‹ La révolution de 1830 et les procès des ministres de Charles XChapitre 36 sur 50 · L'ÉMEUTE DU 17 OCTOBRE · texte numérisé non relu

L'ÉMEUTE DU 17 OCTOBRE

le général Pajol, commandant la division militaire, reçut l'ordre de prendre toutes les mesures pour mettre en sûreté le château de Vincennes, et de dissiper, à l'aide de la garde nationale, tous les rassemblements. A la suite de la seconde, le Moniteur publia une note qui réduisait à une parole vague l'engagement pris par le roi. Dans cette note, qu'il est impossible de ne pas considérer comme un acte de faiblesse, il était dit : « Le gouvernement, qui pense que l'abolition universelle et immédiate de la peine de mort n'est pas possible, pense aussi, après un examen attentif, que, pour la restreindre, dans notre code, aux seuls cas où sa nécessité la rend légitime, il faut du temps et un long travail ».

C'était avouer qu'on n'introduirait aucun changement dans les lois pénales avant le procès des ministres. A cette minute et dans cette concession, c'est la politique de La Fayette et d'Odilon Barrot qui l'emportait, politique plus naïve qu'habile et qui a permis à un contemporain de porter sur le second de ces personnages ce jugement si profond et si vrai, qui peut s'appliquer à l'un et à l'autre : « Lorsque M. Odilon Barrot parlait aux masses populaires, une disposition singulière de

son esprit seinhlait le condamner à llallrr les passions qu'il voulait combattre, et à leui- donner sous forme de leçons des encouragements à ne pas abdiquer, w

En triomjdiant, cette politique déjouait les généreuses intentions du roi et de ses conseillers; elle ouvrait la crise ministérielle; elle trompait Tespérance de tous les hommes modérés et laissait planer la peine de mort sur la tète des anciens ministres de Charles X.

Saisie par la Chambre des députés de l'accusation portée contre Polignac et ses collègues, la Chambre des pairs s'était constituée en cour de justice. Elle avait confié l'instruction à son éminent président, le baron Pasquier, et à trois de ses membres, de Bastard \ Séguier et de Pontécoulant 2. Cette instruction, ouverte le 26 octobre par l'interrogatoire des accusés, marchait activement, et l'heure s'approchait où pourrait être jugé ce solennel procès qui passionnait par avance la France et FEurope.

C'était une épreuve difficile pour le gouvernement nouveau. A peine institué, il voyait les factions acharnées aie perdre, se réjouir du péril qui

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