. Legénéral reçut les nouveaux arrivants avec les égards (lus à leur fortune, les installa dans les logements quils devaient occuper, où un huissier de la Chambre des pairs vint ensuite leur signifier un ordre d'écrou.

Dans cette même matinée du 2" août, le prince (le Polignac, arrêté le 1o à Granville, au moment oii il se préparait à passer à Jersey, fut également écroué à Vincennes. Ses tentatives pour échapper aux jtoursuites dirigées contre lui n'avaient pas été plus heureuses que celles de ses anciens collègues, queTaccusation appelait déjà des complices'. Ainsi

1. En ('Ssiavanl <l«* icconstiluor les circonstances de sa fuile, soit à l'aide de rensei^'-nenienls verbaux ou de relations écrites, soit il laide des documents déposés aux archives du déparle- Hienl de la Manche, nous avons rencontré plusieurs versions assez difTérenles les unes i\c^ autres, sinon contradictoires. Nous les avons comparées, et nous croyons être parvenu, en les coord(»nnanl entre elles, à en faire jaillir la vérité. Nous la devons en frrande |»artie aux renseip-nements (|ui nous ont été fournis par le comte «le Semallé, llls «le celui à (|ui Charles X avait confié le prince de Pcdifrnac. Ces rensei^-neiuenls (i(uil lauthenlicité ne saurait être mise en doute rendent ahsnlument invraiscMildaldi* la versiim adojilée jtar Lamartine et d'après la»|uelle l'ancien président «lu «-ouseil aurait traverse la N«»rniaii«li«' insurfiée sur li' siep' «le la \«iilure (!«' Miiif «le MmlKuilain»' et détruise en doniesliiiue.

qu'on l'a vu, il avait quitté Trianon le 31 juillet, sous la sauvegarde du comte de Semallé à qui le roi l'avait confié. Marchant à cent pas derrière lui, il entra dans une maison de la rue de Maurepas où il le vit entrer, et c'est là qu'il attendit pendant que son guide procédait aux préparatifs du départ. Semallé avait gardé à sa disposition une voiture du ministère de la guerre, avec laquelle il s'était rendu à Evreux pour une mission militaire. C'est dans cette voiture et avec des chevaux de poste que le prince de Polignac et son compagnon quittèrent Versailles. Au moment où ils se mettaient en route, Semallé dit au ministre :

« Etes-vous décidé à vous défendre? Pour moi je suis résolu, si nous sommes attaqués, à défendre chèrement ma vie.

— Et moi, je vous défendrai », répondit simplement M. de Polignac.

La relation qui nous a permis de suivre étape par étape le voyage des deux fugitifs nous révèle en même temps les perplexités et les angoisses de Semallé. Il avait accepté sans hésiter la mission périlleuse de sauver le plus compromis des ministres de Charles X; mais comment la remplir? Sur quel point des côtes de la Manche aller prendre

Page 1