‹ La révolution de 1830 et les procès des ministres de Charles XChapitre 35 sur 50 · L'ÉMEUTE DL- 17 OCTOBRE · texte numérisé non relu

L'ÉMEUTE DL- 17 OCTOBRE

— Nous voulons les anciens ministres!

— Vous ne les aurez pas. Ils sont confiés à ma garde, et ils ne sortiront (Fici que pour aller devant leurs juges!

— Leur juge, c'est le peuple! Nous vous ordonnons de nous les livrer.

— Et moi, je vous ordonne de vous retirer, reprit intrépidement le général.

— Les ministres! les ministres! mort aux ministres! hurlèrent les émeutiers qui se pressaient maintenant antour du courageux soldat.

— Vous ne les aurez pas! répéta-t-il, et si vous forcez les portes du château, plutôt que de vous livrer ces hommes, dont je réponds envers l'Etat, je vous jure que je mets le feu au magasin des poudres; de cette manière, ajouta-t-il d'un accent railleur, nous rentrerons tous ensemhle à Paris par la porte Saint-Antoine. »

Cette réponse, appuyée par une sortie de la garnison, fit reculer les factieux. Ils se mirent à crier tout à coup : ]^îve la jambe de botsl puis revinrent vers le Palais-Royal, où ils n'étaient pas attendus, qu'ils firent un instant mine d'envahir, sous le prétexte de parler au roi, et d'où on ne les chassa qu'au moment où plusieurs

iSO LA HÉVOLUTION DE 1830.

(l'entre eux giavissaicnl «léjà le iiriiiid cscalici'.

Durant cette soirée, les membres «lu conseil étaient restés en permanence chez le garde «les sceaux. L'événement auquel ils assistaient, inquiets de l'étal de Paris, avait fait éclater une fois de plus le dissentiment grave qui divisait le ministère en deux fractions. « M. Dupont de l'Eure et ses amis, a écrit Guizot, portaient impatiemment le poids de notre impopularité, nous celui de leur mollesse. » Les autoritaires du cabinet ayant démontré la nécessité de réprimer vigoureusement l'émeute, les partisans de la politique de a laisser aller » avaient au contraire réclamé une concession (jui apaisât les colères de la rue et dispensât de recourir aux armes. Or la concession nr pouvait poiter rjuc sur l'adresse de la Chambre des députés contre la peine de mort, j>remière cause de l'émeute, adresse qu'Odilon I>arrot, préfet de la Seine, dans une proclamation empreinte de l'esjirit le plus révolutionnaire, considérait déjà romme « niic diMiiai-chc in«»|»|i(H'tuM('. (|ui avait pu faire suj>poser (ju'il y avait ('(Miccit |tour interrompre le cours ordinaire de la justice ».

Du débat qui s'engagea entre les ministres sortirent deux décisions. Aux termes de la première,

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