‹ La révolution de 1830 et les procès des ministres de Charles XChapitre 33 sur 50 · LA PEINE DE MORT · texte numérisé non relu

LA PEINE DE MORT

sont un sûr garant de Tempressenient que je vais mettre à vous faire présenter un projet de loi conforme à votre vœu. »

Le roi, en prenant ce solennel engagement, la Cliambre, en le provoquant, affirmaient avec éclat qu'ils voulaient « mettre la tète des ministres à l'abri de Féchafaud » et résister aux passions révolutionnaires comme aux ressentiments populaires. Ils pouvaient même croire qu'ils donnaient satisfaction à un vœu public, car, quelques jours avant, sur la place de Grève, où les loges maçonniques célébraient une fête en mémoire des quatre sergents de La Rochelle, une protestation contre la peine de mort s'était fait entendre et avait été appuyée le surlendemain par une pétition signée de tous les blessés de juillet, encore malades dans les hôpitaux. Mais, ces deux manifestations dues, la première à l'un de ces mouvements généreux, ordinairement sans lendemain, qui saisissent les foules à certaines heures et les entraînent dans un accès de clémence passagère, la seconde à l'initiative du général de La Fayette, qui s'efforçait en ce moment de seconder les humaines intentions du roi, ne traduisaient pas le sentiment général.

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Ce sciiliiiieiit riait lioslilc aux ministres de Charles \. La population s'irrita quand elle crut comjircndre ((u'on cherchait à les soustraire à sa vengeance et au châtiment. Cette irritation fut hahilement exploitée par les partisans violents de la répuhlique, qui accusaient le gouvernement d'avoir trahi la révolution et cherchaient l'occasion de le renverser. Le roi, sa famille, le cabinet, h'S chambres, devinrent tout à cou[> l'objet des atta({ues les plus acerbes et les plus injurieuses; des placards portant ces mots : .]Jort aux tninlslres! furent apposés la nuit, sur les murs, dans divers quartiers de Paris. Il y eut de terribles menaces adressées, sous cette forme, aux prisonniers de Yincennes. « Un fleuve de sang les entoure, disait un pamphlet; le peujile en armes en garde les bords; ils ne le franchiront jamais. »

Le n octobre, ces provocations ardentes se transformèrent et prirent bruyamment possession (le la rue. Kn revenant de Versailles où il avait passé en revue la garde nationale du (b'parlemeiil de Seine-et-Oise, le roi Ironva aux abords du Palais-Hoyal qu'il habitait encore, une foule furieuse qui demandait à grands cris la tète des ministres, déjà traduits devant leurs juges.

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