‹ La révolution de 1830 et les procès des ministres de Charles XChapitre 25 sur 50 · Neveu du j»rince de Polifrnac · texte numérisé non relu

Neveu du j»rince de Polifrnac

nom de Fancien président du conseil, le duc de Guiche mettait à sa disposition une somme de cent mille francs et une plaque de diamants, — Martignac était grand-officier de la Légion d'honneur, — il refusa en disant :

« C'est pour l'honneur du prince de Polignac et ]»our mon propre honneur que je le défendrai. »

Lorsque pour la première fois, il se présenta à Vincennes afin de conférer avec son client, ce dernier, sans pouvoir prononcer une parole, prit ses mains avec effusion et, l'attirant contre lui, il l'embrassa.

Le comte de Peyronnet avait tout d'abord songé à son ami Hennequin, une des gloires du barreau français, mis soudainement en lumière douze ans auparavant par le procès Fiévée, et dont la réputation depuis cette époque grandissait sans cesse avec le talent. Il lui écrivit : « Mon cher Hennequin, mes enfants ont du vous dire combien je suis impatient de vous voir; ce n'est plus d'intérêts généraux, comme autrefois, que j'aurai à vous entretenir, mais des miens, mais de mon procès. L'ami vous recherchait dans ce temps! Aujourd'hui que jai un titre de plus, je vous appelle comme accusé; venez donc, s'il vous

plaît, dès qu'on voudra ». M. Hennequin accourut et se chargea de la difficile défense de l'ancien ministre de Tintérieur.

Il y avait alors à Lyon un jeune avocat dont les talents s'étaient fait jour jusqu'à Paris, et à qui l'avenir réservait une place éclatante dans notre histoire parlementaire; il se nommait Paul Sauzet ^ En prenant au mois d'août 1820, possession du ministère de la justice, Courvoisier, qui connaissait et appréciait ses mérites, s'était empressé de lui offrir un poste au parquet de la Seine et les fonctions de maître des requêtes au Conseil d'État. Sauzet avait refusé ces offres brillantes , afin de ne pas abandonner sa ville natale et le barreau lyonnais, où il comptait, à trente ans, autant d'admirateurs que d'amis. On vantait justement son éloquence, la sonorité de sa voix, la noblesse de son geste, tout ce qui faisait dire de lui qu'il possédait, avec la distinction des traits, les qualités maîtresses de l'orateur.

Procureur général à Lyon, Chantelauzc avait souvent entendu le jeune avocat et subi le charme

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