L'EMEUTE DU 17 OCTOBRE
Kepoussée par les troupes de service, elle alla promener ses colères dans les quartiers environnants.
Elle revint le lendemain plus nombreuse et plus excitée, poussant les mêmes vociférations; dissipée comme la veille, elle se rallia dans les faubourpfs, qu'elle parcourut en tous sens, en criant : A bas les ex-ministres I la télé de Polirjnac! Vive la République! et en y recrutant des complices. C'est ainsi qu'elle se présenta dans la soirée au Palais- Royal, formant plusieurs bandes, insultant et menaçant le roi. Il fallut faire évacuer les cours et les galeries du palais, fermer les grilles, défendre même contre ces énergumènes l'accès de la demeure royale et en arrêter plusieurs. Mais les autres, loin d'être apaisés ou découragés par leur défaite, devinrent plus tumultueux.
Tout à coup une voix domina le bruit, en criant : A Vincemies! à Vincennes! Ce bruit trouva un retentissant écho dans cette cohue affamée de vengeance et qui se dirigea sur-le-champ vers le château deVincennes, sous les ordres d'un homme à cheval S armée de fusils, de sabres, de bâtons
1. Ce personnage se nommait Dumoulin. Il avait été officier d'ordonnance de Napoléon pendant les Cent-Jours et avait com-
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ferrés, rangée autour d'un (lra|ieau sur lequel étaient écrits ces luots : Déi>ir du ppuple : Mort aux ministres! et traînant à sa suite des femmes et des enfants en haillons.
Vers onze heures, l'émeute se présentait aux portes de Vincennes, à la lueur de torches, remplissant la route de ses clameurs. Par l'étroite fenêtre de leur cellule, les prisonniers pouvaient voir les mains menaçantes, dirigées contre les remparts qui les abritaient. La garnison avait pris les armes et était rangée dans la cour. Le général Daumesnil auquel incombait l'honneur de défendre une troisième fois cette place qu'à deux reprises, il avait i^ardée contre cent mille étrangers, fit ouvrir la porte et se présenta seul à la foule :
« Que voulez-vous? demanda-t-il.
haUu à Waterloo. CVtait un homme de coup de mnin. (|ui en 1830. pendant la bataille des rues, avait rherché, mais en vain, à ranimer le sentiment populaire en faveur «le Na|»olé(m II. Après avoir échoué, il s'était attaché h l'élraiifre idée de Taire décerner à Louis-F'hilippe le titre d'empereur en le plai.ant sur le tntne. Il existe à ce sujet un document curieux et authenli<|ue, <|ui. sans avoir beaucoup d'importance, donne une idée de la vitalité persistante de la lép^ende im|iériale à «etle époi|ue et de la fitrce que devait y trouver la royauté nouvidie. non |)as en ac«-epiant un v/iin titn*. mais en s'entoiirant des souvenirs et des noms illustres <|iii ra|tpelaienl le mieux une jrrande epiKjue resiée |)opulaire.